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3 novembre 2009 2 03 /11 /novembre /2009 14:23


L'identité citoyenne menacée par la nouvelle raison du monde


Cette semaine, c'est le Sarkosisme cynique et triomphant qui m'inspire, une fois n'est pas coutume ...  quelques réflexions style/genre philosophiques.
Au delà de la manœuvre électorale, quelle est donc l'opportunité de débattre sur l'identité nationale? Telle est la question posée très justement par Malakine: http://horizons.typepad.fr/accueil/2009/10/fautil-debattre-de-lidentite-nationale.html   En effet, qui dit nation, dit état et on peut s'interroger sur la stricte définition de cette notion dans nos univers globalisés, comme le font J.Buttler et G.C Spovack, dans un essai dialogué "l'état global" : "De quels états parlons nous? Les états sont des lieux déterminés de pouvoir mais l'état n'est pas tout le pouvoir possible. L'état n'est pas toujours l'état nation..." .  La question n'est pas si simple et les auteures soulignent "les paradoxes contenus dans la structure même de l’État, qui au lieu de garantir le sentiment d’appartenance va mettre en place des dispositifs d’exclusion." 
Exclus en raison de "leur âge, leur genre, leur race, leur nationalité", certains se retrouvent en quelque sorte
apatrides et privés de droits et de statuts. On voit bien le calcul de Sarko exploitant ce mécanisme d'exclusion des états-nations inscrit au cœur d'une lutte contre l'immigration censée avoir la 'vertu' de cimenter notre identité nationale.
Le lien suivant résume l'essentiel du dialogue entre les 2 auteures: http://www.sceren.fr/magphilo/philo21/critique_l_etat_global.htm  
Et l'impérialisme ou le nationalisme sont-ils encore et toujours le côté obscur des états-nation? Cet essai revisite la pensée d’Hannah Arendt  au sortir de cette  2ème guerre mondiale en partie causée par cette folie impérialiste et nationaliste; il évoque sa  répulsion pour "l’État-nation, universel et se voulant protecteur des droits des minorités, comme forme d’administration de la démocratie", et aussi ses réserves quant à la création du futur état juif, alors qu'elle devine les futurs éléments de fractures et d'exclusion au Proche-Orient.
Ces fractures ont, depuis, largement débordé leur cadre géographique au point que certains fantasment sur la recrudescence de l'antisémitisme en France. Jacques Attali réfute fermement cette recrudescence de l'antisémitisme dans une interview  très intéressante qui fait également écho à la pensée d’Hannah Arendt, en pointant du doigt les excès de l'état-nation Israël. http://www.courrierinternational.com/article/2009/10/26/jacques-attali-l-antisemitisme-et-la-propagande-israelienne 
Cet essai nous invite surtout à dépasser la problématique d’Hannah Arendt : - Ces mécanismes d'exclusions sont-ils l'apanage des états-nation ? - Ne pourrions nous pas les identifier pareillement dans les formes plus modernes de l'état global ?
Rappelez-vous, en 1989, ce mur détruit qui symbolisait nos rêves, en appelant la fin de l'histoire puisque partout dans le monde, la liberté, la démocratie et les droits de l'homme allaient enfin pouvoir se répandre !
Et bien, ces rêves, que sont-ils devenus ? Comment se sont-ils ancrés dans notre réalité d'aujourd'hui ? Télérama nous interpelle à ce sujet, à l'occasion de cet anniversaire : "Vingt ans après la chute du mur de Berlin,
18 000 kilomètres de nouveaux remparts vont bétonner les frontières partout sur la planète. Mesure de protection ou dangereux désir d'exclusion ?"  http://www.telerama.fr/idees/allons-nous-tous-finir-emmures,48848.php    Vous rappelez-vous aussi, nos rêves d'Europe incarnés dans un projet qui semblait garantir la paix et nous mettre définitivement à l'abri des totalitarismes dans une démarche «Plus jamais ça» que n'aurait pas reniée Hannah ? 
Alors, ce projet, ce rêve qu'en est-il donc advenu ? Noyé ! Fichu ! Foutu !
Et tout cela parce qu'il se réalise selon une dynamique d'exclusion des citoyens Européens dont la démonstration se fait toujours plus criante depuis le référendum Français 2005. De fait, la citoyenneté Européenne en a pris un sacré coup, à un tel point que même les sponsors de la première heure se retrouvent embarrassés comme nous le montre Edgar en pointant un double paradoxe dans les thèses de Habermas, philosophe et partisan de cette Europe dont nous rêvions tous ou presque: "1. Il (Habermas) récuse l'existence d'une identité européenne aujourd'hui, socle d'une véritable démocratie, mais réclame un vote à travers toute l'Europe sur une démocratisation de l'Union européenne, comme si cette identité européenne existait déjà ; 2. Il fait de la démocratie le cœur de la vie politique, à juste titre, mais soutient l'Europe - qui menace la démocratie selon ses propres termes - au nom de la science. " http://www.lalettrevolee.net/article-jurgen-habermas-sur-l-europe-38432278.html   Pourtan, force est de reconnaitre que le projet Européen, y compris celui de nos rêves, conduisait à une certaine forme de globalisation qui tendait nécessairement à affaiblir les états-nation Européens. C'est d'ailleurs, peut-être, la seule réussite de l'Europe des traités de Maastricht à Lisbonne et ce succès s'inscrit parfaitement dans ce que nous appelons désormais la mondialisation.
Mais avec le déclin généralisé des états-nation, la question reste de savoir où s'exerce le pouvoir et par qui? Et dans la foulée, de regretter qu'il n'y ait pas d'invitation à débattre autour de l'identité..citoyenne plutôt que sur l'identité nationale!
La globalisation rend les frontières et les territoires mouvants et poreux pour le citoyen dont le poids et la représentation démocratique se retrouvent amoindris sans qu'il ne s'en rende compte. Ainsi en a t'il été de l'élargissement à 27 de l'Europe, ainsi en sera t'il de la nouvelle régionalisation.
Quelle ironie pour la France jacobine ainsi sommée de se fédéraliser ! Au delà de la
réforme territoriale, tout se passe comme si l'exception Française et sa prétention universaliste devaient être inéluctablement liquidées, sa maxime "liberté, égalité, fraternité" définitivement vidée de son sens, et sa république devenir, non plus la chose du peuple mais la chose des élites, des experts, et autres lobbyistes, sur le modèle de l'Europe de Lisbonne.   http://www.geopolintel.fr/article154.html   Cette confiscation des pouvoirs de la part des élites s'accompagne de la disparition du contrat social qui fut l'apanage des états-nations d'après guerre, de la mort des services publics dont les activités sont transférées à grand frais vers le privé et enfin, de la dissémination dans tous les secteurs des méthodes néolibérales de management d'entreprise:
Sur un autre plan, en France comme en Italie c'est la liberté d'expression qui est touchée; nous sommes d'ailleurs tombés à la 43 ème place du classement RSF, derrière le mali, l'Afrique du Sud ou l'Uruguay. http://www.lesmotsontunsens.com/classement-liberte-de-la-presse-rsf-france-43-eme-5892
Nous voyons donc comment notre époque se rapproche (déclin des état-nations) et s'éloigne (déclin démocratique) des projections d'Annah Arendt qui s'en tenait principalement à des considérations politiques. Ce qu'elle ne pouvait prévoir, c'est l'avènement du Néolibéralisme, cette nouvelle raison du monde qui se constitue peu à peu en état global déterritorialisé. Pour mieux comprendre comment nous en sommes arrivés là, je vous recommande de lire l'ouvrage de Pierre Dardot et de Christian Laval, ainsi que les 2 articles de fond de Jean Claude Werrebrouck diffusés sur Contre Info:
http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2853 http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2860 http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-La_nouvelle_raison_du_monde-9782707156822.html Ci-après un extrait de la présentation de ce livre, très complémentaire à la "stratégie du choc" de Naomi Klein. "Par des voies multiples, le néolibéralisme s’est imposé comme la nouvelle raison du monde, qui fait de la concurrence la norme universelle des conduites et ne laisse intacte aucune sphère de l’existence humaine, individuelle ou collective. Cette logique normative érode jusqu’à la conception classique de la démocratie. Elle introduit des formes inédites d’assujettissement qui constituent, pour ceux qui la contestent, un défi politique et intellectuel inédit. Seule l’intelligence de cette rationalité permettra de lui opposer une véritable résistance et d’ouvrir un autre avenir."
La crise multiple que nous subissons, loin de calmer le jeu, va exacerber ces tendances. Le capitalisme apparemment affaibli, entend bien ressusciter en sacrifiant la noble cause écologique à la logique des marchés. De tous les enjeux écolos, c'est la cause climatique qui offre le plus gros potentiel en termes de marché et c'est donc celle dont on nous parle le plus. Les autres problématiques sont pourtant tout aussi redoutables sinon plus (fin des ressources naturelles, la 6ème ou 7ème extinction du vivant), et ces dernières sont incontestablement liées directement à l'activité humaine, bien plus surement que les bouleversements climatiques si j'en crois  cet article du monde: http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/10/20/climat-et-si-le-rechauffement-faisait-une-pause_1256238_3244.html#ens_id=1234881 Faut-il déplorer ou au contraire se réjouir de ces polémiques scientifiques sur le réchauffement climatique, en ce sens qu'elles pourraient nous conduire à une critique bien plus radicale du système? Et la question de la survie des espèces vivantes, n'est-elle pas celle qui laisse le moins d'échappatoire quant à la remise en cause radicale de nos modes de vie? Voir à ce propos, les photos étonnantes de l'article "Géocide : ainsi meurent les albatros" http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2868     Pour finir, loin, très très loin du lamentable Sarko débat, je dirais que le néolibéralisme, la mondialisation et l'Europe des traités n'auront tenu aucunes de leurs promesse, si nous acceptons le triste constat: il y a aujourd'hui, dans le monde, plus de mur, plus de guerre, moins de démocratie et finalement moins de richesses. Et parce que l'empire néolibéral est désormais incapable de nous faire rêver, le citoyen du monde, ne devrait-il pas redoubler de vigilance et craindre à nouveau le retour des débordements totalitaires qui furent jadis portés par les nations? 
  @ plus 
Bonus :
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