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25 juillet 2007 3 25 /07 /juillet /2007 11:32
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25 juillet 2007 3 25 /07 /juillet /2007 10:41
Altermonde  reproduit un entretien avec Pierre RABHI,qui s'était présenté aux élections de 2002 .Je crois qu'il faut diffuser  cet article  .Les droits sont réservés donc je donne les liens.
A lire absolument



http://www.altermonde-levillage.com/spip.php?article10935


http://www.altermonde-levillage.com/spip.php?article10936

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9 juillet 2007 1 09 /07 /juillet /2007 08:41
http://www.altermonde-levillage.com/spip.php?article10656#forum1721

Le Grenelle de l’emmerdement !

dimanche 24 juin 2007 par Yann Fievet

Ils s’y collent enfin ? Ils vont prendre à bras-le-corps la question écologique trop longtemps tenue dans l’ornière ? Le nouveau monarque hexagonal et son principal lieutenant du moment en la matière ont décidé de la tenue d’un « Grenelle de l’environnement » dès l’automne prochain.

Ce Grenelle-là, dont le but subsidiaire est aussi d’effacer définitivement la mémoire du premier, pourrait permettre de soulever maints problèmes posés par la profonde dégradation de l’environnement dans lequel vivent les hommes. Une première rencontre fortement médiatisée s’est rapidement tenue à l’Élysée où neuf ONG du secteur ont pu apprécier la détermination des nouveaux guerriers soudainement touchés par la grâce de la vérité révélée. La planète ne peut plus attendre que l’on vienne à son secours.

Il conviendrait de prendre la chose avec le plus grand sérieux. Pourtant, on ne peut s’empêcher d’ironiser, voire de dénigrer franchement. C’est Nicolas Hulot qui, dit-on, a dressé le plan de table du premier round après avoir soufflé à Alain Juppé, un temps ministre de l’écologie, le nom des neuf heureux lauréats. À défaut d’être le plus offensif sur la question, l’homme aux multiples sponsors mercantiles, gagnés eux aussi récemment par le virus du « développement durable », a le grand mérite d’être identifié par l’opinion comme le sauveteur patenté sur le théâtre du naufrage écologique annoncé. Alain Juppé qui est revenu de tout, des affaires, du Québec, de la Croissance sans conscience – du moins le proclame-t-il – avait néanmoins besoin d’une caution morale de cette nature pour mener à bien l’incommensurable chantier que le Président de la République semble vouloir ouvrir.

Si le nouveau pouvoir a besoin de caution vis-à-vis d’une opinion publique susceptible de douter de sa soudaine volonté d’affronter enfin la question écologique, il entend être totalement maître du jeu. Maître du calendrier, au risque de se voir reprocher de confondre la vitesse qu’impose l’urgence du problème à traiter avec la précipitation que guident des arrière-pensées politiciennes. Maître du champ de compétence du Grenelle en excluant d’emblée du débat et des négociations à venir le dossier de l’énergie nucléaire. Nicolas Sarkozy a tout de suite proclamé qu’il ne saurait être question de remettre en cause les avancées du progrès technologique. À une époque où la pensée et les pratiques sont de plus en plus soumises à l’idée que la Science et la Technique vont demain résoudre tous les problèmes des hommes, cette affirmation préliminaire et péremptoire donne singulièrement le ton des discussions qui s’engagent.

Le tandem temporairement formé était tellement maître du jeu qu’il s’est permis de renier sa parole. Il avait été promis que la France ne prendrait aucune décision touchant à l’environnement tant que le Grenelle ne se serait pas tenu. Moins d’un mois après cette aventureuse promesse Christine Lagarde, la ministre de l’Agriculture du gouvernement Fillon, votait pour la nouvelle réglementation de l’agriculture biologique lors du Conseil des ministres européens du 12 juin dernier. Ainsi, les OGM font leur entrée dans le « bio » puisque leur présence jusqu’à hauteur de 0,9% ne remettra plus en cause désormais l’appellation « bio ». En guise d’excuse, Mme Lagarde et M. Juppé ont mis en scène médiatique un désaccord supposé sur cette question. Qu’importe ! Le mal est fait et « l’agriculture raisonnée » puissamment promue et soutenue par les industriels de la chimie se voit offrir là un boulevard des plus profitable économiquement. L’écologie attendra.

Nicolas Hulot n’a rien eu à objecter à cette minable trahison. Il tient à ne pas écorner son profil de majordome des cérémonies environnementalistes conçues par ceux qui entendent bien ne pas entamer la puissance des firmes, à commencer par celles de l’agro-bio-business. Il a choisi son camp. Et cela depuis longtemps. On devine aisément ici en filigrane le discours convenu stipulant que c’est le Marché qui fournira les conditions du développement durable car celui-ci ne saurait advenir contre le Marché. Dans un tel contexte, que peut apporter de décisif le Grenelle de l’environnement ? Probablement peu de choses au regard du défi immense qui est le nôtre. Éventuellement, on ira doucement vers la mise en place d’une économie écologique quand il faudrait rapidement construire l’écologie économique. La différence ? Organiser l’économie en fonction de la priorité enfin donnée à l’écologie. Pour en arriver là il faudra poser la question de l’écologie en termes politiques c’est-à-dire en acceptant la reconnaissance des rapports sociaux dominants/dominés et leur implication décisive dans le saccage des écosystèmes. La fable du « tous dans le même bateau – ou la même galère – ramons à l’unisson » nous condamne à l’immobilisme.

M. Sarkozy a été fort habile. Son initiative met au pied du mur les défenseurs de l’environnement à qui il est difficile de refuser l’invitation sous peine de passer pour des citoyens irresponsables aux yeux d’une opinion abondamment abreuvée d’informations peu critiques par des médias le plus souvent aux mains de groupes financiers et industriels. La place qui sera laissée aux « environnementalistes » dans les mois qui viennent pour qu’ils puissent faire entendre sérieusement leur réflexion sur la profondeur de la crise écologique et sur les solutions qu’ils lui opposent sera des plus mesurée. L’habileté du pouvoir en place est double. En choisissant dès le départ ses interlocuteurs privilégiés et en en laissant d’autres sur la touche, il fissure un peu plus le front de l’écologie. Diviser pour mieux régner, c’est vieux comme le monde. Ce Grenelle de l’environnement est bel et bien un bâton merdeux qui n’avoue pas son nom. On va tout bonnement s’y salir les mains. Espérons que l’on n’y perdra pas sa dignité. Les générations futures déjà nous regardent.

Yann Fiévet


Forum
  • Le Grenelle de l’emmerdement !
    7 juillet 2007, par Gilles Lecoq
    Bonjour,

    Que pouvions-nous attendre de ce gouvernement qu’un "bâton merdeux" de plus , cette fois-ci en ce qui concerne l’Environnement, quand il n’a fait qu’en distribuer depuis le début de son élection. En "ouvrant" soit disant son gouvernement à la Gauche( ?), ne fallait-il pas voir là une "astuce" de plus pour ravir les foules qui ont voté pour le "Néo-Bonaparte de jardin", et faire ainsi de son adage, "je ferai ce que j’ai dit...etc.." une réalité politique. Ne parlons pas évidemment du travail d’abattage tous azimuts pour ramener dans le "giron umpéiste" les "égaré(e)s du fn". Alors, depuis le départ, comme tu dis, sa véritable politique intérieur est de "diviser pour régner", vieux principe oh ! combien efficace, ce piège à écolos, encensé effectivement par le chouchou de Bouygues et consorts, ne pouvait être qu’un moyen de plus pour foutre la merde (normal, pour un bâton merdeux !!) entre toutes les parties prenantes de l’Ecologie. La guéguerre "traditionnelle" des Verts, hélas, qui en a résultée n’en est qu’un triste et navrant aperçu. De plus, ni l’EPR, ni les OGM (0,9% accordé par l’Union Européenne ? Bio, dites-vous ? ), ni les bio-carburants qui profiteront évidemment aux grands céréaliers puisqu’ils profiteront de ce "nouvel engouement" pour cultiver leur terres laissées en jachère, du coup, double subvention de l’Europe, ne seront véritablemnt "traités" lors de cette farce médiaco-politicienne. Traiter de ce sujet doit leur donner à tou(te)s ces clowns tristes comme un sentiment de bonne conscience, entre deux accords sur le nouveau missile français et le futur deuxiéme porte-avions nucléaire. Alors, toujours et encore, à notre "petit niveau local", de voisinage, dirais-je, montrons et démontrons à nos voisin(e)s que l’Ecologie n’est pas simplement une chose à traiter dans les Ministères, mais qu’elle est une pratique journalière, et que chaque acte de chacun des grains de sable la constituant est important pour notre Plage Terrestre. G.Lecoq.

  • Le Grenelle de l’emmerdement !
    6 juillet 2007
    En effet, il ne faut rien attendre de bon de ce grenelle de lm’environnement. Pour info, la partie "biocarburants" initialement prévue dans les discussions a été retirée. Autre nouvelle intéressante : l’étude ADEM-DIREM, pilier de toutes les décisions gouvernementales prises ces derniers mois ne va pas être révisée comme cela était prévu suite aux très nombreuses critiques soulevées par l’importance qu’on lui accordait (notamment par l’association EDEN). A part à les utiliser uniquement pour faire rouler les tracteurs et autres machines agricoles, les biocarburants sont un cadeau empoisonné. Leur développement incontrôlé et anarchique conduit dès aujourd’hui à la concurrence alimentaire (pour le moment pour les plus pauvres mais on voit déjà le prix des denrées américaines augmenter ; aquand le doublement du prix du pain parce que le prix du blé a été multiplié par X ?), à la déforestation (87% de la forêt indonésienne aurait été détruite pour planter des palmiers à huile), à la destruction de la flore et de la faune (destruction des habitats, pollutions mortelles...aidue l’ourang outan, le rhinocéros de Sumatra, sans parler de tous les insectes et plantes décimées), à la poursuite de la destuction des sols et de la pollution des eaux en continuant et en accentuant les pressions liées à l’agriculture intensive... et ils osent appeler ça des "carburants verts"...quelle misère !

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3 juillet 2007 2 03 /07 /juillet /2007 21:21
Je suis abonnée à la newsletter de Terre Sacrée et ai reçu ce jour ce qui suis(les chiffres à méditer).
On est complètement fous de laisser faire.Je ne mangeais pas beaucoup de viande ,alors  là je crois que c'est presque définitif,je vais continuer avec mes graines(fruits secs et autres).
Apres avoir vu  sur bellaciao:
 et  les chiffres suivants ,Je ne comprends même pas qu'on continue ce désastre
 
 

 
 
-

 
Quelques chiffres à méditer
 
Plus de la moitié de l’eau potable des Etats-Unis va au bétail.
 
Il faut 5.000m² (1/2 ha) de terre cultivable pour produire 70 kg de bœuf ou 10.000 kg de pommes de terre.
 
De 7 à 16 kg de céréales ou de produits végétaux sont nécessaires pour produire 1 kg de viande.
 
Il faut 30.000 à 60.000 litres d’eau pour faire 1 kg de viande de bœuf et 800 litres d’eau pour 1 kg de blé.
 
Près de 50% de toutes les récoltes alimentaires dans le monde sont mangées par le bétail.
 
64% des terres cultivables du monde servent à la production de viande (pâturage et fourrage).
 
Un « Multi Dommage » s’ouvre toutes les 17 heures dans le monde ce qui entraîne la désertification de 125 km² par jour de forêt humide.
 
Les pays industrialisés avec 26% de la population mondiale utilisent 56% des ressources alimentaires.
 
Il faut 5 kg de poissons pour produire 1 kg de farine ; il faudra 5 kg de cette farine pour qu’un bœuf ou un porc produise 1 kg de viande. Donc 25 kg de poissons pour 1 kg de viande !
 
Une ferme de saumons de 8 ha aux USA produit autant de déchets qu’une ville de 100.000 habitants.
 
La consommation mondiale d’engrais de synthèse est passée de 7 millions de tonnes en 1945, à 53 millions de tonnes en 1968, et atteint 150 millions de tonnes par an aujourd’hui.
 
500 pesticides différents sont employés dans « l’industrie culture » : 1.5 à 2 tonnes / par ha / par culture / par an, en Europe.
 
En 1997, la quantité d’antibiotiques utilisée dans l’Union européenne s’est élevée à 10.493 tonnes.
 
Plus de 80 produits différents peuvent être injectés aux cochons modernes avant d’être abattus.
 
Les producteurs de volailles, de porcs, de bovins et poissons utilisent au Canada plus de 20.000 tonnes d’antibiotiques par an en injections, ou incorporées à la moulée.
 
80% des animaux élevés en batterie sont malades.
 
Une trentaine d’hectares de forêts sont détruites chaque minute.
 
300 tonnes d’humus disparaissent chaque minute.
 
Les excréments de bétail représentent 110 tonnes par seconde pour les USA et l’Europe : cela entraîne 50% de toute la pollution des nappes phréatiques du monde.
 
En Thaïlande, ont été produites en région marécageuse, 120.000 tonnes de crevettes sur 5 ans, qui ont ravagé les marécages en détruisant 800.000 tonnes d’autres espèces.
 
Plus de 75% des terres arables qui existaient lorsque les Européens colonisèrent l’Amérique ont disparu.
 
Environ 97% des variétés de légumes qu’on trouvait habituellement sur la liste du ministère de l’Agriculture des Etats-Unis sont maintenant considérées comme disparues.
 
Le bétail des pays riches mange autant de céréales que les Indiens et les Chinois réunis.
 
Un bœuf fournit 200 kg de viande, soit 1.500 repas. Les céréales qu’il a mangées auraient pu servir 18.000 repas.
 
La consommation de « viande » utilise 60% des réserves d’eau mondiale.
 
Il faut 400 litres d’eau/heure, 24h/24h pour faire face aux besoins alimentaires d’une seule personne carnivore.
 
Plus de 50 millions d’enfants meurent de faim chaque année.
 
Un Américain sur trois et un Français sur quatre sont obèses.
 
En une année, vous absorbez environ 2.7 kg d’additifs, surtout les enfants, avec les sucreries et les boissons artificielles.
 
71% des graisses et protéines qui sont consommées en France sont d’origine animale.
 
90% de tous les résidus de pesticides se retrouvent dans les produits animaux alors que les fruits, les légumes et les céréales en recèlent moins de 10%.
 
Pour fournir 50 kg de protéines, un animal a du consommer au minimum 800 kg de protéines végétales.
 
5 espèces végétales sont définitivement perdues chaque jour.
 
Tout individu supplémentaire dans les pays riches « pèse » aussi lourd sur l’environnement que 20 Indiens ou Bengalais.
 
L’on a fait plus de dégâts en 30 ans que depuis que l’homme existe sur la terre.
 
 
 
 
 
________________________________
 
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30 juin 2007 6 30 /06 /juin /2007 09:41
 
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1 juin 2007 5 01 /06 /juin /2007 08:10
Le Grand soir

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I
Affamer les pauvres. L’éthanol et le prix de la tortilla mexicaine, par Noam Chomsky.
jeudi 31 mai 2007.
 
 

 
 
 
 
 

CommonDreams.org, 16 mai 2007.

 

Le chao provoqué par ce qu’on appelle l’ordre international est bien néfaste pour ceux qui se trouvent dans les niveaux inférieurs de la structure. Les tortillas [crêpes de maïs mexicaines] sont maintenant l’enjeu d’un conflit. Dans plusieurs régions du Mexique le prix des tortillas a augmenté de plus de 50%. En janvier, dans la ville de Mexico, des dizaines de milliers de travailleurs et de paysans ont manifesté sur le Zócalo, place centrale de la ville, pour protester contre le prix trop élevé des tortillas.

En réponse le gouvernement du président Calderón est parvenu à un accord avec les producteurs et les détaillants pour fixer une limite aux prix de la tortilla et de la farine de maïs, très probablement une solution temporaire.

La hausse des prix menace le principal produit alimentaire des Mexicains pauvres. C’est l’un des résultats de ce qu’on pourrait appeler l’effet éthanol, conséquence de l’acharnement des Etats-Unis à vouloir produire de l’éthanol à partir du maïs - substitut énergétique du pétrole, dont les principales réserves se trouvent bien sûr dans les régions du monde où l’ordre international est le plus menacé.

Ainsi l’effet éthanol aux Etats-Unis a fait monter les prix d’une bonne quantité de produits alimentaires, comme les céréales et la volaille. Il n’existe pas de relation directe entre l’instabilité au Moyen-orient et le coût de l’alimentation aux Etats-Unis, bien entendu. Mais comme toujours dans le commerce international les puissants font incliner la balance. Depuis bien longtemps l’un des objectifs de la politique extérieure des Etats-Unis a toujours été de créer un ordre global dans lequel les entreprises états-uniennes disposent d’un libre accès aux marchés, aux ressources et aux opportunités d’investissement. C’est ce qui est communément appelé le « libre échange », dénomination qui ne résiste pas au premier examen sommaire.

Cela n’est en rien différent de ce que la Grande-Bretagne, antécesseur dans la domination mondiale, avait imaginé durant la deuxième moitié du XIXème siècle quand elle adopta le libre échange, non sans avoir auparavant atteint une puissance industrielle bien supérieure à tous ses rivaux potentiels grâce à 150 ans d’interventionnisme étatique.

Les Etats-Unis ont dans une grande mesure suivi le même modèle. Généralement les grandes puissances désirent un certain niveau de libre échange lorsqu’elles considèrent que cela favorise les intérêts économiques qu’elles protègent. Cela a toujours été, et cela reste, l’un des caractères principaux de l’ordre international.

Le boom de l’éthanol relève de la même logique. Comme le signalent C. Ford Runge et Benjamin Senauer, spécialistes de l’économie agricole, dans le dernier numéro de Foreign Affairs, « l’industrie du biocombustible n’est pas activée par les forces du marché mais elle est depuis longtemps dominée par les intérêts de quelques entreprises », notamment par Archer Daniels Midland, le plus grand producteur d’éthanol.

La production d’éthanol se maintient grâce aux subventions de l’Etat et grâce aux tarifs douaniers forts élevés qui empêchent l’entrée de l’éthanol brésilien issu de la canne à sucre, nettement meilleur marché et de meilleure qualité. En mars lors d’un voyage du Président Bush en Amérique latine, la seule chose à laquelle il soit parvenu c’est à un accord avec le Brésil pour une production conjointe d’éthanol.

Mais Bush, tout en répétant la rhétorique du libre échange pour autrui soulignait que les hauts tarifs douaniers qui protègent les producteurs états-uniens seraient maintenus, ainsi que bien entendu tous les dispositifs d’aides gouvernementales pour cette branche.

Malgré les énormes subventions apportées à l’agriculture [états-unienne], financées par les contribuables, les prix du maïs et des tortillas ont augmenté très vite. L’un des facteurs c’est que les industriels commencent à utiliser les variétés de maïs mexicain qui sont meilleur marché. Cela fait monter les prix. Le Traité de libre commerce (TLC) de 1994 peut jouer un rôle de plus en plus important. Les déséquilibres initiaux du TLC ont eu pour conséquence d’inonder le Mexique de produits de l’agro-industrie subventionnée - contraignant bien des producteurs mexicains à abandonner leur terre.

L’économiste mexicain Carlos Salas après une analyse détaillée des données a signalé que, après une augmentation constante jusqu’en 1993, l’emploi dans l’agriculture a commencé à baisser avec l’entrée en vigueur du TLC, notamment parmi les producteurs de maïs - conséquence du TLC selon les conclusions de Carlos Salas et d’autres. Un sixième de la force de travail mexicaine dans l’agriculture a disparu depuis le début du TLC, et ce n’est pas fini. Cela fait baisser les salaires dans d’autres secteurs de l’économie et cela fait augmenter l’immigration vers les Etats-Unis. Ce n’est certainement pas tout à fait par hasard si le Président William Clinton a militarisé la frontière mexicaine -auparavant assez ouverte-, en 1994, juste au moment de l’entrée en vigueur du TLC.

Le Mexique auparavant autosuffisant sur le plan alimentaire est devenu dépendant des Etats-Unis du fait de la politique de « libre échange ». Le prix du maïs augmentant aux Etats-Unis, sous la pression des grandes entreprises et de par l’interventionnisme de l’Etat, on peut anticiper que les prix continueront d’augmenter de façon drastique au Mexique. De plus en plus les biocombustibles sont susceptibles d’« affamer les pauvres » dans le monde, disent Runge et Senauer, dans la mesure où les produits sont transformés en éthanol pour les privilégiés - le manioc en Afrique sub-saharienne pour prendre un autre exemple préoccupant.

De la même façon, dans le sud-est asiatique, les forêts tropicales sont taillées et brûlées pour produire de l’huile de palme destinée aux biocombustibles. Et aux Etats-Unis l’environnement est menacé par l’utilisation de grandes quantités d’intrants dans la production de maïs pour d’éthanol.

Le prix élevé de la tortilla, comme les autres soubresauts de « l’ordre international », montre le lien qui existe entre les événements du Moyen-orient au Midwest [« Moyen Occident », région centrale des Etats-Unis] et la nécessité d’établir des relations commerciales basées sur des accords vraiment démocratiques entre les personnes, et non sur des intérêts dont l’objectif principal ce sont les bénéfices des grandes entreprises subventionnées et protégées par l’Etat qu’elles dominent complètement, sans la moindre considération pour le coût humain.

Noam Chomsky
 

- Titre original : « Starving The Poor »

- Source originale (anglais) : www.commondreams.org

- Version espagnole : www.aporrea.org

- Traduction : Numancia Martínez Poggi

 

- Il n’y a pas de guerre contre le terrorisme, interview de Noam Chomsky, par Geov Parrish + dix sept articles de Noam Chomsky.

 
 

Dr. Miguel Angel Altieri : "Les biocombustibles sont un mode d’impérialisme biologique", par Roberto Aguirre.

Agrocombustible - Le maïs dans le moteur d’accord, mais à notre façon : campesinos contre Bush, par Joao Pedro Stedile.

 

Amérique latine : le mouvement en faveur des biocombustibles est en marche, par André Maltais.

 
 
 
 
 
- Dessin : Allan Mcdonald www.allanmcdonald.com
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27 mai 2007 7 27 /05 /mai /2007 08:22
 
Alerte à Babylone via Koreus


La diffusion de cette vidéo fera peut être comprendre ,enfin ,l'urgence
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22 mai 2007 2 22 /05 /mai /2007 23:07
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