Blog de liens divers . Quelques commentaires de temps en temps .
Commentaire de Guénaël dans le dernier billet de SuperNo
Allez, sinon,
encore deux trucs “drôles” :
http://www.telerama.fr/idees/le-juge-serge-portelli-la-justice-francaise-est-en-danger,69565.php
Nous sommes face à un discours catastrophiste qui monte en épingle les menaces que font peser divers types de criminalité. Alimenté en boucle
par la télévision, il est relayé au plus haut niveau de l’Etat. Chaque fait divers, chaque victime sont instrumentalisés pour susciter la peur. La sécurité devient l’enjeu majeur, comme l’ont
montré les dernières campagnes électorales. Loin de moi l’idée que le souci de sécurité soit négligeable. Mais dans l’équilibre entre sécurité et liberté, je pense, contrairement aux tenants de
l’idéologie sécuritaire, que la liberté doit être première. Cette hiérarchie est la condition même de la démocratie. Car si vous mettez la sécurité avant tout le reste, vous allez mettre en
place un système de répression féroce, répondre au moindre acte de délinquance et y répondre tout de suite, sans chercher de circonstance atténuante.
[…]
Vous dites « on commencera » par les récidivistes… Qui vient après ?
Tout le monde ! Parce qu’en bonne logique sécuritaire, si vous voulez vous prémunir contre tous les dangers, le système judiciaire classique n’est pas assez performant : il ne met les
délinquants hors d’état de nuire qu’une fois qu’ils sont passés à l’acte. Il faut donc prendre des mesures pour qu’ils soient mis à l’écart avant ! Et donc repérés le plus tôt possible. Et
l’on en vient au fantasme de la détection précoce de la criminalité. Que l’on découvrait à la lecture du rapport Bénisti, déposé en 2004-2005 par un groupe d’études parlementaire ou du rapport
de l’Inserm de septembre 2005, tous deux consacrés aux troubles chez le petit enfant « annonciateurs » de comportements délinquants à l’adolescence. L’être « dangereux »
devient l’ennemi et il faut le sanctionner comme tel. Ce n’est pas seulement un basculement juridique ou judiciaire, mais de civilisation. Et fondé évidemment sur le charlatanisme à base de
psychiatrie dévoyée, de criminologie hasardeuse, de psychologie de bazar, de droit frelaté. La nouvelle « science » sécuritaire rappelle certains délires du XIXe siècle, comme la
fameuse théorie du « criminel-né » de Cesare Lombroso.
[…]
Je pense beaucoup, en ce moment, aux années 1930, à ces années grises… L’obsession sécuritaire peut déboucher sur une catastrophe. Le cycle
présent de l’histoire ne ressemble hélas pas à celui de l’après-guerre. Il y avait alors un élan, une soif de découverte, d’ouverture, de confiance dans l’humanité. Depuis quinze ans, outre le
basculement économique, nous vivons un basculement idéologique, on a l’impression d’un monde qui se recroqueville, des peurs surgissent de partout, des murs, des frontières, le populisme gagne,
les mouvements d’extrême droite prospèrent. Mais je ne suis pas pessimiste, je me bats, comme beaucoup d’autres, pour les valeurs humanistes. Il faut maintenir la flamme : c’est fragile, la
démocratie.
Ces cinglés qui veulent nous soigner sans notre consentement :
http://lesactualitesdudroit.20minutes-blogs.fr/archive/2011/05/10/ces-cingles-qui-veulent-nous-soigner-sans-notre-consentement.html
1984, nous voilà !