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Le troisième décès lié à l'usage du Taser en Australie a relancé la controverse sur la dangerosité de cette arme de neutralisation momentanée, également
utilisée par des gendarmes de Genève
depuis avril dernier.
Les vraies circonstances de la mort d'Antonio Galeano, 39 ans, lors de son interpellation par deux officiers de police du Queensland, près de Townsville, le 12 juin dernier, n'ont été dévoilées
qu'hier. Dans un premier temps, la police de cet Etat avait indiqué que l'homme était décédé après avoir reçu trois chocs électriques de cinq secondes.
Hier, le responsable de la police du Queensland reconnaissait qu'il s'agissait de fausses informations. En fait, le compteur des armes indique qu'elles ont été activées 28 fois, durant près de
deux minutes.
La direction de la police connaissait cet élément depuis lundi, mais elle ne l'a publiquement reconnu qu'après les révélations de la presse. Une enquête de la commission éthique de la police du
Queensland a été diligentée. Et les Taser resteront au placard jusqu'à ses conclusions.
Cette affaire a pris une ampleur nationale lorsqu'un officier confiait que la police de l'Etat n'avait aucune directive concernant le nombre d'impulsions autorisées par intervention. Terry O
Gorman, un avocat qui préside le conseil australien des libertés civiles, a alors demandé une enquête indépendante sur l'utilisation du pistolet Taser par la police dans toutes les juridictions
d'Australie.
Une bataille d'experts s'est une nouvelle fois engagée sur le sujet. Pour le professeur Julian Bondy, «cette tragédie rappelle que les armes dites non létales peuvent conduire à une issue
mortelle». Le Dr Anthony Bleetman, consultant britannique, précisait lui «que certains types d'individus drogués, malades psychiatriques (notamment) présentent des risques. Mais pas plus avec le
Taser qu'avec d'autres moyens d'intervention.»
Pour Philippe Brandt, porte-parole de la police genevoise, cette tragédie causée par 28 impulsions au Taser paraît «surréaliste». Il souligne que «l'utilisation des trois Taser par le groupe
d'intervention genevois formé à cette arme est très encadrée, sur des critères de procédure très restrictifs»