Les criminels en col blanc aiment l’obscurité. Il leur faut, pour tenir et prospérer, une justice paisible, peu
regardante, très locale. La justice de micro-états qui contournent les accords internationaux et font du secret bancaire un sacerdoce. Dans ces micro-états, il existe bien sûr des juges et des
policiers mais ces fonctionnaires généralement bien payés s’intéressent surtout aux problèmes de leurs concitoyens. De graves problèmes de circulation automobile, de vols de supermarché. Des crimes
de sang aussi. Il en faut. Pour le reste, circulez. Vous êtes dans le no man’s land.
Il m’est arrivé souvent ces dernières années de rencontrer des magistrats de ces paradis bancaires. Certains m’ont longuement interrogé, d‘autres m’ont mis en examen. C’est une expérience
déroutante mais au final enrichissante. Ces hommes, ces femmes, exercent une fonction officielle –la lutte contre le crime- dont ils savent qu’elle est obsolète. Ils n’aident pas à lutter contre le
crime. Ils aident, par leur seule présence, à son développement. C’est leur fonction officieuse. La seule qui vaille pour l’équilibre politique entre Etats. SUITE...