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Il ne s'agit pas ici de « crier au loup » et de déterrer hâtivement de vieilles peurs qui pourraient couvrir une volonté de sensationnalisme politique.
À trop fermer les yeux, on finit cependant par ne plus rien voir et quand on les rouvre la surprise est amère, et comme on dit, avec un zeste de regret, « il est trop tard ».
L'autoritarisme ambiant qui s'exprime aussi bien sur le plan judiciaire qu'à propos des mouvements sociaux apparaît comme contradictoire avec le « discours libéral ». Pourtant les deux vont tout à fait de pair.
PEUT-ON PARLER D'UN RISQUE NÉOFASCISTE ?
Des précautions sont à prendre pour répondre à une telle question. Ces dernières doivent se fonder sur deux choses :
une analyse lucide de l'Histoire,
une analyse lucide de la situation présente.
Il est évident que l'Histoire ne se reproduit pas, ne serait ce que parce que les situations et conditions ne sont jamais les mêmes. Donc, toute assimilation d'une période avec une autre est erronée, même si des similitudes existent. C'est ce qui explique, on le comprendra, qu'il faille utiliser le terme de fascisme avec la plus extrême prudence.
Quelles sont, brièvement, les caractéristiques essentielles du fascisme :
un pouvoir fort
un populisme outrancier,
la négation des conflits sociaux et une brutalité dans leur
gestion.