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Et si, derrière le discours bravache, le bras du matamore commençait à trembler ? On avait un peu cette impression en entendant Nicolas Sarkozy, mardi, décliner son programme social. Tout le monde a noté la rupture de ton au moment d’aborder l’épineuse questions des retraites. Comme si le président de la République entrait à reculons dans cet affrontement qu’il a si souvent promis et appelé de ses voeux. C’est qu’en s’attaquant, notamment, aux régimes spéciaux, Nicolas Sarkozy sait qu’il a quelques mauvais coups à prendre. Et que l’image immaculée du politique volontariste qui aime la baston risque d’être sérieusement écornée si l’affaire tourne mal. Car voilà bien le paradoxe de Sarkozy : ses mouvements de menton ont fini par le rendre vulnérable à la moindre anicroche. Certes, l’adversaire n’est pas très fringant. La défaite politique de mai et juin a rejailli sur le mouvement syndical. Et les dirigeants des centrales eux aussi paraissent fébriles. Tous, àleur façon, ils ont tenté de dédramatiser les échéances en sortant de leur drôle de rendez-vous, samedi et dimanche, à la Lanterne, ce pavillon versaillais où les Sarkozy aiment décidément évoquer les privilèges des salariés. Pendant que le Président n’en finissait pas de gloser sur la méthode plutôt que sur le contenu, et de renvoyer la responsabilité du conflit au sein de l’entreprise, les syndicalistes semblaient vouloir se rassurer en répétant que leur hôte ne veut pas « passer en force ». |