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Un peu trop vite, nous avons oublié l’un des mots finalement les plus révélateurs de la campagne électorale. Un jour, Nicolas Sarkozy s’était gaussé qu’on puisse interroger des candidats à la Fonction publique sur la Princesse de Clèves. « Vous vous voyez parler à votre guichetier de la Princesse de Clèves ? », avait-il lourdement ironisé. On en déduisit que le futur président n’aimait guère la littérature. Il faut en conclure aujourd’hui qu’il aime encore moins la Fonction publique. Il rêve d’un monde où les fonctionnaires seraient tous des guichetiers, et des guichetiers qui ne parleraient que de guichet. Et pour cet apprentissage-là, il est vrai que l’on aura toujours trop de professeurs. Car nous ne pouvons nous résoudre, pour notre part, à considérer les nouvelles coupes claires annoncées dans l’Éducation nationale comme de vulgaires mesures d’austérité. Le choix de réduire massivement le nombre d’enseignants n’est jamais économique. Ces onze mille postes qui disparaissent du budget 2008, c’est un choix de société. Un monde à l’endroit devrait faire un pont d’or à nos profs, les porter aux nues, comme le fit jadis la République (non sans arrière-pensée idéologique d’ailleurs). Il devrait rendre possible la modulation des effectifs selon les lieux, et faire de l’école un puissant correctif social (pourquoi pas des classes de dix élèves là où c’est nécessaire ?). Mais c’est peu dire que notre monde est à l’envers. |