"Ce n'est pas maintenant qu'on a remis l'Europe sur les rails qu'il faut aller s'amuser à les recasser", a osé déclarer le Président
Sarkozy, réitérant son refus d'organiser un référendum au sujet de traité de Lisbonne - qu'il est entre parenthèses inadmissible de continuer sans cesse à qualifier de "simplifié" : les
mots ont un sens ! Rappelons qu'il est au contraire complexifié à l'extrême, rendant sa lecture incompréhensible pour les citoyens, comme l'observent unanimement jusqu'aux auteurs du défunt Traité constitutionnel européen. Et tous de s'accorder à reconnaître
que le traité de Lisbonne n'en est qu'une copie conforme camouflée (par son illisibilité). Or le TCE a été largement rejeté par le référendum de 2005 en France (et aux Pays-Bas). Sarkozy se
comporte ainsi en empereur qui n'a que faire de l'opinion de ses sujets, puisqu'il contrecarre sciemment le résultat de la consultation électorale. Il ne veut donc pas "s'amuser" à courir
le risque que le peuple ne refuse à nouveau cette Europe qu'il veut lui imposer. Répétons qu'avoir été contre le TCE et dénoncer aujourd'hui Lisbonne ne signifie pas forcément être anti-européen,
mais peut traduire l'aspiration à un autre modèle, une Europe sociale et démocratique, une alter-Europe en somme. Mais la perspective que le camp du "non" l'emporte démocratiquement à nouveau
justifie de ne pas tenter le diable : coûte que coûte, on va l'avoir, ce modèle d'Europe dont les élites politiques ont décidé pour nous qu'il serait profitable (à qui ?). Faire en somme le bonheur
du peuple contre le peuple. SUITE...