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23 septembre 2007 7 23 /09 /septembre /2007 09:13
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La franchise, une erreur médicale, sociale et économique, par André Grimaldi
Par Dominique Merle, dimanche 15 juillet 2007 à 18:27

Un médecin, chef de service, a publié dans un Monde de la semaine un article éclairant sur la franchise médicale. Le voici.

Claude Le Pen, économiste, et Guy Vallancien, chirurgien, s'interrogent : "Combien de check-up inutiles et coûteux, d'échographies, de scanners et autres résonances magnétiques nucléaires sans nécessité sont-ils prescrits par simple habitude ?" (Le Monde du 16 juin).

La réponse est : beaucoup ! La bonne question est en fait : qui prescrit par "simple habitude" ? La réponse de l'économiste et du chirurgien est étonnante : ce sont, à les en croire, les malades. "Docteur, vous ne me prescrivez rien", telle est l'antienne psalmodiée à longueur de consultation, assurent-ils.

Cette affirmation interpelle tout d'abord sur la qualité de la relation médecin-malade non pas de l'économiste mais du chirurgien. On y sent comme une exaspération et une forme de mépris. Mes patients ne "psalmodient" pas, et quand certains me demandent un examen inutile je leur explique pourquoi cet examen est inutile et je ne le leur prescris pas. En général, ils le comprennent. Peut-être faudrait-il que les études de médecine apprennent aux futurs médecins non seulement les pathologies d'organes, mais aussi les maladies dites fonctionnelles où l'angoisse joue un rôle important.

Claude Le Pen et Guy Vallancien proposent donc de "responsabiliser" non pas les médecins mais les patients, en leur faisant payer une "très petite partie des frais médicaux" (70 euros par foyer fiscal ?). La recette avait déjà été essayée avec le forfait de 1 euro pour les consultations et les actes médicaux. Sans succès. Il n'est pas inutile de rappeler que le ministre de l'époque, Philippe Douste-Blazy, s'était engagé à ce que ce forfait n'augmente pas. Comme chacun sait, en politique, les promesses n'engagent que ceux qui y croient. Il faudra donc que la "très petite partie des frais médicaux" à la charge du patient augmente.

MM. Le Pen et Vallancien évitent de se demander pourquoi des médecins prescrivent des examens inutiles et pourquoi 3 000 médecins conseils de la Sécurité sociale n'ont pas les moyens d'éviter cette dérive prescriptive ? De même, ils ne se demandent pas pourquoi la Sécurité sociale accepte de rembourser les frais de transport des patients valides et pourquoi elle finance indirectement le marketing de l'industrie pharmaceutique dont la fonction est de pousser à la prescription de nouveaux médicaments souvent coûteux.

Ni pourquoi les recommandations médicales de la Haute Autorité de santé (HAS) ne disent rien du prix des médicaments, pourquoi l'HAS n'a pas élaboré une liste des prescriptions inutiles qui pourraient avoir un caractère opposable, pourquoi on impose aux patients de revenir tous les mois seulement pour renouveler l'ordonnance, pourquoi certains médicaments non remboursés dans d'autres pays européens sont remboursés en France, et pourquoi on a offert la gestion des pompes à insuline à des entreprises privées (Air Liquide, Nestlé, etc.) avec un doublement du coût. Pourquoi, enfin, a-t-on imposé aux hôpitaux le système inflationniste du paiement dit à l'activité (T2A), qui conduit chaque service à gonfler artificiellement son activité en multipliant les actes et les activités "rentables" indépendamment de leur utilité

Ce système productiviste oblige chaque direction de clinique ou d'hôpital à fixer par avance un taux d'augmentation d'activité et à demander aux médecins d'"optimiser le codage", doux euphémisme pour dire augmenter la facture à la Sécu. Certains instituts ont même un logiciel qui permet de traduire en euros le code le plus rentable, c'est-à-dire le plus coûteux !

Quoi qu'il en soit, MM. Vallancien et Le Pen sont persuadés qu'en faisant payer le patient on va le "responsabiliser", c'est-à-dire faire faire des économies à la Sécurité sociale. Pour s'en convaincre, il suffit de regarder les résultats du système "responsabilisant" le plus les patients, le système américain. Il coûte 16 % du produit intérieur brut (contre 11 % en France comme pour le Canada, l'Allemagne, la Suisse) avec 46 millions d'exclus de couverture sociale.

C'est le système le plus cher, le plus inégalitaire et le moins performant. Certes, le professeur Vallancien a raison de souligner que le système social n'explique pas tout, la génétique et l'environnement ont leur part de responsabilité dans ces différences. Cependant, ni la génétique ni l'environnement n'expliquent que le taux de complication du diabète soit significativement corrélé à la couverture sociale des patients. Il est clair que, si les patients diabétiques doivent payer de plus en plus cher leurs examens et leurs consultations, ils les espaceront de plus en plus et la société récupérera davantage d'aveugles, de dialysés et d'amputés.

Il est médicalement aberrant, socialement injuste, financièrement coûteux, de faire payer le "petit risque" en attendant la survenue de la grande complication. "Vive la franchise !", s'exclament les deux membres du Cercle Santé Société, autrement dit vive la double peine. Première peine : vous êtes malade, deuxième peine : vous payez, et si vous continuez on augmentera la franchise !

Que dire de plus, sauf bravo M Grimaldi
 

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