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13 avril 2008 7 13 /04 /avril /2008 16:05



http://www.altermonde-sans-frontiere.com/spip.php?article6420


"Le Monde nous appartient"
samedi 12 avril 2008

Conférence Z Media Institute talk

par Noam CHOMSKY

(...) il existe une solution potentielle à un problème dangereux et c'est toujours la même : faire en sorte que notre propre pays devienne une véritable démocratie. Mais ceci est en pleine contradiction avec les présomptions d'une élite qui pense que le monde lui appartient et que toutes ces questions ne concernent pas le public, que ce soit en matière de politique étrangère ou autre.

Vous savez tous, bien sûr, qu'il y a eu au mois de Novembre des élections (au Congrès) - enfin, ce que nous appelons ici aux Etats-Unis des "élections". Il n'y avait qu'un seul véritable enjeu pour ces élections et il concernait le devenir des nos forces armées stationnées en Irak et il y avait, selon les critères états-uniens, une large majorité en faveur d'un retrait des troupes selon un calendrier précis.

Peu de gens le savent mais, quelques mois plus tôt, il y eût un grand sondage en Irak organisé par les Etats-Unis. Les résultats sont intéressants. Si vous les cherchez, vous les trouverez, ils ne sont pas cachés. Le sondage a révélé que deux tiers des Bagdadiens voulaient que les troupes US se retirent immédiatement ; dans le reste du pays - à une large majorité - les gens voulaient un calendrier de retrait précis, et la majorité dans un délai d'un an ou même moins.

Les taux sont plus élevés dans la partie arabe de l'Irak, c'est-à-dire là où les troupes US sont effectivement déployées. Une très grande majorité estimait que la présence des troupes US augmentait le niveau de violence. Et un taux remarquable de 60 pour cent - une moyenne sur l'ensemble de l'Irak, ce qui signifie des taux encore plus élevés dans les zones où nos soldats sont stationnés - trouvait que l'armée US constituait une cible légitime. Il y a donc un large consensus entre Irakiens et Etats-uniens sur ce qu'il faudrait faire en Irak, à savoir : retirer immédiatement les troupes ou établir un calendrier de retrait précis.

Devant un tel consensus, la réaction post-électorale du gouvernement états-unien consista à bafouer l'opinion publique et augmenter le nombre de soldats de 30 000 ou 50 000. De manière prévisible, un prétexte fût invoqué. "Nous sommes confrontés à une ingérence étrangère en Irak, contre laquelle nous devons défendre les Irakiens. Les Iraniens sont en train de s'ingérer en Irak." Ensuite sont arrivées les soi-disant preuves sur des engins explosifs, des bombes posées le long des routes et portant des marques iraniennes. On parlait aussi de la présence de forces iraniennes en Irak. "Que pouvons-nous faire ? Il faut une escalade pour protéger l'Irak contre une intervention étrangère."

Puis s'est instauré le "débat". Nous vivons dans une société libre et ouverte, n'est-ce pas, alors nos débats sont "vifs". D'un côté il y avait les faucons qui disaient "les Iraniens s'ingèrent en Irak, il faut donc les bombarder." De l'autre côté il y avait les colombes qui disaient "nous ne sommes pas certains que ces informations soient correctes, nous avons peut-être mal lu les numéros de série sur les engins ou ce sont peut-être les Gardiens de la Révolution et pas le gouvernement..."

C'est ainsi que nous avons assisté au genre de débat habituel qui illustre de manière percutante les différents systèmes de propagande. Pour citer les plus évidents, en exagérant un peu : la propagande des états totalitaires, qu'il faut accepter ou sinon... Et ce "sinon" peut avoir différentes conséquences selon la nature du régime. Les gens sont libres de croire ce qu'ils veulent du moment qu'ils obéissent.

Les sociétés démocratiques ont recours à une autre méthode : la "ligne du Parti" n'est pas expressément formulée. Le faire serait une erreur. Ce qui se passe, c'est que la ligne est posée comme une évidence et ensuite un débat vif est organisé dans les limites du cadre posé par la ligne du Parti. Cela répond à deux objectifs. D'abord, ça donne l'impression d'une société libre et ouverte puisque nos débats sont "vifs". Ensuite, cela instaure une ligne de propagande qui devient une sorte d'évidence, comme l'air que vous respirez. Et ce fut le cas.

Nous avons là un exemple classique. Tout le débat autour de "l'ingérence" en Irak n'a de sens que si vous assimilez cette idée que "le monde nous appartient". Si le monde nous appartient, alors la seule ingérence étrangère envisageable, dans un pays que nous avons envahi et que nous occupons, est forcément celle de l'Iran.

Si vous suivez le débat qui a lieu ici sur cette ingérence iranienne, et ce débat n'est pas clos, personne ici ne fait remarquer que les termes de ce débat sont insensés. Comment peut-on accuser l'Iran de s'ingérer dans les affaires d'un pays que nous avons envahi et occupé ? Cela n'a de sens que dans le cadre de cette présomption selon laquelle "le monde nous appartient". Une fois cette idée bien assimilée, tout le reste de la discussion devient parfaitement sensée.

Suite...


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