Ou comment
transformer une élection impossible à gagner en une élection impossible à perdre ? Décryptage rétrospectif d’une portée au pouvoir.
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XD’un point de vue socio-politologique pur, le résultat des présidentielles françaises est une surprise complète. Certes, les semaines précédant le scrutin nous ont permis de nous
préparer à l’issue. Néanmoins la victoire de N. Sarkozy va à l’encontre de tout ce que l’on sait des « français ». Selon les grilles de lecture des réactions typiquement
françaises, le candidat de l’UMP n’avait en effet aucune chance : ultra-libéral, pro-américain, anti-arabe, pro-CAC 40, anti-pauvres, candidat sortant, mauvais bilan… le rejet
quasi-viscéral dont il est de facto l’objet de la part des français aurait logiquement dû se cristalliser en un échec retentissant aux élections. Dans le contexte de surcroît délétère
du précédent gouvernement de droite, tout le monde le savait (même si personne n’y croyait complètement) : « La gauche ne pouvait pas perdre cette élection »…
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Et pourtant, non seulement il passe le premier tour, mais le second et le tout haut la main !
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Doit-on en déduire que les français on changé ? Ou l’affaire est-elle ailleurs ?
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Il est encore difficile de dire si les français ont vraiment changé (ce n’est qu’au cours et à l’issue des cinq années du prochain mandat présidentiel que l’on pourra vraiment juger
de cela). En revanche, il est aujourd’hui possible de commencer à repérer les techniques qui ont été à l’œuvre au cours de la campagne menée ces cinq dernières années par les sponsors
de M. Sarkozy, et de mieux comprendre ce qui nous est arrivé. Le caractère « nouveau » (en politique tout au moins) des méthodes employées contribue d’ailleurs directement
au résultat final, l’effet de surprise ayant joué à plein sur la classe politique dans son ensemble (UMP compris) et plus encore sur les citoyens français.
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Contexte politique : Les axes stratégiques décrits ci-après ne pouvaient fonctionner que dans un contexte politique bien particulier, en l’occurrence la grave
crise du politique que traversent à des degrés divers tous les pays de l’UE, liée à l’ascension au niveau européen des vrais enjeux de pouvoir. Ce transfert des pouvoirs réels aboutit
à une perte de sens de la valeur ajoutée du niveau national en matière de représentation des intérêts des citoyens, cette représentation ne pouvant réellement plus se faire qu’au
niveau local et au niveau européen. Cette perte de sens résulte en un affaiblissement structurel de l’ensemble des partis politiques nationaux : impuissance, démotivation, baisse
de la qualité des personnels politiques. Cette baisse de qualité des personnels politiques se traduit en différents traits cumulatifs ou non : corruptibilité et/ou inefficacité
et/ou démagogie.
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Concrètement, la dernière élection présidentielle a vu des candidats s’affronter sur des programmes quasi-inexistants et surtout des programmes totalement mensongers de part et
d’autre, le débat Royal-Sarkozy fournissant un cas d’école en la matière puisque la quasi-totalité des thèmes abordés relevaient en fait des compétences européennes, tandis que les
quelques thèmes sur lesquels un président français a encore une influence (politique étrangère, défense) étaient soigneusement évités.
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Dans un tel combat, le contenu n’ayant plus aucune importance et la valeur du candidat ne jouant plus de rôle direct, ce sont les moyens seuls qui désignent d’avance le
vainqueur : moyens financiers, soutiens stratégiques (médias), méthodes marketing.
Les conditions de base à réunir :
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. Prendre le contrôle d’un des partis dominants du pays pour profiter d’une puissante machine électorale tout prête (technique du Bernard l’ermite)
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. Attendre que ce parti dominant soit au gouvernement et se débrouiller pour y être directement impliqué afin de bénéficier de l’accès aux instruments de pouvoir : carnet
d’adresse, argent, médias, ministères.
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. Construire sa carrière depuis un lieu stratégique, en l’occurrence Neuilly, cœur du triple réseau publicité/média, chefs d’entreprise et milieux pro-israéliens, véritables acteurs
de la victoire de M. Sarkozy.
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Etre au pouvoir ET dénigrer l’état du pays : « La France est foutue, on ne peut plus rien faire, la rue bloque toutes les tentatives de modernisation,
d’adaptation du pays et de ses instances, on perd du terrain par rapport aux autres pays, on est ridicule, on est archaïque… », tel fut en effet le discours véhiculé par la
droite au pouvoir ces cinq dernières années ! Paradoxe intéressant et technique très risquée, en apparence. On voit maintenant que le pari est gagné, les français étaient bel en
bien capables d’intégrer les lignes directrices d’une critique (essentiellement : « la rue fait suer, il faut un homme fort ») et d’associer ce besoin suggéré d’homme
fort à l’un des responsables directs des faiblesses du système précédent ! La gauche a eu beau tenté de renvoyer Sarkozy à son fameux « bilan », rien n’y a fait :
il était miraculeusement blanchi de toute responsabilité antérieure, grâce une communication politique de type rouleau-compresseur sur la construction de son image non seulement
d’ « homme fort » mais d’ « homme de l’opposition » au sein du gouvernement (les médias préparaient en fait déjà le terrain lorsqu’ils s’étendaient à
longueur de page sur l’inimitié Chirac-Sarkozy).
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Etre au pouvoir, dénigrer l’état du pays ET faire porter la responsabilité de ses échecs sur le camp adverse. En effet, insidieusement, sans que cela soit
explicitement dit, on a fait enregistrer aux français l’idée que si les réformes ne passaient jamais, c’était à cause de la gauche. Par ce biais, après avoir créé l’attente d’un homme
fort, avoir associé cette image d’homme fort à M. Sarkozy, le camp adverse a été assimilé à l’ennemi, responsable de tous les maux du pays, devant assumer un bilan qu’il n’était bien
évidemment pas du tout préparé à assumer puisque ce n’était pas le sien. Nous reviendrons d’ailleurs sur ces techniques particulièrement efficaces de « neutralisation » du
camp adverse.
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S’assurer la base populaire d’extrême droite : Nouveau grand écart entre une carrière Neuilly-Paris-MEDEF-UMP au service des patrons d’entreprises et un discours
populiste renchérissant sur les problèmes du quotidien dans les « quartiers » et promettant de « faire le ménage » aussitôt au pouvoir : plus de prisons, une
police plus musclée (à défaut de plus nombreuse, d’ailleurs), une mise au pas des immigrés et des français issus de l’immigration (plus généralement des jeunes),... L’utilité à
s’adjoindre une partie des extrémistes est double : des voix en plus bien sûr, mais surtout des militants activistes (on a pu constater la pugnacité de ce segment de l’électorat
de M. Sarkozy sur internet par exemple, et certainement également dans les campagnes d’affichage, dans les réunions politiques, etc…).
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Capitaliser sur les personnes âgées : Le calcul est simple, il a déjà été réalisé par le secteur privé depuis longtemps : les populations d’Europe sont vieilles.
Dans une logique marketing pur, les personnes âgées sont donc une cible extrêmement « rentable » de toute campagne. Dès lors, le discours sécuritaire apparaît comme le thème
fédérateur par excellence :
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. les sponsors y sont favorables car le renforcement du contrôle de la population augmentera les chances de faire passer les mesures impopulaires dont ils ont besoin pour gagner plus
d’argent ;
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. l’extrême droite est bien entendu ravie et se résout définitivement à abandonner son candidat fétiche (mais éternel perdant) pour se jeter dans les bras d’un candidat qui a, de ce
point de vue, à peu près les mêmes idées avec infiniment plus de chances de les mettre en œuvre un jour ;
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. la plupart des personnes âgées, naturellement effrayées par une société dans laquelle ils se reconnaissent de moins en moins, échangent volontiers une liberté dont elles n’ont plus
grand-chose à faire contre un rêve de sécurisation, assez proche en fait d’un rêve de retour à leur jeune temps.
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Un seul discours pour trois publics très différents permettant de ratisser l’extrême droite classique, la droite idéologique dure qui n’aurait pas osé l’extrême mais qui est sur le
fond d’accord avec elle, et la droite ultra-libérale, ces deux derniers segments de la droite ayant en outre l’avantage de pouvoir gagner à eux une « gauche » âgée et riche
(Seguela, Allègre et cie) prête à trahir son camp pour peu que cela ne fasse pas trop « ringard ».
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Segmenter la population française : A l’inverse là encore des habitudes politiques françaises où l’universalisme est la règle (chaque candidat présente un projet
de société sensé bénéficier à tous les français), les conseillers de M. Sarkozy lui ont fait aborder sa campagne selon une méthode très « américaine » consistant à
structurer la population en corporations, communautés, lobbies auxquels il s’est adressé séparément, promettant à chaque groupe ce qui leur tenait le plus à cœur, dans le but bien
entendu de court-circuiter les clivages nationaux droite-gauche et de « grignoter » des voix dans les autres camps politiques. En traitant avec chacun de ces groupes
séparément, on pouvait chatouiller les petits intérêts corporatistes au lieu de faire appel au sens supérieur de l’intérêt collectif sur lequel jour la « grande politique »,
et récupérer des voix de gauche. Par exemple : augmenter le tarif de la consultation médicale, promettre au corps enseignant d’éloigner les fédérations de parents,…
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Noyauter le net : La campagne du non a été gagnée sur Internet. Les professionnels des médias que sont les sponsors de M. Sarkozy n’ont pas manqué d’enregistrer
le fait. Le terrain a donc été occupé très tôt : création de sites attirants (ce qui est de bonne guerre) mais surtout noyautage des sites et forums « anti-Sarko » qui
ne cessaient de se créer (là, c’est moins défendable). La méthode était simple : « polluer » les forums anti-Sarko de commentaires pro-Sarko hyper-agressifs. L’effet
était immédiat, les visiteurs au début intéressés à se retrouver entre citoyens du même bord trouvaient rapidement insupportable de finir en s’insultant inutilement avec des
sarkozystes surexcités et disparaissaient. Mort du forum. L’anti-sarkozysme n’a ainsi pas réussi à se retrouver et à se structurer efficacement.
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Clé de voûte de la stratégie : s’assurer le concours des médias, et pas seulement des médias de droite mais également ceux de gauche et aussi les instituts de
sondage, bref toute la machine à décrire/fabriquer l’opinion publique. Le contrôle de cet appareil à un tel degré ne s’était pas vu en France depuis De Gaulle. La grande différence,
c’est que sous De Gaulle, tout le monde savait à quoi s’en tenir, tandis que nous vivons actuellement dans une société que nous croyons assez libre. Même si la partialité des médias
est souvent remise en question, ces accusations sont facilement ébranlées par les « personnes responsables » : « Oh, tout de même, c’est pas à ce
point-là ! ».
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Il n’est donc pas inutile de rappeler la liste des médias appartenant aux amis de M. Sarkozy. Pour ne citer que les plus importants : TF1 (Bouygues, Le Lay, Mougeotte), LCI
(Bouygues), Europe 1 (Lagardère, Elkabbach), Nice-Matin (Lagardère), Paris-Match (Lagardère), Le Journal du Dimanche (Lagardère), Le Figaro (Dassault), L’Express (Dassault),
L’Expansion (Dassault), Le Point (Pinault), Libération (Rothschild), AFP (Louette), Le Monde (Colombani)… ses liens avec les puissances médiatico-financières du CAC 40 sont la
critique la plus souvent formulée à l’encontre de M. Sarkozy. La clé de voûte de la stratégie de mise au pouvoir de M. Sarkozy se situe bien là, dans un système médiatique missionné
depuis des mois (des années) pour véhiculer trois discours simples : créer une ambiance de catastrophisme économique et social, rendre M. Sarkozy omniprésent sous la forme d’un
leader incontestable, faire ressortir la faiblesse de l’opposition…
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Neutraliser le camp adverse : Dans ce travail de sape de l’opinion publique, la neutralisation des médias de gauche via leur mise sous tutelle des puissances
financières de la droite la plus ultra-libérale (Libération, Le Monde, Le Point…), a joué un rôle particulièrement important. La partie la plus délicate, celle qui a nécessité un
certain talent admettons-le de la part des chefs de rédaction, consistait à maintenir l’illusion d’une presse de gauche. La méthode par exemple était de critiquer le candidat Sarkozy
mais d’une manière susceptible de lui gagner des voix (son côté « jeun’s », ultra-libéral et pro-américain a eu un succès indéniable parmi de nombreux bobos socialistes
lecteurs de Libé),…
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Avec le concours des médias, la neutralisation du camp adverse pouvait facilement se mettre en place autour notamment des axes suivants :
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. affaiblir le discours de la gauche en imposant le ton « politiquement correct » comme le seul qui soit digne de l’opposition. « Le
populiste, c’est Sarko ; nous nous devons d’employer un ton civilisé », tel fut le piège dans lequel la gauche est tombée. On a bien vu les conséquences de ce contrôle du
discours dans le fameux débat Royal-Sarkozy : tous les pro-Royal attendaient d’elle qu’elle soit extrêmement agressive vis-à-vis de son adversaire et notamment sur les thèmes
classiques anti-Sarkozy (l’anti-américanisme, l’ultra-libéralisme…). Malheureusement, des personnes bien intentionnées ont certainement conseillé à Mme Royal d’éviter d’aborder ces
sujets qui risquaient de la faire apparaître comme démago. Et la seule fois où elle s’est tout de même un peu énervée, pour la plus grande joie de tous ses supporters, les médias
n’ont ensuite pas manqué de la rouler dans la boue pour avoir perdu contenance. Ces méthodes sont directement celles qu’a employées le parti Républicain aux Etats-Unis contre le camp
des démocrates (cf la sortie de campagne du candidat démocrate Howard Dean pour avoir poussé un cri de bête pendant un meeting en 2004).
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. imposer le candidat d’opposition de son choix : Ségolène Royal le sait bien, elle ne se battait pas depuis des années pour être candidate à la
présidentielle, elle a été « portée par l’opinion »… Cette opinion, ce sont les sondages mystérieusement apparus voici quelques mois et indiquant que Ségolène Royal
serait en fait la seule socialiste capable de gagner contre Nicolas Sarkozy… Quand on sait que les instituts de sondage, tout comme les médias, sont aux mains des amis de M. Sarkozy
(Laurence Parisot pour l’IFOP, Vincent Bolloré pour le CSA…), on a tout compris sur les raisons pour lesquelles Mme Royal s’est « retrouvée » candidate à la
présidentielle : elle a en fait été choisie par les sponsors de M. Sarkozy qui s’est ainsi retrouvé face à une candidate socialiste « sur mesure », notamment handicapée
par le fait d’être neuve et d’être femme, deux critères dont les socialistes avaient été convaincus qu’ils étaient justement des atouts. Le débat de la gauche du 16 novembre a dû
donner quelques sueurs aux sponsors de M. Sarkozy et on a pu à l’époque apprécier tout le travail de manipulation pro-ségoléniste de l’opinion effectué par les journalistes et les
sondeurs pour faire conclure aux français que c’était, en dépit des apparences, bien Ségolène qui avait gagné ce débat. On a ensuite vu le même type de travail le 2 mai, cette fois en
faveur de M. Sarkozy bien sûr. Honnêtement, avec des dés aussi pipés, la candidate Royal s’en est plutôt bien sortie et il est absolument certain qu’à jeu égal, elle serait
aujourd’hui présidente de la France.
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. couper le camp adverse des outils du pouvoir : L’ « OPA sur les médias » réalisée par les sponsors de M. Sarkozy, a complètement
coupé le PS des outils dont, en tant que parti de gouvernement, il avait eu la jouissance à parts à peu près égales avec la droite jusque dans les années 1995. Or un parti de
gouvernement tel de que le PS n’a pas l’enthousiasme, la foi, l’énergie d’un nouveau parti. Tout comme l’UMP, il est habitué à se maintenir sur la scène politique grâce à l’accès aux
mannes financières, aux médias et aux organes de pouvoir dont il bénéficie. Si on le coupe de cela, et d’autant plus s’il n’a pas complètement pris la mesure de la situation, il se
retrouve considérablement affaibli, comptant sur des outils qui ne sont plus que faussement à son service et ne pouvant par pour autant compter sur des énergies vives (citoyennes)
comme les partis plus petits et surtout plus récents.
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. créer un déséquilibre brutal dans les piliers idéologiques du camp adverse : Depuis de nombreuses années, le lobby pro-israélien, suivi par une part
importante de la communauté juive, constitue l’un des soutiens structurant du PS. Classiquement, les gouvernements de droite menaient en effet une politique pro-arabe, tandis que les
gouvernements de gauche étaient pro-Israël. En adoptant clairement une position favorable à Israël et aux Etats-Unis, le camp sarkozyste a provoqué un important déséquilibre parmi les
socialistes, en terme de soutien et de contenu, qui aura compté pour beaucoup dans cette défaite de la gauche : des sponsors en moins, de nombreuses personnalités du PS
neutralisées par leur adhésion à un argument politique apparaissant soudain mieux défendu par le camp d’en face, des voix en moins bien sûr, et un important argument de campagne en
moins, cela fait beaucoup de choses en moins finalement.
Peu à peu d’autres aspects de cette campagne marketing au service de la mise au pouvoir d’un homme se feront jour. La question est : Le marketing politique est-il vraiment de la
politique ? Et que vaudraient de telles méthodes, aussi enthousiasmantes qu’elles semblent avoir paru à un segment important de la population française, face à un véritable projet
politique ? La victoire de M. Sarkozy doit conforter aujourd’hui les chefs d’entreprise dans l’idée que gérer un pays c’est vraiment comme gérer une entreprise, que l’argent et le
contrôle des médias sont suffisants pour placer les leaders politiques que l’on veut, qu’enfin le politique est mort (un des thèmes favoris des milieux d’affaires ultra-libéraux), que
l’économie est tout. Le problème, c’est que s’ils ont raison, les citoyens n’ont plus qu’une chose à faire : se rebeller, se battre, descendre dans la rue, trouver de nouveaux
biais,… mais, mais c’est cela le politique, donc il n’est pas mort, donc ils ont tort !!!! Vive le politique !!!
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