Rassembler une majorité de réformateurs progressistes :
- parmi des dizaines de millions de personnes parlant la même langue et partageant depuis longtemps la même communauté de destin, le tout dans des institutions qui laissent encore un peu de
pouvoirs aux élus ?
- ou parmi des centaines de millions de personnes parlant des langues incompréhensibles et ne partageant volontairement pas encore grand chose de concret, le tout dans des institutions qui ne
laissent aucun pouvoir aux élus ?
Sandy,
Vous dites : "Si effectivement l'urgence fait que nous devrions dès demain nous débarrasser de ces institutions et mettre en place des institutions démocratiques, si cela ne tenait qu'à moi ce
serait déjà fait, mais malheureusement nous devons composer avec des millions d'autres personnes, et il est irréaliste de croire que nous pouvons changer quoi que ce soit en claquant des doigts, ça
prendra forcément du temps, beaucoup de temps malheureusement."
Je vous fais remarquer, Sandy, que votre proposition demande de convaincre des CENTAINES de millions de personnes (480 millions
d'européens), alors que ceux qui veulent reprendre le combat démocratique à une échelle humainement accessible n'ont à convaincre que quelques DIZAINES de millions de personnes.
Arithmétiquement, déjà, ce devrait donc être dix fois plus facile dans un pays que sur un continent.
En plus, et c'est loin d'être un détail, ces quelque dizaines de millions parlent la même langue et partagent des tas d'intérêts depuis longtemps.
Il me semble que, en termes de difficulté, projet contre projet, il n'y a pas photo : l'un est impossible, alors que l'autre est imaginable. Aucun n'est facile, je vous l'accorde.
De plus, je vous rappelle un point cardinal auquel vous n'avez pas donné sa juste importance, à mon avis : c'est la procédure de révision des institutions, inaccessible au niveau européen,
accessible au niveau national.
Votre argument : vous avez remarqué récemment que les États violent certaines dispositions des traités pour faire face à la tourmente financière, et vous en déduisez que les traités ne sont plus
verrouillés comme avant, et que les citoyens vont donc enfin pouvoir changer les institutions à leur avantage.
Pour le dire gentiment, je trouve vos déductions exagérément optimistes.
[Synthèse : ce sont les exécutifs qui écrivent les propositions de révisions et qui, de surcroît, les font valider sans référendum, c'est-à-dire sans les peuples concernés, c'est à pleurer. Comment
voulez-vous changer quoi que ce soit dans ce cadre-là ?]