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Avril 1968. L'immense majorité de la population ignore encore la déflagration qui va durablement secouer son existence. J'ai (presque) dix-huit ans. Le conservatisme étriqué des générations précédentes nous tient sous muselière. Dans le lycée parisien mixte (chose encore très rare à l'époque) où je prépare vaillamment mon bac, les garçons sont fréquemment renvoyés chez eux mettre la cravate qui leur fait défaut. Les filles qui ont eu l'insolence de se maquiller sont invitées à se nettoyer à l'eau froide dans les toilettes de l'établissement. Les pantalons leur sont permis... à condition qu'une jupe ou une robe les recouvrent ! Les cartables sont fréquemment fouillés, à la recherche de quelques ouvrages aussi subversifs ou licencieux que ceux de Boris Vian. La pilule contraceptive, "autorisée" depuis un an, n'est encore qu'un vœu pieux pour les teenagers que nous sommes. Baiser n'est pas une sinécure...

Quelques jours plus tard,

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