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24 février 2010 3 24 /02 /février /2010 23:58

Je m’interroge depuis un moment déjà sur les diverses controverses « scientifiques »  sur le réchauffement climatique et leurs retentissements politiques, par exemple à Copenhague. Ce soir où jamais  a organisé un débat entre partisans du GIEC et climato-sceptiques. J’ai trouvé Georges GALAM tout à fait convainquant dans son rôle de défenseur des sciences devant l’éternel. Oui, bien sûr, qu’il ne saurait y avoir d’organisme de la science officielle, sous-entendu le GIEC (style sciences pravda), Oui naturellement, que science n’est pas démocratie et qu’il suffit d’une seule preuve pour contredire milles autres expériences contraires, etc…

Mais de vous à moi, cette question scientifique sur le fait de savoir si oui ou non le réchauffement climatique résulte en priorité des activités humaines ou des cycles solaires (par ex), ne vous parait-elle pas avoir le même degré de pertinence que la célèbre querelle byzantine sur le sexe des anges?

L’autre question qui me taraude concerne davantage les politiques : Sachant que le réchauffement climatique est loin d’être la seule calamité écologique qui nous atteint, qu’il y a également en gestation, la 6ème extinction du vivant, la fin programmée des ressources pétroles, métaux et minéraux. Sachant que les autres calamités sont incontestablement liées à l’activité humaine, il faut être bouché pour laisser faire et ne rien entreprendre. Sauf que l’admettre ce serait aussitôt remettre en question le système néolibéral, la croissance, et de cela, naturellement il ne saurait en être question, bien au contraire!

 

Oui mais, peut-on rapprocher la polémique sur le GIEC, les perspectives climatiques et le renforcement de la prise de pouvoir par le système financier du reste du monde ?  A mon sens Oui! Tout est lié Répond ici Corine Lepage .

Plus spécifiquement à propos de ce système financier, on pouvait voir aussi, cette semaine, l’émission très intéressante d'@rrêt sur images, qui confrontait la parole de Jorion ,sociologue et antropologue - l'une des rares personnes, à avoir prévu la crise des subprimes, dès 2007 - à celle d'un économiste, Henri Sterdyniak, et celle d'un journaliste économique "traditionnel", Nicolas Barré, directeur délégué de la rédaction des Echos. à voir. Si vous êtes abonnés  Notre émission est ici  et  Ses meilleurs moments sont là (selon @si), sinon.

Outre le fait que le débat aborde et informe intelligemment sur des questions d'actualités économiques:

"Les Grecs sont-ils les premiers, et les seuls, à avoir triché sur leur déficit ? La crise grecque peut-elle dégénérer en crise de l'euro ? Les médias économiques l'amplifient-ils ? Et que peut-on dire du rôle du nouveau Satan, la banque américaine Goldman Sachs ?"

C'est assez drôle de voir comment, dans ces vidéos, les échanges se font beaucoup plus vigoureux que l'absence de divergences fondamentales sur le fond ne le laisserait supposer.

Quelle mouche a donc piqué Sterdyniak? On voit bien que notre homme est vexé dans son for intérieur:

Comment oserait-on comparer des experts super pointus dans leur spécialité à des charlatans prétendument éclairés par leur ouverture humaniste?

Sachant que Jorion n’est ni un charlatan, ni un oracle, ce débat sur le possible enfermement des savoirs et son impact me semble au contraire tout à fait pertinent.

 

Comme piste sur cette question, j’ai trouvé cet interview de  Jean-Pierre-Dupuy sur Marianne2 . Pour Dupuy, le système libéral est en crise « parce qu’il a pris toute la place et ne se  trouve plus d’extériorité… » . Il a même pris la place du politique qui est devenu économiste, et même mauvais économiste.  Quant aux experts, leur « arrogance est extraordinaire. Il faudrait un Molière pour s’en moquer.  Quand je les entends,  je pense à l’inénarrable scène 3 de l’acte 2 du « Bourgeois gentilhomme » où l’on voit le maître de musique, le maître de danse et le maître d’arme se bagarrer parce que chacun considère que son Art est le meilleur et le plus essentiel. Survient le maître de philosophie qui du haut de sa chaire veut les mettre d’accord à coups d’arguments… Au bout de cinq minutes, il est mis au même plan que les autres.  Ils se bagarrent maintenant à quatre au lieu de trois… L’extériorité ne se décrète pas…» 

Par delà ce constat, il nous exprime, son vœu pour l’avenir : «  qu’une société humaine soit capable de se donner, d’une part, une image de l’avenir désirable et, d’autre part, une image suffisamment crédible pour qu’elle ne soit pas découragée d’avance d’avoir à la créer. Ces deux conditions définissent une utopie crédiblerelance, relance, relance ». Les gens qui nous gouvernent ou qui prétendent nous gouverner, veulent-ils simplement qu’on revienne sur le chemin précédent ? Or, et c’est cette capacité que de toute évidence nous avons perdue. J’entends partout le mot « nous savons que ce chemin mène à l’abyme, ne serait-ce que pour l’environnement. »

 

Dans ces conditions de « gouvernance », avec la bourse et la croissance du PIB comme unique boussole, comment s’étonner de l’augmentation considérable de la désillusion envers le politique qui est vécue aux USA ou en Europe  alors que le fossé se creuse entre les élus et leurs administrés ainsi que le constate Paul Jorion sur son Blog :

« À peine un peu plus d’un Américain sur cinq (21 %) considère aujourd’hui que la classe politique représente les citoyens ordinaires », ce rejet atteindrait quasiment le niveau qu’il avait lors de leur guerre d’indépendance au XVIIIe siècle !

Le point positif, dit-il c’est que des majorités, de l’ordre de 70 %, voire même de 80 %, et qui frôlent donc maintenant l’unanimité, se forment pour exiger que la finance – et peut-être même l’argent – joue dans notre monde un rôle plus limité que celui qu’on lui a vu jouer dans les années récentes. »

 

Est-ce réellement positif ou totalement explosif ? Un article paru sur contreinfo nous rappelle que le revenu des américains les plus riches a augmenté de façon phénoménale entre 1992 et 2007, alors que leur taux d’imposition chutait dans le même temps. C’était la période où tous les experts vantaient les miracles de l’école de chicago : il était de bon ton d’évoquer l’immense prospérité que ce système avait amené partout dans le monde entier. Partout, enfin sauf chez ces ringards de Français, qui s’accrochaient encore à leurs services publics mais décidaient finalement de rattraper la course folle, en 2007, en élisant NS.  

Aujourd’hui, nous constatons, toujours aux USA , que des des millions de chômeurs ne retrouveront pas de travail avant des années - 2,7 millions de chômeurs en fin de droits courant avril. En Grèce, en Espagne, au Portugal, en Allemagne, en France, en plus de l’inexorable montée du chômage, c’est aussi nos acquis sociaux qui se font la malle. Et d'ailleur, comment travailler plus longtemps quand le travail n’est plus ?

Une étude gouvernementale rapporte que les pertes d’emplois en France de 1980 à 2007 sont liées à la désindustrialisation et à l’augmentation de la productivité voir ici, et là. « Ainsi, l'organisation de la globalisation, depuis les choix des pays de production, jusqu'aux lieux de consommation, en passant par les filiales off shore où sont logés l'essentiel des profits, est-elle pensée pour leur (les multinationales) plus grand avantage, et in fine, celui de leurs actionnaires. ».  

Après le sauvetage des banques en 2009, les tensions politiques sont désormais plus que palpables aux USA où les partis politiques classiques (les démocrates comme les républicains) sont dépassés par le succès des mouvements « anti-systèmes », ultra-conservateurs comme celui des Tea-Party ou encore ce rassemblement autour de Ron Paul, qui selon l'excellente source dedefensa, est largement nominé au sein du CPAC d’abord parce qu’il est perçu comme un adversaire de Washington, du système, du centralisme fédéral, etc.

 

 

Avec la crise, le système néolibéral perd en crédibilité en abusant du virtualisme, en s’abritant derrière la magie de chiffres qui fleurent bon les sciences occultes plutôt qu’ils ne paraissent refléter la réalité telle que nous la percevons.

Avec son extension, n’aurions-nous pas à craindre l’explosion des forces anti-démocratiques?

 

J’ai écouté  Myriam Revault D'Allones, sur France Inter –à partir de 9’27 – faire la promotion de son livre « Pourquoi nous n'aimons pas la démocratie ». Elle y constate que « la haine de la démocratie ne date pas d’aujourd’hui. Qu’elle connaît même de nos jours un regain qu’incarnent des intellectuels tel Alain Badiou. » Elle y explique les mécanismes de ce désamour  à partir du caractère structurellement « déceptif» de la démocratie qui ne devrait pas pour autant nous en éloigner.

Elle nous invite à mieux définir ce qu’est vraiment la démocratie : un lieu où des valeurs s’affrontent autour d’un projet de société – du vivre ensemble – et non pas simplement une procédure – élective – dont le seul et unique objet serait de manager le plus efficacement cette société dans laquelle nous vivons.

Elle s’insurge sur le choix de gérer l’état comme une entreprise,  parce que c’est incompatible avec la notion de bien commun.

Elle déplore qu’on soit passé d’un régime libéral à un régime néolibéral, qui loin d’être un point d’aboutissement est au contraire un processus d’atteinte à la démocratie, et même de « dédémocratisation ». Tout cela parce que le néolibéralisme est un régime d’atteinte à la nature du conflit intérieur propre à l’homme démocratique, qui est un individu partagé entre des tendances contradictoires, non  monolithiques, et qui se doit de faire des choix.

A l’inverse, le modèle, d’un homme réunifié au nom d’un critère d’efficacité, de performance, d’un homme qui serait à la fois gestionnaire de son activité et gestionnaire de lui-même est tout simplement inhumain.

C’est pourtant là, l’un des aspects les plus redoutables de ce dogme dont elle nous dit aussi qu’il est parfaitement incarné dans le programme et les discours de Nicolas Sarkozy.

 

La période chahutée que nous traversons est aussi porteuse d’un second souffle pour les utopies ! Il n’en fallait pas plus à Ariane Mnouchkine  pour exercer une nouvelle fois son talent et nous proposer un de ces spectacles magiques dont elle a le secret. Les naufragés du Fol Espoir.  
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