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17 décembre 2012 1 17 /12 /décembre /2012 14:39
  • Une grande partie des commentaires d'Etienne
  • Etienne Chouard PS (début, 1/3):

    À titre d'information complémentaire, pour illustrer que je ne suis pas le seul à critiquer l'escroquerie parlementaire, je voudrais citer ici l'analyse ultra-rigoureuse formulée par l'un de nos plus grands professeurs de droit public, Raymond Carré de Malberg, dans la conclusion d'un livre remarquable intitulé
    "La Loi, expression de la volonté générale"(1931) :
    http://etienne.chouard.free.fr/Europe/Carre_de_Malberg_La_loi_expression_de_la_volonte_generale_Conclusion.pdf

    Carré de Malberg : LA LOI, expression de la volonté générale (1931). Conclusion :

    Au début de cet ouvrage, nous nous sommes défendu de vouloir faire œuvre de discussion critique. Mais, au terme de notre étude, il semble que la critique surgisse et s'impose d'elle-même, tant est manifeste la contradiction qui s'établit entre l'idée première d'où procède la théorie de la loi expression de la volonté générale et les résultats positifs auxquels cette théorie a finalement abouti. Ces résultats peuvent se résumer d'un mot : l'idée de souveraineté de la volonté générale a été exploitée en vue de fonder la puissance souveraine du Parlement lui-même. Une telle contradiction paraîtra difficilement acceptable à tout homme qui n'est pas résigné à se payer de mots. Comment admettre que, dans notre droit public, les décisions émanées du Parlement aient pu être présentées comme des productions de la volonté populaire, alors que la Constitution tient systématiquement les citoyens à l'écart de leur formation ?

    Il n'y a eu, en France, qu'une seule Constitution qui ait échappé à cette contradiction. C'est celle de 1793, qui, ne se contentant pas de poser en principe, dans l'article 4 de sa Déclaration des Droits, que « la loi est l'expression libre et solennelle de la volonté générale », avait organisé un régime législatif dans lequel la confection de la loi dépendait, en dernier lieu, de son adoption par les assemblées primaires comprenant la totalité des citoyens. Sur ce point, les conventionnels de 1793 ont eu, tout au moins, le mérite de mettre leur œuvre constitutionnelle en accord logique avec leurs principes. On ne saurait en dire autant des constituants de 1789-91. De même que Louis XIV avait fondé son absolutisme sur sa prétention d'incarner l'État en sa personne royale, de même l'Assemblée nationale de 1789, pour parvenir à son but qui était de commuer la souveraineté de la nation en souveraineté parlementaire, affirme que le collège des députés élus résume en lui l'intégralité du peuple, et elle va même jusqu'à présenter ce collège comme une formation par l'intermédiaire de laquelle tous les citoyens se trouvent mis en état de concourir à l'adoption des décisions souveraines. Cette fiction, qui a servi originairement de base au régime représentatif, est l'une de celles à propos desquelles on a parlé du mysticisme révolutionnaire : ne serait-il pas plus exact ici de parler de mystification ? Il faudrait être bien crédule pour se laisser persuader que les volontés énoncées par une oligarchie sont l'expression de la volonté générale de la communauté, alors surtout que les soi-disant représentés sont exclus de la possibilité d'opposer une volonté contraire à celle qui passe pour représenter la leur.

    Certes, il ne peut être question de contester ni l'influence que par le choix de ses députés le corps électoral est capable d'exercer indirectement sur l'orientation générale de la politique nationale, ni davantage celle que les électeurs possèdent, d'une façon plus directe, sur la personne et l'activité de leurs élus : cette dernière, en particulier, n'a fait que s'accroître depuis l'introduction du suffrage universel. On est donc fondé politiquement à qualifier le Parlement de représentant, si par là on veut marquer simplement qu'il est, notamment sous la Constitution de 1875, celle des autorités constituées dont les décisions apparaissent normalement comme correspondant le plus sensiblement aux aspirations de la communauté populaire et, par conséquent aussi, comme étant le plus proches de celles que pourrait prendre cette communauté elle-même, à supposer qu'elle fût admise à statuer par ses propres moyens. Et cette sorte de légitimation politique de la notion de représentation est même de nature à engendrer des conséquences d'ordre juridique : on comprend, par exemple, qu'en raison des attaches spéciales qui relient le Parlement au corps populaire, la règle adoptée par les Chambres prenne, sous le nom de loi, une force tout autre que celle édictée par un décret de l'Exécutif. Toutefois, et quelque complaisance que l'on veuille mettre à accepter ou à accentuer l'idée d'interdépendance, de solidarité et d'union, entre les électeurs et les élus, il vient toujours un moment où la thèse de l'identification entre la volonté parlementaire et la volonté générale se heurte à une objection insurmontable : l'objection, c'est que le régime représentatif a été créé tout exprès — Sieyès le précisait devant l'Assemblée nationale, dans la séance du 7 septembre 1789, avec une crudité qui dépasse encore celle de Montesquieu — pour limiter l'influence populaire au pouvoir de choisir les personnes qui statueront représentativement et pour interdire au peuple toute participation effective à la puissance même de statuer. Dans ces conditions, le mot représentation, appliqué au Parlement, ne possède, même en son sens politique, que la valeur d'une image plus ou moins vague, ou d'une approximation plus ou moins lointaine ; il demeure, en tout cas, impossible de parler de représentation au sens juridique du terme, et surtout au sens d'une identité entre la volonté du peuple et celle du Parlement, attendu que cette identité, même si elle devait être tenue pour habituelle, n'est point constante et qu'au surplus sa constance n'est nullement assurée par le droit en vigueur.

    On voit par là quelle doit être la conclusion de cette étude. De deux choses l'une :

    Ou bien l'on entend maintenir le concept, venu de Rousseau et transmis par la Révolution, suivant lequel la loi a pour fondement la volonté générale et pour objet la manifestation de cette volonté. En ce cas, il n'est plus possible de se contenter de l'argument qui consiste à prétendre que tous les citoyens sont présents dans le Parlement à l'instant de la création de la loi : car un tel argument est emprunté à un genre de vision mystique qui manque manifestement de toute base réelle. Si donc on veut que la loi soit vraiment une expression de volonté générale, et si c'est aussi à sa qualité de volonté générale que l'on fait remonter sa vertu obligatoire, il faut inévitablement en venir à conférer au corps populaire un certain rôle actif dans l'œuvre de la législation. L'on est ainsi conduit à revendiquer, comme minimum de facultés législatives populaires, le droit pour les citoyens d'élever une réclamation contre la loi adoptée par les Chambres et, au cas où cette réclamation réunit un nombre suffisant d'opposants, le droit pour ceux-ci de provoquer, sur la loi ainsi frappée d'opposition, une votation populaire qui en prononcera définitivement l'adoption ou le rejet. De même, il est pleinement logique, dans un concept qui fonde la notion de loi sur la suprématie de la volonté générale, que L'INITIATIVE LÉGISLATIVE, au sens démocratique du terme, soit reconnue au peuple : car la suprématie de la volonté générale demeurerait incomplète, si le peuple ne possédait pas, de son côté et en dehors de la Législature, le moyen d'introduire dans la législation les réformes ou les nouveautés à l'adoption desquelles le Parlement se refuse et qui sont voulues cependant par la majorité des citoyens.
    (à suivre)
  • Etienne Chouard PS (suite, 2/3):

    Ce n'est pas tout encore : le concept démocratique de la loi expression de la volonté générale implique que cette volonté est la plus haute dans l'État et qu'elle possède de ce chef le caractère souverain ; cette souveraineté de la puissance populaire ne produira pas seulement ses effets dans le domaine de la législation; les mêmes raisons qui font du peuple l'organe législatif suprême, appellent sa suprématie dans l'ordre de l'action GOUVERNEMENTALE. Une Constitution démocratique qui ne réunit pas le gouvernement et la législation dans les attributions du Parlement et qui institue, en face de celui-ci, un Exécutif pourvu de quelque indépendance, sera donc amenée, pour la réglementation des rapports entre les deux autorités, à placer au-dessus d'elles, comme supérieur commun, le souverain populaire : de là, des institutions démocratiques telles que l'élection du chef de l'Exécutif par le peuple et le pouvoir pour chacune des deux autorités, parlementaire et gouvernementale, de faire appel au peuple en cas de désaccord entre elles.

    Tout ceci fait, il sera superflu, du moins en ce qui concerne les satisfactions à donner à la souveraineté de la volonté générale, de maintenir une distinction rigide entre la Constitution et les lois ordinaires : car, en tant que cette distinction ne viserait qu'à sauvegarder les droits inhérents à la suprématie populaire, son inutilité ressortirait du fait que les droits supérieurs du peuple se trouvent déjà assurés par les pouvoirs dont il dispose à titre législatif. Sans doute, il est particulièrement utile et désirable, dans une démocratie, que le statut juridique individuel des citoyens soit garanti par des dispositions constitutionnelles contre la toute puissance législative propre à la volonté générale. Mais il est à remarquer que la distinction entre règles constitutionnelles et règles législatives, ainsi motivée, ne se fonde plus sur une exigence découlant de la souveraineté de la volonté générale : elle répond uniquement à la préoccupation de protéger la liberté individuelle.

    Telles seraient les conséquences que devrait nécessairement produire le concept qui définit la puissance de l'État, et notamment sa puissance législative, par les droits appartenant à la volonté générale. Que si ces conséquences démocratiques sont répudiées par la Constitution en vigueur, soit parce que celle-ci ne se fie pas suffisamment à l'éducation politique du peuple, soit par des raisons de sécurité nationale tirées de la position plus ou moins difficile dans laquelle le pays peut se trouver placé au regard de l'étranger, soit pour tout autre motif quelconque, en ce cas il n'est plus permis de parler d'expression ni de représentation de la volonté générale à l'effet de fonder la maîtrise du Parlement. Car il serait incompréhensible qu'après avoir dénié au peuple le droit de faire entendre la volonté générale, l'on prétende invoquer la suprématie de cette volonté populaire pour accroître les pouvoirs du Parlement, sous prétexte qu'il la représente.

    La vérité est donc que, dans une Constitution qui n'admet point les institutions d'intervention directe populaire, les pouvoirs reconnus au Parlement ne sont susceptibles d'être justifiés que par un concept d'AUTORITARISME, c'est-à-dire par L'IDÉE QUE LE PARLEMENT EST INVESTI D'UNE PUISSANCE QUI NE CONSISTE PLUS SEULEMENT À ÉNONCER LA VOLONTÉ DU PEUPLE, MAIS QUI LUI PERMET D'IMPOSER AU PEUPLE SA PROPRE VOLONTÉ : en sorte que, pour les lois en particulier, on ne peut plus dire qu'elles sont simplement délibérées par le Parlement, mais il faut dire qu'elles sont décrétées par lui. Ce concept autoritaire est, il est vrai, tempéré par le régime des élections et réélections périodiques, qui conditionne le recrutement du personnel parlementaire : toutefois, sous les Constitutions qui n'accordent aux citoyens QUE LE DROIT D'ÉLIRE, l'élection ne peut posséder que la signification d'un procédé de désignation, et la volonté générale ne garde la possibilité de faire sentir sa puissance que dans la mesure partielle où ce procédé de désignation lui permet d'influer médiatement sur les directions politiques que prendra l'activité des élus.

    Dès lors, et par cela seul que le Parlement ne tire plus ses pouvoirs d'une représentation effective du souverain, il apparaît que ceux-ci ne peuvent avoir d'autre source que l'octroi qui lui en a été fait par la Constitution : ils ne s'analysent plus en une puissance de souveraineté, mais seulement en une compétence constitutionnelle. Et par suite, la puissance parlementaire perd instantanément l'aptitude à s'ériger en une maîtrise absolue : car, même si le Parlement est, d'après la Constitution, la plus haute des autorités constituées, la puissance dont il dispose, comme autorité de cette sorte, ne peut être, à la différence de celle du souverain, qu'une puissance DÉRIVÉE et, par conséquent, essentiellement SUJETTE À LIMITATION.
    (à suivre)
  • Etienne Chouard PS (suite et fin, 3/3):

    On en arrive ainsi à une série de conséquences inverses de celles qu'a engendrées la théorie de la représentation par le Parlement de la volonté générale. Une première limitation fondamentale découle de ce que la puissance parlementaire, étant une création de la Constitution, ne saurait être maîtresse, à elle seule, du sort de la loi constitutionnelle en vigueur. Déjà, il est difficile d'admettre que l'ouverture de la révision dépende exclusivement de la permission de l'une quelconque des autorités constituées, fût-ce le Parlement : car l'établissement d'un tel monopole revient à rendre la Constitution incommutable au regard de cette autorité, qui cependant n'existe que par elle; et notamment, il équivaut, en faveur de cette autorité, à une intangibilité de ses pouvoirs, qui ne peut se concevoir que chez le souverain et qui est inconciliable avec la notion de pouvoir constitué. Mais surtout, on n'aperçoit pas comment l'accomplissement de la révision et sa perfection même pourraient être laissés à la libre puissance du Parlement; celui-ci, procédant de la Constitution, ne peut pas posséder sur elle des pouvoirs qui impliqueraient que c'est elle qui procède de lui. Ainsi, dès que la Constitution ne consacre pas effectivement les droits souverains de la volonté générale, en faisant du peuple lui-même l'organe suprême, aussi bien dans l'ordre constituant que dans l'ordre législatif, la distinction des lois constitutionnelles et des lois ordinaires, ainsi que la séparation organique des deux pouvoirs constituant et législatif, s'impose en vertu d'une nécessité qui provient de l'impossibilité de concilier dans le même organe les qualités antinomiques de fondateur de la Constitution et d'autorité fondée par elle. En ce qui concerne le Parlement, ces principes ont pour effet, en le maintenant au rang d'autorité constituée, d'exclure, entre sa puissance et celle des autres autorités établies par la Constitution, la différence radicale qui est née chez nous de l'idée qu'en lui seul réside le droit d'émettre la volonté générale. Parlement, Exécutif et autorité juridictionnelle, sont de même essence, en ce sens tout au moins que ces trois autorités sont égales devant la Constitution qui est la source commune de leurs pouvoirs. De cette égale subordination à la Constitution découlent alors deux nouvelles sortes de limitations susceptibles d'être apportées à la puissance parlementaire.

    D'une part, lorsque la Constitution s'est affranchie du dogme de la représentation par le Parlement de la volonté générale, il lui devient possible d'atténuer les supériorités qui appartiennent aux assemblées parlementaires vis-à-vis de l'Exécutif. Assurément, il y a pour le Parlement une cause de primauté qui subsistera toujours : c'est celle qu'il tire de son pouvoir de faire les lois et, par là, de créer l'ordre juridique à l'observation duquel l'Exécutif est soumis. D'ailleurs, il demeure inévitable que, parmi les autorités constituées, il y en ait une qui soit pourvue d'une prépondérance grâce à laquelle puisse se trouver assurée, d'une façon constante, l'unité de puissance et d'action nécessaire à l'État ; or, il a déjà été noté (p. 202), comme une chose évidente, qu'une Constitution telle que celle de 1875 ne pouvait pas songer à placer cette prépondérance ailleurs que dans le Parlement. Mais la légitimité de la primauté parlementaire ne signifie pas que l'Exécutif doive être réduit à une condition de vassalité complète envers les Chambres. Dans un régime organique qui ne serait plus fondé sur la confusion du Parlement avec le souverain, il serait fort concevable que, tout en maintenant la supériorité du Parlement, la Constitution ait réservé à l'Exécutif une certaine part d'indépendance, celle-là même dont il a besoin pour remplir utilement ses fonctions agissantes. Et par exemple, on comprendrait que la Constitution ait pris soin de dicter elle-même au Parlement, par des dispositions formelles, ces restrictions et ces ménagements envers l'autorité gouvernementale que maints auteurs ou hommes politiques exhortent présentement nos Chambres à s'imposer volontairement dans leurs rapports avec cette autorité.

    D'autre part, une fois écartée l'identification de la loi avec la volonté générale, il n'existe plus de raison qui mette obstacle à l'établissement d'un contrôle juridictionnel s'exerçant sur les lois en vue de vérifier leur conformité à la Constitution ; mais il y a, au contraire, de fortes raisons qui appellent la consécration par la Constitution de ce contrôle destiné à empêcher la toute puissance législative du Parlement. Parmi ces raisons, la première de toutes, c'est la subordination du Parlement à l'ordre constitutionnel en vigueur, subordination qui, comme on vient de le voir, entraîne à sa suite la distinction entre lois constitutionnelles et lois ordinaires, ou plus exactement qui réclame l'introduction dans la Constitution des moyens propres à assurer cette distinction. Or, le moyen par excellence de maintenir le législateur dans le respect par lui dû aux règles contenues dans la Constitution, c'est l'ouverture d'une voie de recours contre les lois inconstitutionnelles. On peut hésiter sur les conditions dans lesquelles ce recours doit être organisé. Nous ne serions guère porté, pour notre part, à souhaiter l'adoption du système qui irait jusqu'à permettre à tout tribunal saisi d'un litige de commencer par discuter la validité de la loi applicable à l'espèce avant que d'en faire application. La gravité d'une question contentieuse de cette sorte exige que l'examen en soit réservé à une instance d'une qualité très haute, et surtout à une instance unique qui statuerait erga omnes [à l'égard de tous]. Du moins, si les lois cessaient d'être couvertes du masque de la volonté générale, il deviendrait indispensable que la question de leur constitutionnalité trouvât, lorsqu'elle est soulevée par une partie intéressée, une instance juridictionnelle devant laquelle elle pût être portée.

    Toutes ces réflexions se résument dans l'alternative qui a été posée plus haut. Ou bien la puissance parlementaire se réclame de la souveraineté de la volonté générale : et alors, celle-ci devrait être admise à exercer démocratiquement ses droits souverains au-dessus de toutes autorités, Parlement y compris. Ou, au contraire, les conditions dans lesquelles la Constitution a conféré au Parlement le pouvoir de créer par lui-même et sous sa libre appréciation la volonté nationale, excluent l'idée démocratique d'une souveraineté de la volonté générale et d'une représentation parlementaire de cette volonté : mais alors, le Parlement ne peut plus se réclamer des droits de la volonté générale pour prétendre à une puissance absolue. D'une façon comme de l'autre, on constate qu'il est de l'essence de la puissance parlementaire de comporter des limitations. Cette puissance est nécessairement limitée par celle du peuple, si elle est fondée sur la représentation de la volonté populaire. Elle est essentiellement susceptible d'être limitée, si le Parlement la détient comme puissance propre, qui lui vient de l'organisation constitutionnelle : car la Constitution doit indubitablement être maîtresse de régler originairement, et aussi de modifier éventuellement, l'étendue des pouvoirs de toute autorité qui, constituée par elle, ne tient que d'elle ses compétences.

    Source :
    Bertrand Carré de Malberg :
    LA LOI, expression de la volonté générale (1931) (Conclusion du livre).
    http://www.amazon.fr/loi-expression-volont%C3%A9-g%C3%A9n%C3%A9rale/dp/2717808116
    www.amazon.fr
    La loi, expression de la volonté générale: Amazon.fr: Raymond Carre De Malberg: Livres
  • 2 octobre 2011, 19:37
Etienne Chouard Jacques Billon :
Je ne vois pas du tout la prétendue contradiction que vous prétendez dénoncer : je connais NDA, effectivement, *et figurez-vous que j'en connais encore bien d'autres, de tous les bords*, et avec qui il faudra vous faire à l'idée que je me considère LIBRE d'assister aux conférences (et de serrer la main ou de discuter) sans avoir à vous consulter au préalable.
Ce soir-là (21 novembre 2010), je me souviens de deux bonnes conférences de Jacques Sapir et d'Edwy Plenel (à qui j'ai aussi serré la main, en souriant, et à qui j'ai parlé, *sans votre accord* Aïe ! comment allez-vous le prendre ?).
Je vous informe que je suis aussi allé voir —et j'ai serré la main de, et que j'ai même discuté avec (horresco referens)— François Asselineau, José Bové, Raoul Marc Jennar, et des dizaines d'autres, naturellement : est-ce que votre police de la pensée va me faire un mauvais procès pour chaque conférence visitée ?
N'avez-vous pas mieux à faire, pour le bien commun, que de surveiller les allées et venue du père Chouard ?
Vos reproches sont des commérages.

26 janvier, 01:26 ·

Etienne Chouard Jacques Billon,
Vous prétendez que "je me fais filmer" là où je ne suis que "filmé", je ne suis pas responsable des montages produits ici ou là par les militants des partis à la gloire de leur chef, j'ignore tout de ceux qui ont fait le film qui vous rend si suspicieux, vous voyez le mal là où vous voulez le voir, peut-être de la façon dont vous auriez procédé vous-même, je ne sais pas.

Je ne suis pas si calculateur : je connais NDA (je crois être de ceux qui l'ont, les premiers, sensibilisé à l'enjeu de la création monétaire et au travail de Maurice Allais), je profite donc cette fois-là d'un voyage à Paris pour le retrouver là où il est ; je fais ça avec toutes les personnalités que je souhaite rencontrer, habitant moi-même loin de Paris. Cette fois, c'est à un meeting, bon : il n'est pas interdit de se rendre à un meeting, que je sache, n'est-ce pas ? Et tous les spectateurs ne sont pas des acteurs du spectacle : ils peuvent n'être QUE SPECTATEURS (c'est peut-être cette possibilité qui vous échappe).

NDA est un des responsables de petit parti qui, me semble-t-il, PEUVENT ouvrir leur pensée (et leurs discours) au tirage au sort et à (au moins quelques essais de) la vraie démocratie. Je sais que je rêve un peu, mais pourtant, c'est ça que je dis — je vous le promets et vous n'êtes pas obligé de me croire, mais que puis-je faire de plus que vous expliquer ma démarche ? — c'est ça que je dis, donc, à tous les politiciens de métiers que j'estime "pas-complètement-corrompus-par-le-système-du-gouvernement-représentatif" : je leur demande de se hisser au niveau d'un Robespierre exhortant les Constituants de 1791, pour prouver au peuple leur désintéressement et leur dévouement, à se déclarer eux-mêmes inéligibles aux fonctions qu'ils étaient en train d'instituer.

Donc je veux dire cela à Nicolas Dupont-Aignan, entre autres, et pour le lui dire, il faut bien le rencontrer et entretenir avec lui des relations cordiales, d'autant que je suis largement d'accord, par ailleurs, avec sa résistance à la tyrannie européenne.

Jacques, entendez-moi : je tâche de le dire AUSSI À BIEN D'AUTRES professionnels de la politique qui me semblent CAPABLES de se transformer intérieurement comme je le souhaite, et je rencontre donc ces gens, je vais à leurs meetings, je leur serre la main et je leur parle : j'ai ainsi rencontré José Bové, Arnaud Montebourg, Jacques Cheminade, Nicolas Dupont-Aignan, Jacques Généreux, j'aimerais rencontrer Mélenchon, et j'en passe.

D'après vous, il faudrait que je me cache pour les rencontrer ?

C'est ça, votre injonction ? Soumis à un parti et un seul ou bien clandestin ? Oubliez ça pour moi : il n'en est pas question.

Mes rencontres et mes sorties en ville ne retirent rien à mon indépendance et à ma liberté, elles ne sont pas contradictoires avec ma profonde conviction que les partis nous empêchent de fraterniser et que nous aurions tous besoin d'un système de désignation des représentants moins corrupteur que l'élection, ce faux suffrage universel qui nous prive tous du pouvoir d'écrire et de voter nous-mêmes nos lois.

Maintenant, si vous tenez à cette vision de commère de la politique, libre à vous.

Étienne.

26 janvier, 12:17 ·

Etienne Chouard Ceci dit, vous avez raison de vous méfier : il faut se méfier (au moins un peu) de tous ceux qui parlent, OK ; c'est une hygiène tout à fait démocratique pour un citoyen de base. Et il n'y a pas de raison que j'échappe moi-même à cette suspicion systématique.
Méfiez-vous donc tout votre saoul. Mais ne vous fermez pas quand même, s'il vous plaît : se méfier des discours et des hommes, par principe, et devenir fermé à toute idée autre que les siennes en voyant le mal partout en dehors de son propre parti, ce n'est pas la même chose. Il ne vous à pas échappé que, en dehors de cette "très importante" et "tout à fait décisive" scène que vous montez en épingle pour je ne sais quelle raison, je produis quelques idées originales qui pourraient peut-être servir les vôtres, vous aussi, si vous arriviez à vous déprendre d'une vision partisane de la politique.
Ce qui n'est pas facile, j'en conviens.
Si, comme je le crois, vous cherchez le bien commun, nous serions bien bêtes de ne pas arriver à nous entendre, finalement.
Étienne.

26 janvier, 12:27 ·

Etienne Chouard Je ne connais pas à fond les programmes de NDA et FA, mais il me semble que vous avez raison : NDA se bat plus sur la sortie de l'euro que sur la sortie de l'UE, ce qui est, à mon sens, tout à fait insuffisant.

Pour le dire tout net — je l'ai déjà dit, mais je veux bien le répéter —, celui qui défend — actuellement — la meilleure ligne pour nous sortir du piège à rats de l'Union européenne, c'est François Asselineau, et de loin. J'aimerais que Mélenchon et Généreux le rejoignent sur cette ligne mais ce n'est pas encore le cas.

Le problème est que ce résistant passionnant n'aura sans doute pas les signatures pour même se présenter, ce qui est un véritable SCANDALE, un révélateur (un de plus) de la nature mafieuse de nos institutions. Plus ça va, plus je suis en révolte contre cette prétendue constitution (celle de 1958) qui n'est est pas une, puisqu'une constitution digne de ce nom PROTÈGE le peuple qui la reconnaît, alors que celle-là nous ASSERVIT.

Nous n'avons pas de Constitution.

Mais c'est NOTRE FAUTE, puisque nous dispersons stupidement nos forces sur les CONSÉQUENCES de ce drame, au lieu de nous en prendre à sa CAUSE première : la mauvaise qualité du processus constituant, toujours corrompu par les pires conflits d'intérêts.

J'insiste : c'est à nous, NOUS TOUS — y compris Jacques Billon —, de nous transformer en formateurs de formateurs, à la base, entre nous, pour devenir des millions à tomber d'accord pour faire de la qualité du processus constituant la priorité des priorités.

26 janvier, 13:42 ·

  • Etienne Chouard Jacques-Henri Diouf,

    - Pardon pour l'impression de "faire la morale" : je parlais à Jacques Billon (qui signalait qu'il se méfiait de moi — saine posture, selon moi).

    - Le mot "gouvernance" me hérisse : j'ai de plus en plus l'impression que c'est le mot de passe entre les salauds, le code pour se reconnaître entre eux (les salauds qui sont en train d'imposer en douce le projet le plus antidémocratique qui ait jamais été institué). Je me trompe peut-être, mais c'est ce que m'inspire le mot, compte tenu de l'usage qui en est fait et de ses usagers.

    - Le tirage au sort, malgré l'espoir solide (rationnel) qu'il fait naître dès qu'on y réfléchit bien, devra sans doute être testé, apprivoisé, et amélioré à petite échelle d'abord (sauf pour son premier usage : pour l'Assemblée Constituante, on peut y aller franchement, à n'importe quelle échelle). Pas question, donc, d'organiser d'emblée un gouvernement mondial, pas même avec le tirage au sort (et ses contrôles permanents) au centre, sans avoir la certitude PRÉALABLE qu'une majorité d'électeurs se sont enfin métamorphosés en citoyens, conscients que l'élection est un piège antidémocratique et PRÊTS À DÉFENDRE personnellement les piliers d'une vraie démocratie (iségoria, isonomia, tirage au sort, reddition des comptes et contrôles drastiques, mise en scène des conflits, etc.). En effet, il me semble qu'une démocratie digne de ce nom ne peut vivre QUE PROTÉGÉE quotidiennement par un grand nombre de citoyens, actifs et armés, un peu comme des GLOBULES BLANCS qui défendent leur organisme.

    - Est-ce qu'on risque de se faire enfumer par les escrocs professionnels ? À coup sûr, OUI. Mais ce n'est pas parce que des affreux détournent, récupèrent ou déforment le projet démocratique qu'il faut y renoncer, bien sûr : il faut bien découvrir et connaître ce qui compte le plus, défendre mordicus ce cœur nucléaire, et nous passer le mot à toute vitesse entre fourmis, et à grande échelle, autant que nous le pouvons.
    Pas sûr que ça marche (il est si tard), mais que peut-on faire de mieux ?

    L'élection de professionnels est une IMPASSE pour tous les autres, par construction.

    Amicalement.
    Étienne.
  • Etienne Chouard Jacques Billon,
    vous présentez votre défiance comme une menace, mais vous vous trompez : je ne cherche pas votre confiance, je ne vous demande rien: je ne suis pas candidat.

    Votre défiance ne me fait donc pas peur du tout.

    Je ne cherche pas votre confiance : je cherche votre intelligence. Votre intelligence critique pour m'aider à imaginer un système original et robuste contre les abus de pouvoir, TOUS les abus de pouvoir.

    Je ne cherche pas à avoir raison, ni à prouver que vous avez tort : je cherche une forme de vérité ou de justice, celle qui, par construction, nous protègera tous des "TROP-RICHES" du moment, ceux qui n'ont pas de vergogne et qui menacent le bonheur de la Cité.

    Au lieu de vous méfier de moi, vous feriez mieux d'examiner mes idées, de me signaler ce qui cloche, et de proposer vos propres améliorations astucieuses : et si elles me permettent de progresser, je vous embrasserai !

    Il est tout à fait incongru de m'évaluer sur une échelle politicienne, et à l'aune d'une (misérable) élection : je ne suis candidat à rien, je ne veux ni Dieu ni Maître, et je ne veux gouverner personne.

    On va bien finir par se comprendre.

    Étienne.

    PS : j'ai regardé à nouveau cette vidéo et je comprends que vous ayez l'impression que tout ça est monté d'avance, même si ce n'est absolument pas le cas ; les monteurs ont bien bossé, c'est une forme de récupération, c'est sûr. Mais en même temps, comme je ne suis pas (du tout) hostile à NDA, je n'en veux à personne : c'est dans l'ordre des choses, voilà tout : ils ont besoin de soutiens, ils prennent tout ce qu'ils peuvent. Ce n'est pas si grave. Est-ce que j'y perds quelques chose ? Je ne crois pas. De toutes façons, qu'est-ce que j'ai à perdre, puisque je ne suis candidat à rien ? Je vous jure que je n'ai pas échangé un mot avec l'équipe qui a tourné et monté ce truc, voilà. Bien sûr, j'ai vu ce jour-là qu'il y avait des caméras, j'ai compris que peut-être j'allais apparaître sur une vidéo (une fois de plus) ; mais je n'y ai vu aucun mal parce que, objectivement, il n'y avait aucun mal, je crois. J'ai l'habitude des caméras, c'est banal.
    Tout ça, c'est du temps perdu avec des couillonnades : je vous rappelle que nous allons perdre cette élection, comme d'habitude, comme prévu, comme nous les avons toutes perdues depuis deux cents ans. Alors inutile de se prendre au sérieux de ce point de vue, me semble-t-il.

 

Etienne Chouard Jacques,
Ce sont de beaux messages que vous m'envoyez là. Merci Je suis d'accord avec de très nombreux points, et je suis conscient que je me trompe peut-être en cherchant à rester libre de toute contrainte partisane. Mais c'est ainsi, je ne vais pas répéter mon raisonnement.
Je ne suis pas sûr que vous me lisiez correctement : avez-vous noté que je répète partout que le meilleur résistant, pour nous sortir de ce piège à rats, c'est Asselineau ? Ça ne vous suffit pas ? Il vous faut une totale allégeance ?!
Alors là, si je peux me permettre, cette position est complètement sectaire (elle pousse les gens à se couper complètement des autres et à suivre aveuglément "le chef" et seulement lui)... Sans vous en rendre compte, sans doute, vous effrayez ainsi, probablement, des tas de gens intéressés par FA mais *pas exclusivement* ; vous me faites penser à certains jeunes fougueux militants de Solidarité et progrès qui en font des tonnes avec les passants, qui les forcent trop à adhérer tout de suite, et qui - sacré paradoxe et grand échec - font passer le parti de Cheminade pour une secte. Pourtant, ils sont très gentils, très dévoués, très honnêtes, et d'un certain point de vue, ils ont raison de bousculer un peu les électeurs pantouflard passifs et complices de leur propre oppression. Mais c'est ainsi : on ne force pas les gens à changer d'avis, il faut être plus patient : si vous avez raison (et François a raison, je crois -- sauf sur le tirage au sort ), les gens se rallieront à vous, progressivement, à leur rythme. Ça ne sert à rien de tirer sur l'herbe pour qu'elle pousse plus vite ; ça l'arrache au contraire.
Laissez-moi ma liberté de penser, s'il vous plaît, et considérez que je m'engage politiquement- ô combien- même hors parti, et sans gêner FA, au contraire : si ça se trouve, je l'aide plus que vous
Maintenant, ce serait bien que vous arriviez à parler d'autre chose, parce qu'on a passé trop de temps à se bagarrer dans notre chambre
Etienne.

27 janvier, 10:29

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Published by turandot - dans politique
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