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Publié le lundi 25 février 2008
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Un réveil tardif…
Le 15 janvier, Laurent Joffrin clame dans Libération qu’« il ne peut qu’exprimer une inquiétude devant cette occultation spectaculaire du
débat » [2].A trois semaines d’un
vote parlementaire qui scellera une ratification d’un traité soutenu par Laurent Joffrin et l’ensemble des médias dominants, ce brutal réveil permet de se parer à peu de frais d’une robe
démocratique. D’autant moins coûteuse qu’après cette « sortie » le débat européen retrouve dès le lendemain, la quasi-clandestinité dans laquelle il a été cloîtré pendant de longs mois.
Après une longue période de silence, donc, les émissions sur le thème font timidement leur apparition. Ainsi, après l’émission « Dimanche + » sur Canal+ le 27 janvier et « Ce
soir ou jamais » sur France 3 le 31 janvier, c’est Serge Moati qui, le 3 février, sort de son coma prolongé dans « Ripostes » sur France 5. Le 4 février, Jean-Michel Aphatie et
Jean-Pierre Elkabbach font ensuite cause commune pour ouvrir une grande partie de leurs interviews matinales sur RTL et Europe 1, respectivement à Jacques Delors et Valéry Giscard d’Estaing, dont
les positions hostiles au « non » sont connues. Le lendemain, Jean-Pierre Elkabbach reçoit un acharné partisan du « deux fois oui à l’Europe », comme le dit lui-même
l’invité du jour : Jack Lang. Le sujet sera abordé en … trois minutes environ.
Mais cette énumération ne doit pas masquer l’essentiel : depuis que le texte en est connu, et particulièrement depuis qu’il a été signé (comme le soulignait déjà notre précédent article « Le service après vente du Traité européen de Lisbonne »), les médias dominants ont dissimulé les enjeux du traité dit « de Lisbonne ». En janvier et février 2008, c’est encore pire. Pour s’en rendre compte, il suffit de préciser que l’ensemble des émissions d’information y compris les magazines et les interviews matinales radiophoniques (à l’exception des exemples mentionnés) n’ont pas traité spécifiquement cet évènement [3]. Aucune des principales chaînes de télévision ou de stations de radio n’a bouleversé ses programmes pour organiser de véritables confrontations d’idée : ni sur le contenu, ni sur la procédure retenue.