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Delfeil de Ton, aux premières loges, vous montre par quel miracle «Charlie-Hebdo» est tombé dans des mains indignes et comment «le petit monsieur Val» a pu «foutre à la porte le grand monsieur Siné».
«Dans notre monde libéral, les idées finissent toujours par appartenir à ceux qui ne les trouvent pas.» Cette sentence est de M. Philippe Val, penseur contemporain.
Elle figurait en couverture du premier numéro de «Charlie-Hebdo» nouvelle manière lorsque parut sous ce titre, en juillet 1992, un journal qui prétend poursuivre l'ancien, «le vrai», comme disent beaucoup de lecteurs, lequel avait cessé de paraître en 1981. Le titre n'appartenait à personne, il n'avait jamais été déposé là où se dépose la propriété industrielle et commerciale. La poignée de gens qui l'avait fait, moins d'une dizaine, dont je faisais partie, se souciait de faire un bon journal, c'est-à-dire un journal qui les faisait rire. Notre ambition était de rire, de faire rire, et d'en vivre. On n'allait pas voir plus loin. On était des humoristes contemporains.