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lundi 16 juillet 2007 par Jean Dornac (Altermonde)
À mon sens, ceci n’est pas dû au hasard ! Ce qui n’est pas non plus du hasard, c’est que toutes ces réformes sont toujours régressives ! Les « élites » politiques, médiatiques, tout comme les experts en tout genre, ont beau nous dire que ces réformes vont dans le sens du progrès, nous ne pouvons pas les croire, du moins si nous sommes un peu lucides. Ils oublient toujours de préciser à destination de qui ce « progrès » doit être réalisé…
Or, à regarder de près les « réformes » réalisées depuis bientôt une trentaine d’années, « réformes » dont le rythme ne peut que s’accélérer depuis les dernières présidentielles, le « progrès » prôné par ces soi-disantes élites consiste toujours à rogner sur les droits et libertés si chèrement acquises par les peuples. Et ceci pour l’unique avantage d’une bien petite caste de puissants… Exemple très récent : 13,5 milliards d’euros offerts aux plus riches contribuables avec la « réforme » du « bouclier fiscal » et seulement 25 millions d’euros généreusement « offert » aux plus pauvres…
« Ils », ce sont George W. Bush, Nicolas Sarkozy et Benoît XVI. Il est remarquable de constater que leurs volontés et
programmes politiques, même pour le pape, sont semblables. En filigrane, que constatons-nous dans ces programmes imposés aux peuples ? Nicolas Sarkozy, vers la fin de la campagne
électorale l’a très bien résumé :
« Il faut en finir avec l’héritage de mai 68 » !
Presque 40 ans après, les conservateurs, qu’on peut aussi nommer les « traditionalistes », qu’ils soient politiques ou religieux, n’ont toujours
pas digéré cet élan de liberté qui a secoué de nombreux pays et la France en particulier, de même que l’Eglise catholique qui a connu un concile la projetant un peu moins loin de son époque,
autrement dit l’ayant sorti de son isolement moyenâgeux.
Ces néoconservateurs, politiciens comme religieux, ont tout tenté depuis cette époque : Ils ont criminalisé le mouvement ; ils l’ont fait passer pour
l’œuvre de l’extrême gauche, des trotskistes et des maoïstes, hé oui, il fallait bien effrayer le bon peuple, celui qui ne bouge jamais ; ils ont, peu à peu, corrompu nombre d’étudiants
révoltés par des postes alléchants, des salaires mirobolants et pour certains, la direction de grands médias. Au final, combien reste-t-il de véritables soixante-huitards purs,
aujourd’hui ? Pas grand monde, assurément… Mais il en reste…
En revanche, nos traditionalistes en politique, ont bien réalisé que si les révoltés se sont massivement « rangés » et assagis, voire ralliés pour certains d’entre eux, le besoin de justice, de droit, d’acquis sociaux reste présent dans l’esprit des foules. Surtout, chez bien trop de Français, la volonté de liberté domine encore toujours la pensée. Certes, les dernières élections présidentielles semblaient affirmer le contraire, mais le deuxième tour des législatives, aussi peu significatives que peuvent être des élections à l’époque du vote électronique, montre que le « mal », c’est-à-dire l’abandon de la liberté, n’est pas aussi profond que nous aurions pu le craindre après le deuxième tour des présidentielles.
Mais il est bien évident que l’équipe au pouvoir en France pour cinq ans au minimum ne va pas perdre son temps. Elle va voter, dès cet été, au parlement, une importante série de lois et de projets hautement régressifs.
En fin de compte, que signifie réellement ce vent de réformes régressives ? On peut le résumer ainsi comme si cela sortait de la bouche d’un traditionaliste néoconservateur s’adressant aux citoyens : « Vous avez eu 40 ans pour rire, pour entretenir l’illusion que vous pouviez être libres et vous passer de nos lois. C’est fini ! À présent, vous obéirez comme tous les peuples ont dû le faire depuis toujours ! »
Cette phrase en italique résume bien, je le crois, les volontés de Bush, Benoît XVI et Sarkozy. Ces trois personnages et leurs alliés qui sont aussi leurs
complices, n’ont qu’une volonté :
Reprendre les peuples en main !
Je crois que cette question n’a presque pas de sens tellement on voit l’intérêt des néoconservateurs de reprendre en main les peuples. Que nous reprochent-ils ?
Il faut donc nous reprendre en main pour nous signifier que :
On l’aura compris, même si certains peuvent considérer que je caricature la réalité, mais alors qu’ils me le prouvent, ce que je viens d’écrire, c’est l’esprit de l’idéologie néoconservatrice et ses « réformes » régressives. Cette mentalité, c’est déjà ce que vivent les Américains depuis que Bush junior, par le trucage des élections en l’an 2000, a pris le pouvoir. Et, je n’en doute pas une seconde, c’est ce que les Français vont vivre dans les prochaines années sous la poigne des néoconservateurs d’ici.
Parce que j’ai la pénible impression que le pape actuel a vraiment la nostalgie des temps passés, des époques où l’Eglise jouait à égalité avec les rois et les empereurs, voire leur donnait ses ordres.
Le retour au latin pour certaines messes serait risible s’il ne constituait pas un cadeau à tout ce que l’Eglise comporte d’intégristes, de traditionalistes et de passéistes. Pour ceux-là, l’Eglise doit régner sur le monde, mais sur le monde entier, catholique ou pas. Pour ceux-là, il n’y a pas « proposition de foi », mais « imposition et obligation de croire ». Le pape a fait largement écho à cette mentalité lorsque, en Amérique Latine, il a osé dire que les peuples indiens avaient toujours attendu « le Christ » mais sans le savoir ! Il faut oser le faire, il faut oser aller si loin dans la mauvaise foi…
À présent, le cardinal responsable de la doctrine au Vatican, reprenant l’idée ou le texte de son prédécesseur Ratzinger, devenu Benoît XVI, affirme que seule l’Eglise catholique représente réellement et complètement le Christ. On pourrait penser à des chamailleries de gamins mal élevés, mais c’est plus grave que ça. Pour de telles idées de suprématie dans la représentation de Dieu, il n’y a pas si longtemps, les peuples européens s’étripaient… au nom de l’amour de Dieu…
C’est donc, là encore, le même principe de « réformes régressives » qui est en œuvre. Et toujours pour posséder la plénitude du pouvoir, et toujours pour reprendre les peuples en main. Je pense que cette volonté de reprise en main que tente d’imposer le Vatican, en tout cas dans un pays comme la France, est vouée à l’échec. Sauf si, bien sûr, Sarkozy donne un sérieux coup de main à Benoît… Ce qui n’a rien d’impossible. Leurs intérêts sont communs au-delà de quelques nuances.
On peut résumer ce que sont les réformes de ces messieurs et de leurs complices :
Bush, Sarkozy et Benoît XVI sont les dignes représentants des néoconservateurs mondiaux, et de féroces soutiens d’un capitalisme de fer. Ceux-là n’hésiteront devant nulle guerre, nul acte odieux pour imposer leurs lois.
Jean Jaurès est toujours d’actualité lorsqu’il écrivait :
« Au fond du capitalisme, il y a la négation de l’homme » C’est une citation qui s’applique parfaitement aux trois personnages cités ; elle n’a pas pris une
ride…
Citation extraite de « La morale et le socialisme », de Jaurès. (N- de l’Éd., Albin Michel)