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Plus ça va, et plus j'ai le sentiment que nous ne vivons pas dans une démocratie mais dans une dictature. "Mais une dictature, c'est l'arbitraire quotidien, un régime policier, le sang qui coule !", ne manqueront pas de m'objecter ceux qui en sont restés aux images d'Epinal.
C'est pourquoi j'affinerai mon propos en disant que nous vivons dans une dictature "douce". Ou, si on trouve l'expression encore trop forte, une démocratie molle, molle au point de se couler dans n'importe quel moule non démocratique. Le peuple aimerait que l'on change le taux de TVA sur certains produits, que l'on baisse le prix des carburants, défende l'intérêt général ?
"On voudrait bien", répondent nos politiques, "mais Bruxelles ne veut pas !" (soixante-huit ans après l'appel du 18 juin, marrant, non ?) Les Français, les Hollandais, les Irlandais refusent le traité sur l'Europe ? "Il faut les faire revoter ou supprimer les référendums", entend-on chez les intellectuels ou dans les médias.