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1 juillet 2012 7 01 /07 /juillet /2012 01:35


 

 

Pour les économistes le lien entre les deux est évident. Pour les non spécialistes, l’évidence vient de la répétition permanente de celui-ci par ceux là.

 

Un peu comme dans le cas des retraites, qui fait un lien, absurde, entre paiement des pensions et démographie, le matraquage politique fini par convaincre l’immense majorité à accepter ce que disent les « spécialistes » et surtout à ne pas approfondir la question.

 

Alors justement, approfondissons !

 

 

LA CROISSANCE …

 

 

Rares sont celles et ceux qui la remettent en question. Les adversaires de la croissance, les « décroissants » sont considérés comme des personnages exotiques, peu crédibles… et pourtant !

 

Qu’est ce que la croissance ?

 

Il s’agit de la variation, sur un période donnée, l’année par exemple, de la production, pour un pays en général, de biens et services. Cette mesure se fait à partir du PIB (Produit Intérieur Brut), lui-même calculé à partir de la valeur ajoutée produite par les unités de production. Le taux de croissance étant l’expression en pourcentage de cet accroissement.

 

Autrement dit, et dit plus simplement, il s’agit de l’accroissement de la richesse, de l’accroissement des biens et services qui peuvent satisfaire les besoins. Plus le taux de croissance est important et plus de richesses ont été produites, par rapport à la période précédente.

 

La persistance de la croissance est donc, dans un système qui se réclame de l’expansion, de l’accroissement de la production et de la consommation, un facteur fondamental. « Tout pour la croissance » tel est le mot d’ordre.

 

Pourtant, cette vision apparemment évidente et très simpliste, pose deux questions fondamentales :

 

-          la croissance est-elle simplement liée à des capacités de production ?

-          le bonheur, le bien être, sont-ils dans la croissance ?

 

A la 1er question, il faut répondre non car, si en principe il y a un lien entre capacité de production et production, dans le cadre concurrentiel du capitalisme, l’existence des capacités de production est conditionnée par leur compétitivité au regard des concurrents. Par exemple, si la France a perdu une grande par de sa production industrielle, c’est parce que des concurrents ont pu produire dans de «  meilleures conditions » économiques, plus rentables, et ont entraîné la désindustrialisation du pays. Le mythe de la croissance volontariste , s’il a pu correspondre à une réalité, celle où l’on avait sous la main les capacités de production, n’existe plus aujourd’hui.

 

A la 2e question – difficile -  on doit répondre également non. Il paraît qu’ « abondance de biens ne saurait nuire »,… encore faut-il mesurer dans quelle proportion…

 

A court terme et individuellement, ce ne sont pas les « mieux » lotis qui sont les plus heureux… ce qui n’est pas un hymne à la pauvreté et au dénouement, mais à la mesure et à l’expérience. Entre aussi en jeu la conception que l’on a de la vie. On peut être heureux avec peu et malheureux avec le superflu.

 

A long terme et socialement, l’abondance permanente et illimitée de bien et services est, à l’échelle sociale, planétaire, une catastrophe et une aberration écologique : déchets, pollution, destruction des ressources naturelles,…

 

On pourrait imaginer une proportion « raisonnable » entre croissance et augmentation de la population, donc des besoins,… mais nous savons bien que ce n’est absolument pas le cas. On produit pour produire et pour vendre avec des gaspillages colossaux et des inégalités flagrantes dans un système qui ne respecte par l’être humain en tant que tel.

 

Alors finalement pourquoi ce culte de la croissance ?

 

 

… ET L’EMPLOI.

 

 

Là est probablement la vraie raison de l’impératif de la croissance. Pas pour les profiteurs du système qui vivent  - encore que le financier l’a emporté sur l’économie réelle - sur l’illusion de l’enrichissement par l’extension illimité des marchés. Pour les responsables politiques – de droite/extrême droite comme de gauche - garants du système, l’emploi représente une condition nécessaire – quoique pas suffisante – de la stabilité sociale.

 

A contrario, une société dans laquelle une grande partie de la population est sans emploi, est en voie de délitement et ce pour une raison simple : l’individu n’existe socialement dans le système marchand que s’il a une utilité économique, autrement dit si sa capacité de travail est reconnue selon les critères de fonctionnement du système.

 

En effet, le système marchand, ne peut concevoir l’individu comme simplement un être humain, mais comme un facteur de production. Ce statut a l’ « avantage » de procurer à chacune et chacun les moyens de subsistance : le salaire. Mais le revers de la médaille c’est que chacun n’existe qu’en fonction des lois du système et qu’il lui impose.

 

Le seul sous emploi, chômage toléré – tolérable – pour le système c’est celui qui permet de faire pression sur les salaires… l’ « armée de réserve ».

 

Tant que dans le pays on a pu produire à peu près tout ce qui était consommé et même plus (exportations), le besoin de force de travail (main d’œuvre), garantissait un emploi pour à peu près tout le monde. Ce furent les années de « plein emploi », l’époque où trouver un travail ne posait pas problème.

 

Or cette période est terminée : la mondialisation du marché du travail et l’extraordinaire automatisation des tâches, si elles ont permis au Capital de se valoriser d’une autre manière, ont détruit une masse considérable d’emplois locaux. Pas question bien entendu de « répartir » le travail qui restait, au nom de la sacro-sainte rentabilité. On en arrive alors à la situation absurde où une partie de la population active subit un rythme de travail de plus en plus stressant, alors qu’une autre partie est privée d’emplois.

 

 

LE DILEMME INSOLUBLE

 

 

Pour les gestionnaires du système marchand, l’impératif de croissance et moindre que celui de l’emploi. Le manque de croissance en soi n’est pas catastrophique, ce qui l’est par contre c’est une société comportant une masse conséquente d’exclus du travail, de chômeurs… Or, qui dit « au travail » dit production,… c’est donc par le « bout » de la production que le problème de l’emploi est posé.

 

Le raisonnement est le suivant : si l’on arrive à relancer la production, cela va impliquer que l’on a besoin de force de travail, donc on réduira le chômage.

 

Le raisonnement n’est pas, à priori absurde, mais il comporte un défaut : que produire ?. Dans un pays où l’on a sacrifié sur l’autel de la rentabilité marchande mondialisé une bonne partie de l’appareil productif, on ne voit plus très bien comment on peut répondre à cette question. Et même si l’on reproduit des biens que l’on avait abandonnés, encore faut-il les produire dans des conditions de rentabilité compatibles avec le marché pour garantir la pérennité de l’emploi ainsi créé.

 

On est là au cœur de la contradiction du système marchand, système qui privilégie la réalisation de la valeur produite sur l’existence de l’individu.

 

Le réponses apportés par les gestionnaires sont dérisoires – aides à l’emploi, emplois protégés, subventionnés,…- bref un rapiéçage qui évite de poser la question de fond : dans l’intérêt de qui fonctionne l’économie ?

 

 

On comprend dès lors que, dans ces conditions, aussi bien la Droite (et l’extrême droite) et la Gauche sont incapables de résoudre le problème.

 

 

Juin 2012                                                                       Patrick MIGNARD



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Published by turandot - dans économie
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