Blog de liens divers . Quelques commentaires de temps en temps .
|
Denis Perais et Nadine Floury Publié le lundi 21 avril 2008 |
|
La commémoration du quarantième anniversaire de mai 68 est partout. Elle sature notamment un espace médiatique qu'envahissent les témoignages d'« anciens combattants ». En effet, pour évoquer une grève générale d'une ampleur exceptionnelle [1], parmi des millions d'étudiants, d'ouvriers, d'artisans ou d'artistes, qui a été sélectionné par les « grands » médias ? À qui ont-ils confié le soin d'analyser un mouvement que tous les commentateurs s'accordent à replacer dans un contexte de contestation mondiale ? À qui ont-ils confié le soin de tirer les enseignements de mai 68 ? À un petit groupe autoproclamé « experts es-68 », à des porte-parole rétrospectifs, dont nombre de radios, chaînes de télévision, quotidiens et magazines relaient les leçons : Glucksmann, Rotman, Hamon, July, Joffrin...
Parmi eux, un nom émerge...sans contestation : celui de Daniel Cohn-Bendit. Cette réduction quasi unanime d'un mouvement de lutte collective à un nom, une figure, une photo, voire même un œil ou un sourire, est déjà en soi une réponse à la question qui est régulièrement posée : « Que reste-t-il de mai 68 ? ».