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Le sénat s'apprête à voter cette réforme injuste sur les retraites qui s'ajoute à tout un tas de régressions sans précédent dans ce pays, au nom d'une évidence démographique qui n'a en fait, rien d'évident: à voir les conférences de Bernard Friot , à lire du même auteur sur le Monde Diplo: Retraites, un trésor impensé .
De toutes les façons, voilà! Y'en a mare de ces évidences néolibérales qui justifient toutes les horreurs économiques et sociales. Y'en a mare de ces évidences néolibérales qui sacrifient nos droits et nos acquis, aux marchés! Y en a marre de ces évidences néolibérales qui décrètent la fin de l'histoire et te distillent le désespoir en te faisant croire qu'il n'y a pas d'autres alternatives. Y en a mare de ces évidences néolibérales qui sont en train de nous péter à la tronche dans une gigantesque crise protéiforme. Y'en a Mare! Merci Leo!
L'heure du bilan est venu, car l'ogre néolibéral ne va pas se satisfaire de notre retraite, il va engloutir tous nos services publics, tous nos impôts, tous nos droits et se rassasier de la moindre parcelle de solidarité. Ce bilan, si vous le cherchez, vous pouvez le trouver sur le Web, porté par des individus, au regard singulier, impossibles à classer sur un seul bord du spectre politique, mais contribuant à créer une certaine dynamique anti-système.
Des individus singuliers, comme Maurice Allais, notre unique prix Nobel Français d'économie qui vient de casser sa pipe: Marianne raille d'ailleurs ici dans: le testament de Maurice Allais, l'hommage unanime que lui rend la classe politique: cet économiste "quasi-ignoré de son vivant, qui depuis le début des années 80 s'interrogeait sur la régulation de l'économie, le rôle dangereux des traders, la modération des écarts salariaux et prônait un protectionnisme raisonnable."
Revenons à cette réforme des retraites qui intervient dans un contexte curieux, où les agences de notation, aveugles pour la crise des subprimes provoquée par les banques, menacent certains états fortement endettés (pas tous), dont la France. Mais d'où vient leur dette, et comment est-elle constituée ? Ce mois d'Octobre, 5 économistes atterrés, au regard singulier nous éclairent à ce propos;
"L’explosion récente de la dette publique en Europe et dans le monde est pourtant due à tout autre chose : aux plans de sauvetage de la finance et surtout à la récession provoquée par la crise bancaire et financière qui a commencé en 2008 : le déficit public moyen dans la zone euro n’était que de 0,6% du PIB en 2007, mais la crise l’a fait passer à 7% en 2010. La dette publique est passée en même temps de 66% à 84% du PIB." --> Le manifeste des économistes atterrés
Ce manifeste fait également entendre une petite musique qui rond avec la pensée unique et le fatalisme sectaire qui voudrait qu'il n'y ait désormais qu'une seule manière de voir et d'agir, celle que nous impose la bande de ploutocrates, installés sur leur siège à Bruxelles, à Paris ou ailleurs. Il nous propose d'en finir avec les fausses évidences dans un argumentation qui s'énonce clairement et reste de toute façon moins simpliste que l'éternel : il n'y a pas d'autres solutions":
Pour avoir définitivement le vertige, il faut remonter à l'origine de la dette actuelle, avec une loi établie en 1973 (l'article 25 de la loi du 3 janvier) sous Giscard/Pompidou, stipulant et je reprend un commentaire de Alcide sur le billet La chute: Singapour -19% que "Le trésor public ne peut être présentateur de ses propres effets à l'escompte de la Banque de France". Ce qui signifie que notre pays s'est interdit de permettre à la Banque de France de financer le Trésor Public, c'est-à-dire de créer la monnaie dont il a besoin pour son développement (écoles, routes, ponts, aéroports, ports, hôpitaux, bibliothèques, etc.). Et le traité de Maastricht a entériné pour l'Europe cet état de fait par l'article 104 (repris par l’art. 123 du traité de Lisbonne) qui précise " Il est interdit à la BCE et aux banques centrales des États membres, ci-après dénommées "banques centrales nationales", d'accorder des découverts ou tout autre type de crédits aux institutions ou organes de la Communauté, aux administrations centrales, aux autorités régionales ou locales, aux autres autorités publiques, aux autres organismes ou entreprises publics des États membres; l'acquisition directe, auprès d'eux, par la BCE ou les banques centrales nationales, des instruments de leur dette est également interdite."
Les 2 schémas ci-après proviennent du site suivant http://monnaie.wikispaces.com/Arnaque, qui fournit une analyse et des chiffres édifiants montrant que la dette découle "mathématiquement" des décisions de 1973, de l'article 104 de Maastrich, etc et . Pour eux, "il n’y a aucun doute que les intérêts payés sont la cause de l’augmentation de la dette et du niveau atteint actuellement, et s’il n’y avait pas eu d’intérêts à payer la dette publique aurait représenté fin 2009 quasiment la moitié du pourcentage en part de PIB qu’en 1979, après une dette quasi nulle en 2007."

On trouve de telles analyse sur le site http://etienne.chouard.free.fr/ .
Mais du côté des évidences néolibérales, il semble naturellement évident que si on n'avait pas pris ce type de mesure, les conséquences eussent été plus désastreuses encore (inflation, taux d'intérêt, etc.). Or avec des si on mettrait Paris en bouteille, comme dit la chanson...
Regardons plutôt si la propagande de l'époque n'a pas un peu vieillie, pris un chti coup dans l'aile? Vous savez cette époque où on vous vendait l'Europe, à tour de bras, comme la terre promise. Je vous conseille, alors l'excellente rétrospective de François Asselineau (qui n'est pourtant pas vraiment un cousin au plan politique). Rappelez-vous:
Il semble que Jean-Luc Mélanchon ait écrit un livre bilan allant dans le même sens, dont le titre me servira de conclusion, pour cette fois: qu'ils s'en aillent tous!