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27 février 2011 7 27 /02 /février /2011 02:36

Le FMI, l'inquisition néolibérale

et le grand inquisiteur DSK


 publié le 19 févr. 2011 23:24

 

par Sybille  

 

[ mis à jour : 23 févr. 2011 02:28 ]

Au nom de la rigueur budgétaire, voilà que la sainte inquisition néolibérale, le FMI,  s’arroge partout en Europe le droit de sacrifier les sociétés sans tenir compte de la volonté de ses peuples. A l'heure où son directeur est pressenti pour un destin plus national, il me semble raisonnable sinon nécessaire de remettre en perspective, l'histoire, le rôle et finalement les résultats obtenus par cette institution supra nationale, un peu partout dans le monde.
SUITE
https://sites.google.com/site/sybillerev/revue/FMI1102

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16 janvier 2011 7 16 /01 /janvier /2011 11:45
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30 décembre 2010 4 30 /12 /décembre /2010 21:19

 

 

 

 

Quand l'Utopie Fleurit

 

 

 

aussi sur la Rouille .

 

 

 Sybille .  Décembre  2010

 

 

J'ai voulu fouiller au coeur de nos ruines post-modernes pour voir si par hasard, il n'y avait pas quelques trésors cachés.
SUITE...

https://sites.google.com/site/sybillerev/revue/lutopiesurlechemin

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5 décembre 2010 7 05 /12 /décembre /2010 01:32

 

 

 

*...Ah, les mots, les mots! Quand j'étais petite, il y avait des mots super gores, des mots qui fichaient la frousse, comme Nazisme, Fascisme, Communisme, Terreur, Dictature! Puis peu à peu, sans crier gare, mon dictionnaire des mots à bannir s'est curieusement étoffé avec des expressions et des mots, banals, mais qui font mal, comme Réforme, Modernisation.  Comme le souligne ici Mélanchon ,"Il faut bien prendre la mesure de la perversion du langage qui s’est opérée avec la contre-révolution libérale. Le mot “réforme”, qui avait une connotation progressiste, est aujourd’hui synonyme de régression. On l’a encore constaté avec la réforme des retraites. Le mot “modernisation” est utilisé comme porte d’entrée d’un vocabulaire et d’une syntaxe dont on connaît les grandes articulations : flexibilité, allègement… Ces mots sont d’ailleurs empruntés au vocabulaire de la gymnastique, pour donner une tonalité harmonieuse à des pratiques de brutalité sociale."


  * Il y a aussi, tous ces mots douteux Murs, Frontières, Nationalisme qui renvoient négativement les uns aux autres. Ainsi, ce qu'on reproche au nationalisme, ne serait-il pas plutôt l'effet des crispations et des replis identitaires qui ne sont absolument pas résolus par la mondialisation? Les élections en côte d'ivoire sont d'ailleurs assez instructives de ce point de vue en soulignant la dichotomie qu'il y a entre 2 notions distinctes, le territoire civique, censé être espace de légitimité où peut s'exercer la souveraineté du peuple et le territoire symbole identitaire qui renvoie à d'autres concepts  :   Alassane Ouattara, visage de la crise identitaire en Côte d'Ivoire.

Ailleurs, cette dichotomie est également parfaitement illustrée dans ce qui distingue les murs des frontières.  Depuis la chute du mur de Berlin, on notera que la marche forcée de la mondialisation en a fait surgir plein d'autres, d’Israël à la Californie en passant par Chypre et les faubourgs de Padoue:  "les murs d’aujourd’hui, et tout particulièrement ceux qui sont érigés autour des démocraties, produisent nécessairement des effets intérieurs : leur dehors devient leur dedans.   "C’est l’affaiblissement de la souveraineté étatique, et plus précisément, la disjonction entre la souveraineté et l’État-nation, qui a poussé les États à bâtir frénétiquement des murs." ” Sur Article 11: Tiré de l'essai de Wendy Brown.

Ainsi, parce que nous ne sommes plus à un paradoxe près, peut-on être à la fois pro-mur , pro mondialisation (ALENA, le mur Mexicain), à la fois  flexible sur les questions de légitimité du pouvoir (Europe, Gouvernance Mondiale)  et en même temps tout à fait opposé au protectionnisme des états-nations délimités par leurs frontières.  Regis Debray inverse ce paradoxe dans son "éloge des frontières": « On confond les frontières et les murs. Les frontières sont un vaccin contre les murs. Elles permettent le va-et-vient » Vu dans un billet du Yéti. La frontière comme remède à la tendance très en vogue du repli identitaire?


 * Mais comment une partie de notre vocabulaire a t'elle pu basculer incidemment du clair à l'obscur? Ainsi en va t'il de la démocratie dont l'exercice actuel, perso, me fait plus que douter! Idem pour les notions de légitimité politique en l'absence de contre pouvoir (Europe, souveraineté des marchés, des agences de notation), Idem pour la justice soudain noyée par une inflation (sans jeu de mot) de judiciarisation, Idem pour la réalité qui se cache désormais sous une tonne d'artefacts virtuels (économie réelle, chômage réel, croissance, dette publique).

Or, la perte progressive du sens des mots entraîne aussi, mécaniquement, cette sorte de confusion ambiante qui s'amplifie progressivement. Les idées ne peuvent plus s'exprimer aussi aisément. C'est ainsi que j'interprète cette nouvelle manie, que vous aurez sûrement repérée, consistant à mettre toutes les expressions entre guillemets que nous singeons avec nos mains levées! Ne sachant plus trouver les mots justes, nous sommes de plus en plus nombreux à adopter ces postures ridicules, dignes des chansons à geste pour gosses, comme des marionnettes: ainsi font font font...  et des guillemets par ci, des guillemets par là!


*Pour illustrer la confusion du moment, l'affaire des fuites wikileaks est un cas d'école, de par l'incohérence des propos qui sont tenus dans tous les faux débats qui fleurissent ces jours-ci:

  • J'ai failli étouffer de rire en entendant s'exprimer Hubert Védrine au micro de France Inter, (ici pour l'écouter) dans une rhétorique authentiquement Orwellienne;  "la transparence, c'est la dictature" affirmait-il, carrément! C'est presque aussi beau qu'un slogan Big Brother: "La guerre c'est la paix, la liberté c'est l'esclavage, l'ignorance c'est la force"!
  • D'autres commentateurs, sans aucun doute, grands clercs de philosophie, cherchent à nous convaincre par d'obscurs raisonnements que la confiance est bien mieux  servie par  la dissimulation systématique de la vérité ???
  • D'un côté on nous dit que les infos diffusées n'apportent aucun scoop, de l'autre au contraire qu'elles mettent en danger la diplomatie ???  
  • Lorsqu'on est à court d'arguments, on peut toujours se défouler sur Assange, et s'amuser à lyncher "le violeur" (les guillemets marque ici la présomption d'innocence) le plus recherché de tous les violeurs sur la terre France soir!
  • Ou mieux encore, on peut en profiter pour censurer le Web, histoire de provoquer une jurisprudence (Une idée pour fermer Mediapart qui exploite des sources tout aussi secrètes dans l'affaire Betancourt, Karachi) , Eric Besson, le retour!

Loin de tout ce vain tapage, je vous propose de consulter dedefensa, qui nous livre dans ce billet par exemple, une analyse oblique de l'événement, montrant (attention, je vais oser un double néologisme), comment le système "décohère" la réalité en même temps qu'il "incohère" son substitut virtuel:   "Le chapitre ouvert par cet épisode des fuites est celui d’une accentuation extrême de l’incertitude de la perception de la réalité, et cela par la mise en cause fondamentale des moyens les plus essentiels de cette perception de la réalité. Ce que nous montre l’affaire des fuites Wikileaks, c’est effectivement que la masse d’informations, le contrôle souvent défectueux et contreproductif de ces masses d’information, le caractère absolument relatif de ces informations avec les multiples interventions de déformation, la masse des émetteurs d’informations avec les centres d’intérêts divergents dont ils dépendent, enfin les fuites massives couronnant le tout, en sont arrivés à une situation d’absolue absence de contrôle ."

 

 * Au fait, aviez-vous seulement remarqué comment notre novlangue s'enrichit tous les jours, avec des oxymores ignobles et d'une violence inouïe pour les peuples ?

J'avais commencé à les remarquer à l'époque des "frappes chirurgicales"; ils sont revenus en force récemment avec la "reprise sans emploi" et maintenant, avec  le "sauvetage  de l'Irlande" contre les Irlandais - évoqué le plus souvent sans guillemets -. En 2008/2009, l'usage de cette expression était encore acceptable, à propos des banques effectivement sauvées parce qu'elle n'avaient pas les moyens d'assumer les risques qu'elles avaient pris avec les subprimes. Ce terme est dorénavant aussi inapproprié qu'inacceptable! Quand les banques dissolvent les parlements :"La faillite du « tigre celtique » fait apparaître au grand jour la morale de la « crise de la dette » : privatisation des profits, socialisation des pertes.... le « tigre celtique » a figuré comme un véritable modèle ; fondé sur une imposition minimale des sociétés (donc « compétitif »), des dépenses publiques au compte-goutte (le propre d’une administration « moderne ») ainsi que sur une financiarisation débridée de son économie, ce parangon de modernité s’est finalement avéré être un modèle… de fragilité "

 *Cette violence intolérable m'emporte malgré moi vers d'autres oxymores , "Désir de no futur", "Utopie du chaos libérateur", et pourquoi pas "Rêve d'apocalypse"? 


  • Par exemple, vous savez quoi?  Cantona m'est de plus en plus sympathique! J'aimais déjà bien son côté footballeur poète rebelle et je ne crache pas sur le Canto révolutionnaire, dont l'appel du 7 décembre sonne comme un programme  "Désir de no-futur" dont les vertus insurrectionnelles sont pourtant loin d'être garanties contrairement à ce qui nous est mentionné par ex sur @si: "Cantona pense faire la révolution sans violence en effondrant les banques. Mais c’est qu’il n’a pas idée des violences du chaos matériel qui suivrait. (...) Toutes les insurrections ne se valent pas.". Comment un acte ponctuel, pourrait-il être décisif sur des pratiques bancaires récurrentes (salaires, allocations,  impôts, etc...)?

  • Je cite régulièrement le site de dedefensa pour la finesse de ses analyses critiques, et moins souvent sur son versant créatif que je veux bien lire comme une utopie du chaos libérateur:   le but de l’“insurrection” ne doit pas être, n’est pas de “prendre le pouvoir” (c’est-à-dire le système, bien sûr), mais de “détruire” le pouvoir (le système). Il n’est même pas intéressant de l’“affaiblir” avant de le frapper, ce pouvoir, mais, au contraire, de le frapper pour le détruire alors qu’il est au faîte de sa puissance… Car il est au faîte de sa puissance et le restera, y compris et surtout en conduisant lui-même son processus d’autodestruction, – plus il est puissant, plus sera puissant son processus d’autodestruction, – cela, à l’ombre d’une autre contradiction qui caractérise sa crise terminale : plus il est puissant, plus il est impuissant
    .....
     La pression de l’“insurrection psychologique” des peuples doit agir sur elles pour affaiblir leur “dépendance” psychologique du système, pour subvertir leur démarche de soumission et leur position d’asservissement, – en vérité, et j’ironise à peine, pour les libérer, rien de moins... C'est ici

  • Enfin, j'ai découvert Jean Pierre Dupuy dans "La marque du sacré", Commenté par le yéti, en 2009 qui débute ainsi: " J'ai l'intime conviction que notre monde va droit à la catastrophe. Le chemin sur lequel s'avance l'humanité est suicidaire. Je parle de la catastrophe au singulier, non pour désigner un évènement unique, mais un système de discontinuités, de franchissement de seuils critiques, de ruptures, de changements structurels radicaux qui s'alimenteront les uns avec les autres, pour frapper de plein fouet avec une violence inouïe les générations montantes."  Il illustre son propos par l'énoncé des catastrophes écologiques, nucléaires, biotechnologiques, en même temps qu'il démystifie les formes de rationalité moderne qui nous empêcheraient de voir l'ampleur des dégâts. Sa thèse est originale, une sorte de rêve d'apocalypse, qui nous presse de regarder en face la dimension apocalyptique de notre époque plutôt que de chercher à la fuir toujours, parce que c'est le seul moyen d'échapper, in fine, à la catastrophe finale.

Dans la série des oxymores, pourquoi pas un petit dernier pour la route? J'assume ici un certain "extrémisme raisonnable", sachant qu'envisager intellectuellement le chaos est une chose, que le vivre en est une autre qui n'a absolument rien d'exaltant et que le déni comme le nihilisme conduisent toujours à la haine et ne constituent jamais la solution! Un changement de civilisation est pourtant en train de s'imposer à nos consciences: il passera davantage par la refondation du sens des choses, une insurrection des consciences plutôt que par la révolution! Décrypter la novlangue pour retrouver le sens de mots est une 1ère étape...

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25 novembre 2010 4 25 /11 /novembre /2010 17:55

Ma passion du polar a commencé après avoir lu "les dix petits nègres" d'Agatha Christie. Elle ne m'a plus jamais quittée depuis!

 

Commençons par un petit résumé pour vous rafraîchir la mémoire: dix personnes sont conviées sur une île, sans aucun lien entre elles sinon qu'elles ont toutes quelque chose à se reprocher et que toutes périront comme le voulait la comptine:

"Dix petits nègres s'en furent dîner,
L'un d'eux but à s'en étrangler
N'en resta plus que neuf.

Neuf petits nègres se couchèrent à minuit,
L'un d'eux à jamais s'endormit

....

Un petit nègre se retrouva tout esseulé
Se pendre il s'en est allé
N'en resta plus... du tout."

 

Quelques décennies plus tard, je ne sais pas vous, mais moi, cette histoire macabre m'évoque immanquablement nos jeux de télé-réalité télé-virtualité.:

D'après wikipedia, ce type d'émission repose sur cinq éléments :

  • Une présélection des candidats sur leurs profils psychologiques ou leurs personnalités.
  • Un environnement dénudé ne laissant aux participants aucun échappatoire à la confrontation avec les autres candidats.
  • Un système d'élimination par vote des téléspectateurs permettant à la fois de gagner de l'argent et d'impliquer les téléspectateurs qui interagissent avec l'émission afin de s'assurer de leur fidélité. La menace de l'élimination renforce en outre les tensions entre les participants.
  • Les tâches édictées par les organisateurs du jeu permettant de maintenir une activité télégénique et de forcer les candidats à interagir.
  • Le confessionnal destiné à recueillir les votes des participants qui présélectionnent les candidats à l'élimination par les téléspectateurs, et à livrer leurs pensées, leurs sentiments, soulignant ainsi les relations qui se tissent.

 

Toujours dans wikipedia:

"L'individualisme, la trahison, la dévalorisation d'autrui, les atteintes à la dignité et le harcèlement moral font alors partie des règles du jeu puisqu'il s'agit d'exploiter au maximum toutes les faiblesses d'autrui"

 

Drôle de jeu en vérité où le gagnant n'est pas censé être le meilleur d'entre tous, mais juste celui qui aura réussi à éliminer tous les autres. Le gagnant? Quoique! Que devient-il une fois que le jeu est fini et que les lumières se sont éteintes? Comme dans le roman, je crois bien qu'ils sont tous coupables et tous victimes...

 

Or, depuis ma classe de terminale, parce que je découvrais l'horreur du Nazisme dans sa froide et intrinsèque logique d'élimination, je me suis interdit d'adhérer à l'avenir à n'importe quoi qui put être animée par une telle logique et je reste aujourd'hui dans l'incapacité de regarder ce genre de programme, quelque soit le sujet.  Vous allez me dire: Ben si tu fermes ta télé, pourquoi en faire un billet? Vous êtes décidément trop perspicaces! Là n'est pas le coeur du sujet et je vais bientôt cesser de faire la fière, celle qui ne mange pas de ce pain là, etc...

 

Voici donc ma thèse! Comme dans mon polar, nous serions tous coupables et tous victimes en suivant les règles du jeu néolibéral, un jeu de chiffre sans les lettres, un jeu de lettre sans esprit! Le néolibéralisme n’est pas une simple théorie économique, c’est une idéologie totale qui nous soumet tous à sa loi, selon ses propres règles. L'évaluation quantitative à tous les étages de la société est l'une de ses règles du jeu! Elle se présente à nous sous des apparences éventuellement louables et positives (il s'agit souvent d'améliorer la qualité, l'efficacité ou la performance) alors qu’elle est en train de devenir un vaste système d'élimination qui, avant de parvenir à exclure et éliminer un nombre toujours plus grand d’individus esseulés et démunis, parvient à faire de chacun d’entre nous ses complices.

 

Cette thèse devrait parvenir à prendre corps après quelques exemples!

 

Commençons par l'évaluation scolaire:

 

  • Tenez, votre aîné par exemple, est en 3ème et devrait bientôt rentrer au lycée. Vous vous précipitez sur les feuilles de chou qui publient le classement des établissements scolaires. Inquiets,  par le classement obtenus par les lycées publics près de chez vous, vous décidez de l’inscrire dans un établissement privé, très bien coté, car après tout son éducation mérite bien un petit sacrifice! En 2de ou en 1ère , votre gamin est aussitôt jugé sur sa probabilité de réussite au bac et sa capacité à pérenniser les bons classements de l’établissement. Hélas, votre gamin n’a pas un profil totalement rassurant : il bouge toute le temps si c’est un garçon ou elle est bavarde si c’est une fille, il est moyen en tout et fort en rien ou ne travaille pas assez. Bref, il est élu maillon faible d’un établissement qu’il est sommé de quitter avant la terminale pour ne pas prendre le  moindre risque vis à vis du sacro-saint classement. Pas de chance!

 

  • Cette folie de l’évaluation scolaire qui charrie dans son lit, la mort des établissements publics et l'exclusion d'une quantité d'enfants anonymes n’est pourtant rien comparée à la situation des USA: Cf : Le Monde  -->  « Une loi « No child Behind » , votée en 2002 pour remédier aux mauvais classements internationaux de la scolarité, imposait le suivi scrupuleux des résultats des élèves par une série d'évaluations, pénalisait écoles et éducateurs qui peineraient à améliorer la moyenne nationale et promettait de remettre l'école sur pied à l'échéance de 2014. Devant le bilan décevant de cette première vague de réforme, Obama décide d'accentuer l'esprit très conservateur de la loi :  Les Etats , lycées et surtout professeurs sont plus que jamais mis sur la sellette et sommés de rendre des comptes. De leur capacité à fournir, par des données chiffrées, la preuve de l'amélioration du rendement scolaire dépend désormais de la reconnaissance de leur compétence, le niveau de leur salaire et jusqu'à leur maintien dans la profession. » C'est homéopathique en plus, on soigne le mal par le mal! Yes we can!

 

Poursuivons par le management en entreprise:

 

 

  • Vous l'aviez remarqué non? Au boulot, vous êtes devenu un parfait bureaucrate et vous passez un tiers de votre temps à renseigner des tableaux de bords, des bases de données, des ceci, des cela qui se transforment en indicateurs magiques qui finissent eux mêmes sur des panneaux d'affichage, histoire de prouver à vos directions générales que vous êtes sur la bonne voie, que vous avez parfaitement assimilé le processus d'amélioration continue dont on vous rabat les oreilles. Bon ok! vous avez un peu plus de mal à faire votre coeur de métier, mais c'est la rançon de l'efficacité chiffrée. Il faut souffrir pour que votre chef soit bon! Enfin ça c'est quand votre entreprise marche du tonnerre! Imaginons, un truc insensé, style/genre une crise économique qui surgit sans crier gare et aussitôt les fameux indicateurs - qui vous offraient aussi, il faut bien l'avouer, votre part de gratification sonante et trébuchante - se transforment en monstre sadique, façon Exterminator saison 2. La chasse aux maillons faibles peut commencer... Et tant pis pour les malchanceux!

 

Allons au delà, avec la politique du chiffre:

  • Imaginez maintenant votre jeune et charmante nièce qui galère depuis 2 ans de stages sous rémunérés en stages sous rémunérées. La pauvre croit avoir décroché le pompon en ayant dégoté un CDD à Pôle Emploi où elle se retrouve directement à gérer un portefeuille de 120 demandeurs d'emploi, soit le double du nombre raisonnable estimé.  Horreur malheur, elle n'était pas préparée à la politique du chiffre, aux objectifs intenables et se trouve totalement dépassée par la réalité du chômage. Le comportement violent de certains de ses "clients", lui donne parfois des envies: Celui-là je te le ferai bien passer dans la case chômeurs découragés! Au bout de quelques mois, elle est à bout, elle hésite entre le prozac et écrire un bouquin: Ouf, soufflez! Elle a fini par écrire son bouquin: Pôle Emploi symbole du mal être social

  • Normal cette situation: la mission de la BCE c'est la lutte contre l'inflation, préserver la notation des agences, celle de l'état. Il faut bien qu'il y en ait qui s'y colle: si en plus on peux les rendre responsables de la situation, c'est encore mieux!  De fait, on a 2 responsables pour le prix d'un: le chômeur d'être ce qu'il est, surtout si ça dure et l'agent de Pôle emploi s'il est incapable de lui trouver une solution. Ce dernier, ayant l'avantage d'être un bouc émissaire idéal qui peut se prendre les baffes en direct lorsque ça dégénère.

 

Terminons avec l'évaluation des politiques publiques

  • J'avais oublié de vous le dire, mais vous habitez la campagne (si si, j'insiste). Totalement impuissant, vous constatez depuis 10 ans,  les suppressions de services publics, les fermetures des guichets (maternité, agences postales, bureaux de la sécurité sociale, etc.), les défauts de la couverture numérique, du déploiement des fibres optiques, des antennes mobiles (TNT, ADSL), les valses quant aux implantations des administrations territoriales (tribunaux par ex)! Et bien c'est très simple, vous êtes tout simplement devenu le maillon faible de la politique publique!
  • "A l’évaluation pluraliste des programmes gouvernementaux s’est par la suite substituée une politique initiée au début des années 2000par la Commission européenne dans le cadre de la Stratégie de Lisbonne et de la Méthode ouverte de coordination (MOC). Cette nouvelle orientation privilégie la production d’indicateurs de « performance » ou de « résultats » inspirés des théories du New Public Management censés rendre compte de la globalité de l’action publique . Le « Benchmarking » (étalonnage), c’est à dire la mise en concurrence des ministères et les États entre eux, remplacent aujourd’hui l’évaluation transversale et pluraliste. "  Extrait d'un texte paru le 20 octobre à l'occasion de la journée mondiale de la statistique 

Donc, l'évaluation quantitative envahit tous les secteurs de la société. Mais avec quels résultats?

 

  • Une bureaucratie et des résultats à la hauteur des politiques et des plans quinquennaux soviétiques!
  • Un mal-être sociétal en forte croissance  (aux USA, 20% des adultes et 50 % des ados présentent des troubles psy graves ou sérieux sur dedefensa)!
  • Un virtualisme qui se nourrit de ces objectifs et de ces indicateurs assurément déconnectés de la réalité humaine et sociale. (voir chômage réel vs chômage Insee , finances, comptabilité)

 

On continue pourtant d'en vouloir toujours plus! Tu sais quoi? Les anglais viennent d'instituer un indicateur du bonheur! Les-Anglais-sont-ils-heureux? T'imagines un peu, qu'on te dise un jour? Votre nouvelle mission, même si vous la refusez, c'est d'améliorer votre bonheur le mois prochain, au boulot et que ça saute! Grrr...

Même l'idée de créer un indicateur de richesse alternatif au PIB (incorporant des critères non économiques: l'éducation, l'environnement, etc,) qui aurait pu sembler judicieuse est sujette à caution: "Mais n’est-ce pas, en définitive, une fausse bonne idée qui, loin de l’atténuer, risque d’accroître encore le mal principal de nos sociétés : la soumission de toutes nos actions, qu’elles soient marchandes, administratives ou bénévoles à la dictature de l’évaluation quantitative systématique ?"  Comme il est développé dans un article très intéressant du journaldumauss.

 

Hé Sapiens! Tu ne sens pas que toutes ces évaluations, ces objectifs et ces chiffres c'est beaucoup moins que de la science?

 

Et pour conclure par une inspiration très holiste, Vu sur ARTE:  l'esprit des plantes:

 

Hé Terrien! Tu ne sens pas que la forêt c'est un peu plus que l'ensemble des arbres qui la constitue?

 

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12 novembre 2010 5 12 /11 /novembre /2010 17:51

L'autre soir, j'ai passé un putain de quart d'heure de nostalgie en intraveineuse! Je me suis laissée captiver par une émission de TV sur les années 70, mes vertes et adolescentes années. C'est fou ce qu'on peux oublier! Waouh, quelle baffe! Bon c'est vrai que j'étais alors plus Rolling Stones que Gérard Le Normand, mais il faut avouer qu'à l'époque même les plus mièvres portaient sur eux, comme un léger parfum de subversion. Côté humour, revoir Le Luron, Desproges, Coluche, c'est énorme! Faut dire qu'on sortait de la censure Gaullienne (paix à son âme, notez qu'il y a pas mal de nostalgie en ce moment de ce côté là aussi), et que Val n'était pas encore arrivé sur France Inter.

 

C'est marrant comme tout était alors prétexte à la contestation, le moindre événement ici ou à l'autre bout du monde et on s'engageait sur des concepts, gros "comas" (comme ça): on luttait contre la peine de mort, la torture, on soutenait le féminisme ou la paix, etc.. On n'avait pas encore le culte de la performance, et c'était la fête lorsque une manif dépassait le seuil des 1000 participants...Ok c'était vivant, mais pas forcément convainquant parce que ceux qui poussaient derrière n'étaient pas forcément des amis bien fréquentables...

 

Aujourd'hui c'est un peu le contraire, sauf cet exceptionnel conflit sur les retraites, rien ne parvient plus à mobiliser, ni l'absence de motif clair pour une guerre en Afghanistan, ni la torture à Guantanamo, ni l'adoption du traité de Lisbonne dans les conditions que l'on sait. Quand on s'engage, c'est beaucoup plus sélectif, pour des trucs SUPER-SUPER précis où on est bien certain de se retrouver entre vrais amis et vous allez voir que c'est nettement plus efficace.

 

Prenons par exemple, la dernière campagne de BHL en soutien à la pauvre Sakineh (plus de 160.000 signatures Ici, pour signer la pétition). Pourquoi un tel succès? Sans doute, parce que le combat est d'une plus grande lisibilité et le périmètre ultra bien circonscrit. Il s'agit de s'opposer très fermement à cette coutume barbare qu'est la lapidation dans le monde, Euh..., Ben ...disons plutôt la lapidation qui touche les femmes (Cette barbarie touche aussi les hommes, 10 hommes et 2 femmes vivent actuellement sous cette menace en Iran -mais les hommes ne sont pas des fillettes quand même!- ), Enfin... précisons un peu... c'est surtout la lapidation des femmes en Iran qui semble présenter le plus de barbarie, il faut bien le reconnaître (d'autres pays comme l'Arabie Saoudite, l'Afghanistan ou encore les Emirats Arabes Unis, pratiquent aussi cette forme d'exécution).  (cf Article de L'Express sur la lapidation en Iran)

 

Au fait SéKi SaKiNeH? Un article du monde nous décrit une jeune femme prise dans l'étau d'un drame familial qui a des relents d'histoire Corse,  sorte de vendetta façon Colomba de Mérimée: L'amant de la jeune femme a tué son mari alors qu'il est lui même, le propre cousin de la victime et qu'elle passe pour être sa complice... Toujours dans cet article, à cette dimension romanesque, s'ajouterait une lecture nationale des tensions  qui subsistent entre le gouvernement central de Téhéran et ses provinces barbares qui refusent de respecter l'interdiction du châtiment ancestral, inscrite en principe, dans la loi Iranienne. Comble de l'ironie, les pressions internationales, offriraient un soutien inattendu à un Ahmadinejad jusque là, impuissant à imposer son autorité dans ce vaste territoire. Etonnant, Non?  Le Monde : Sakineh est victime des conflits entre Téhéran et les provinces iraniennes

 

Plus fort encore, une autre source Iran resist prétend que Téhéran joue régulièrement à "Sakin est ? Sakin'est plus ?", à chaque fois qu'un gros conflit social perturbe Téhéran (ce fut le cas lors des grèves du Bazar, cet été) et ce afin de "détourner l'attention des citoyens occidentaux de la situation sociale en Iran afin qu’ils ne soutiennent pas les grévistes favorables à un changement de régime . "    Le même article avoue cependant une dimension plus géopolitique dans la réactualisation récente des alertes concernant une éventuelle exécution de Sakineh. Si j'osais (mais je jure que je ne le ferai pas), je dirais qu'en plein conflit des retraites, le coup de téléphone de notre bouffon national pour sauver Sakineh sonne de ce point de vue comme un simple échange de services bien compris entre frères ennemis: Les grèves c'est bien connu, maintenant on ne les voit plus! Ah Ah AH...

 

Bon soyons sérieux, AVERTISSEMENT: je ne vous garantis absolument rien de la qualité de mes sources (je suis courageuse mais pas téméraire) , et j'espère que vous me ferez au moins grâce, si je vous trouble, de reconnaître que je vous épargne a minima les sources issues de la mauvaise et malodorante mal-pensance (Dieudoné /Soral). Si par hasard, vous pensiez que je ne m'apitoyais pas comme il se doit, sur le sort de cette pauvre femme, je tiens à vous rassurer en passant à un sujet beaucoup plus consensuel!

 

Si, Si, Si je veux et je peux être du côté des bien-pensants et je le prouve! Figurez-vous que pas plus tard que mercredi matin, j'ai du, moi-même en personne, monter au créneau pour porter fièrement et fermement mon engagement laïque.  Un jeune zouave illuminé, avait semé le trouble et menaçait d'entraîner notre petit microcosme dans une sorte de guerre civile larvée, de fort mauvaise augure; il affirme que sa religion lui interdit tout contact physique avec les femmes qu'il refuse donc de saluer par une poignée de main. Les ressources humaines font un peu la sourde oreille, parant au plus pressé pour éviter un procès à tout prix. J'avais un peu de mal à m'expliquer ce genre de faiblesse, avant de tomber sur les récents prolongement de  l'affaire du voile à la crèche Baby Loup (qui fonctionne 24 heures sur 24) de Chanteloup-les-Vignes et le rôle douteux d'un organisme comme la Halde, qui a rendu, en Mars un avis favorable sur le maintient au sein de la crèche, de la salariée voilée ... dévoilée. Libération: Crèche Baby Loup

 

Moi! Bien-pensante? Quoique! La Halde, ça sonne un peu comme l'Europe sociale qui sous couvert de lutte contre les discriminations a autorisé le travail de nuit des femmes qui rend justement nécessaire à Chanteloup un fonctionnement 24/24 de sa crèche privée. Quoi? Dans ces endroits, la police ne peux pas y rentrer et toi tu voudrais qu'il y ait des crèches publiques? Faut pas déconner quand même! 
Ces mêmes institutions, type la Halde, cherchent dorénavant à supprimer aux femmes les trimestres supplémentaires de retraite que leur autorise la loi Française lorsqu'elles sont mères, sachant qu'avec ce privilège l'écart homme/femme passe de 20% pendant la vie active à plus de 40% pendant la retraite! Et l'ensemble de notre classe politique de théoriser sur l'égalité qui discrimine, l'égalité injuste, l'inégalité juste, l'égalité réelle etc ...

Tandis que je me faisais ces réflexions, en préparant le repas du soir pour mes chères têtes brunes et frisées, je m'exclamai tout haut: "Bon sang de Bonsoir, mais de quoi donc la Halde et ces institutions sont-elles le Nom?", ne sachant pas trop, si j'étais soudainement inspirée par la dernière pub détournant Badiou (preuve que le bonhomme est à la mode Voir le résultat de recherche google sur sa célèbre formule ) plutôt que par son traité de métapolitique que je suis en train de lire pour ne pas oublier que ..."Yen a pas un sur cent, mais pourtant ça existe...Et qu'ils se tiennent bien bras dessus bras dessous
Joyeux et c'est pour ça qu'ils sont toujours debout!"
A non désolée, ca c'est pas du Badiou, mais au moins je suis sure de comprendre!

 

J'ai terminé ce billet que j'ai intitulé "La face cachée de la lune de fiel", parce que ça sonnait bien et qu'une fois n'est pas coutume, j'ai voulu m'essayer à l'humour. Alors merci de votre indulgence! J'ai bien compris ce faisant, que le métier d'humoriste "politique" ne s'improvisait pas sans risquer de vouloir faire du Coluche et de finir par faire du Dieudonné. Mais fallait que je m'y colle quand même, preuve qu'entre toutes les nostalgies des années 70, c'est bien, la plus subversive, l'humour qui me manque le plus!

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4 novembre 2010 4 04 /11 /novembre /2010 23:15

Bonjour à tous!!!

 

Je vous invite, aujourd'hui à m'accompagner dans une ballade réflexive et digressive qui devrait nous conduire à explorer l'alpha et l’oméga de notre Univers. Accrochez vos ceintures et en route!

 

Dans son interview du Nouvel Obs, le physicien et philosophe E.Klein présentait son livre: Discours sur l'origine de l'univers. Je le recommande chaudement, à tous les passionnés d'astrophysique et  de philosophie. E.K réussit à nous restituer simplement et sans équations les tous derniers concepts de la physique fondamentale, ce qui constitue déjà une prouesse. Il nous stimule aussi dans un cheminement philosophique subtil, le tout, et j'allais dire, le comble, avec beaucoup d'humour: découvrir ses anagrammes époustouflants (par ex « Albert Einstein » transmuté en : « rien n’est établi »), ses clins d'oeil aux lecteurs ou ses titres truculents.

 

j'ai tellement apprécié le résumé du livre sur le blog maisquiestarbon ,que je l'ai repris intégralement :

"Etienne nous invite à une petite excursion du côté du big bang, et même -tant qu'on y est- au-delà. D'après ce que j'ai compris, il faut commencer par se munir d'un couteau sans manche et sans lame, le plonger dans l'assiette de soupe primordiale que l'univers nous propose à ses confins, puis escalader le mur de Planck à l'aide de supercordes ou de tout autre modèle de treuil ontologique, patauger quelque temps dans la matière noire, poursuivre encore un peu la route au nord du pôle Nord en faisant attention de ne pas glisser sur une dimension cachée, admirer au passage un panorama d'univers exotiques qui ne ressemblent pas au nôtre, et aboutir, par une entrée dérobée, dans la caverne de Platon, où Parménide et Héraclite, les vieux frères ennemis (Etienne ne dit pas que c'est eux, mais comme ils ne sont pas botoxés, impossible de les confondre avec les jumeaux Bogdanov), ayant chacun une main fermement posée sur une réplique de la cuisse de Jupiter, se disputent une bicyclette bleue repeinte en rouge.

C'est passionnant, et impeccablement clair, comme d'habitude."

 

Si j'ai bien, moi même, suivi son cheminement philosophique, en posant d'un côté l'immanence de la physique, de l'autre la transcendance des lois physiques, E.K fait le pari que la science ne peux apporter la preuve de l'existence de Dieu , guère plus que celle de son inexistence.

Comment traiter alors de la question de l'origine  de l'Univers? "Force est donc de constater que les sciences ne saisissent jamais que des origines relatives, ..."... "Du coup, le commencement en question n'est plus un commencement ex nihilo : en tant que conséquence de ce qui l'a précédé, il constitue plutôt un achèvement." 

 

Tout en lisant E.K, je m'interrogeai à propos de la récente polémique sur les frères Bogdanov (Marianne:Rapport du CNRS, Mediapart, @SI), qui met en cause leur parcours de scientifiques plutôt que la médiocrité du propos ("avant" le Big Bang, les frangins voient Le visage de Dieu). Pourtant c'est moins leur parcours aboutissant à un doctorat qui devrait nous questionner que le "produit Bogdanov" et le commerce qui en est fait. Au risque de surprendre,  je trouverais même plutôt louable, voire subversif, leur acharnement à obtenir un diplôme de docteur dans une société qui oriente ses futures élites vers les formations de traders plutôt que vers la recherche fondamentale. Depuis la disparition du doctorat d'état, beaucoup de travaux sont médiocres et bien peu de doctorants sont promis à un Nobel ou à une médaille Fields. Pour autant, les doctorants témoignent au moins de leur passion ou de leur endurance en résistant, pour un temps, à cette terrifiante injonction de l'individu consommateur/produit:  en effet, l'homme moderne, avec le marché pour tout horizon de valeur,  est désormais circonscrit à sa triste condition de consommateur (de produits, de services, de loisirs, de médecines, de politique, etc...), bien pire,  il est enjoint à se considérer lui même en tant que produit interchangeable, perpétuellement en concurrence avec d'autres hommes ou d'autres produits (à l'école, au travail, à la retraite, ou dans sa vie privée). Trêves de digression, poursuivons!

 

Tandis que les Bogdanov voient le visage de Dieu, Stephen Hawking affirme au contraire que  l'Univers n'a pas eu besoin de Dieu pour être créé (Le Grand Dessein). Hawking, cloué dans un fauteuil par une maladie neurovégétative qui l'empêche de parler et de bouger, est non seulement connu, mais reconnu par ses pairs comme un grand physicien. Pourtant son dernier livre  réussit lui aussi à déclencher une belle polémique. Et ça n'a rien de fortuit nous explique le Blog science 2 sur Libé , car telle est la recette du Best Seller scientifique:

  • Mettre en gros sur la couverture  le nom d'un grand savant
  • "Vendre l’idée que la physique possède la réponse à vos questions existentielles semble dingue, mais ça marche. ..."
  • "S'assurer que les journaux se prêteront à l’opération marketing, car si Dieu fait vendre, une polémique sur Dieu fait vendre plus encore."

Etienne Klein encore, confirme  Ici  notre soupçon: " Dans l'état qui est le sien, tous ceux qui le connaissent savent que Stephen Hawking ne peut écrire un livre. Les éditeurs se servent de son nom, parce qu'il fait vendre."   "Les propos attribués à Hawking sont d’une naïveté confondante, le degré zéro de l’épistémologie, bien loin de la subtilité et de l’intelligence dont il a fait preuve en physique.";

En moins de 6 mois, le Marché de la Science aura fait 2 fois, la promotion d'une métaphysique de pacotille, sans s'encombrer de la moindre parcelle de scrupule, ni de honte: vous avez aimé la Droite sans complexe, vous adorerez le marché sans complexe!

 

Comment pourrions nous fustiger les Bogdanov ou pire un Stephen Hawking sans considérer la responsabilité du système qui les utilise? Cette problématique dépasse de très loin la sphère scientifique et nous assistons ces derniers temps à une véritable explosion des attaques ad hominem (Kerviel, Assange, Allègre) dont Internet est loin d'avoir l'exclusivité.  Ainsi la confusion est à l'honneur, on confond les faits et les causes tandis que le système à l'abri poursuit son macabre développement.

 

  • L'affaire Wikileaks sur l'Irak illustre remarquablement cette tendance comme le souligne l'article L'art de la fuite sur Dedefensa :
    "D’un côté, il y a les “fuites”, massives, colossales, qui nous disent tout de l’esprit de l’attaque barbare de l’Irak, du comportement des forces armées US, du blanc-seing donné au pouvoir irakien subordonné à elles de mener une répression féroce dans la guerre civile qui eut lieu entre 2004 et 2007...."
    "De l’autre côté, il y a Julian Assange, l’homme de Wikileaks. Les attaques contre sa personne se multiplient, concernant des aspects divers de sa vie privée, de son comportement, y compris sexuel, voire de sa santé mentale, qui n’ont bien entendu aucun rapport avec le contenu des fuites qui est évidemment irréfutable."
    Bref, même pas mal! Circulez! Il n'y a rien à voir!

 

  • Dans le même genre, si l'académie des sciences (Le Figaro  par ex) confirme bien l'impact de l'activité humaine sur le climat en reléguant Mr Allègre et ses inepties au placard (bon Ok ça peux faire plaisir) , elle s'arrête en plein milieu du gué. Là encore Rien, Nada, Niente sur un modèle de développement qui prend sa source dans le choix de la thermodynamique à la fin du 18ème siècle (Selon la thèse de Ph.Grasset dans la grâce de l'histoire ) ni sur un système qui fait de la croissance son fer de lance!

 

 Nouvelle-image.png

 

 

 

Attaques décentrées ou silence assourdissant face aux responsabilités d'un système cumulant les régressions (démocratie, santé, retraite, etc..), les impuissances (climatique, écologiques, Pick Oïl), les abus (Financiers, Inégalités) et maintenant les barbaries il n'y aurait donc pas d'alternatives? Allons donc!

 

Vous y croyez vous? Alors que des dizaines de théories physiques partent à l'assaut du mur de Planck et parviennent à envisager non pas un seul Univers mais plusieurs, ces Multivers tous plus incroyables les uns que les autres (voir ci-dessus les univers bulles, les univers feuilles ou branes), nous nous serions condamnés à vivre sous le joug d'une seule et même horripilante doctrine TINA? La théorie finale en quelque sorte. Ca ne tient pas debout!

 

Nous subissons les effets d'une crise multiple et j'ai comme l'impression que ce système tend à se refermer rapidement sur lui même et sur nous même, en nous laissant résignés et tétanisés. Appréhender lucidement la situation et sortir de cette emprise, imposerait un effort transcendant, une résistance quasi-métaphysique afin de "rétablir l’esprit dans sa fonction opérative, hors de la prison où le système de “la matière déchaînée” l’a enfermé"  si j'ai bien compris les propos de Ph.Grasset, dans:  la_source_de_tous_les_maux.

 

Quoiqu'il en soit, on sent bien qu'on est plus près de la fin d'un monde que de son origine.

Pour positiver, je ne résiste pas à l'idée de renverser la formule d'Etienne Klein qui perçoit l'origine (relative) comme un achèvement de l'étape précédente, en vous proposant d'envisager cette fin (également relative) comme un commencement, une genèse de l'étape suivante.

 

Comparer l'immensité des questionnements (scientifiques, philosophiques et métaphysiques) posés par notre univers en expansion et l'extrême vacuité de la pensée unique qui abîme et rétrécit tout ce qu'elle touche: l'humain, le vivant, les énergies fossiles, le climat,  la science,  la conscience et les grandes idées (la démocratie et l'Europe)! Quelle étrange idée, me direz-vous!

 

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30 juillet 2010 5 30 /07 /juillet /2010 19:32
*Qu'y a t'il de commun entre les différents points
suivants?*


· La marée noire et sa gestion dans le golfe
du Mexique et plus

généralement l’impuissance écologique
généralisée:


· Les bruits de bottes autour de l'Iran,
la Corée, le Mexique, le

Venezuela, le Liban et la vacuité des conflits
en Irak, en Afghanistan, à

Gaza qui ne trouvent même plus de justification
rationnelle ni audible: cf :

Les lecons des fuites de wikileaks sur MediaPart
(Payant)<http://www.mediapart.fr/journal/
international/270710/les-
lecons-des-fuites-de-wikileaks-sur-la-guerre
-en-afghanistan>


· Les accords de Bâle 3 et au delà la toute
puissance des banques,

des marchés, du FMI et des agences de notation
Passer à la phase

constructive ( mais par nous seul) Par Paul
Jorion<http://www.pauljorion.com/blog/
?p=14408>


· La montée du chômage et partout
dans le monde occidental des

statistiques du chômage bidonnés où sont
vaporisés tous ceux qu’on ose

nommer “les travailleurs découragés”: ( Aux
USA<http://criseusa.blog.lemonde.fr/
2010/07/09/le-chomage-au-usa-
juillet-2010/>comme

en France)

· *La baisse de l'espérance de vie en
bonne santé* *partout en

Europe* sauf en France, pour l'instant ( cf
Insee<http://www.insee.fr/fr/themes/
tableau.asp?reg_id=98&ref_id
=CMPECF02228>)

et pourtant le recul de l’age de la retraite
qu'on justifie par un gain de

l'espérance de vie tout court.

· La généralisation des conflits d’intérêts
, la connivence et le

déni des élites, et la dépréciation de
toute notion d’intérêt général:

pourquoi-laffaire-bettencourt-est-un-
revelateur-national

sur Mediapart -
Payant)<http://www.mediapart.fr/
journal/france/270710/pourquoi-
laffaire-bettencourt-est-un-revelateur
-national>


· Les méthodes d'organisation du
travail et la généralisation de la

souffrance au travail (voir
l'experte-de-la-souffrance-au-travail-
discriminee-puis-viree sur rue

89)<http://www.rue89.com/confidentiels
/2010/07/22/lexperte-de-la-
souffrance-au-travail-discriminee-
puis-viree-159499>

, le suicide des travailleurs à FT, des paysans
Indiens, des soldats sur le

terrain de guerres improbables où les alliés
pactisent avec les ennemis

officiels (voir US Army: Le suicide tue plus
que l'ennemi en Afghanistan et

en Irak sur @si) <http://www.arretsuri
mages.net/vite.php?id=8769>


· Les évaluations, les chiffres et
les objectifs utilisés comme des

outils suprêmes et magistralement
cyniques d'une gigantesque machine à

exclure à l’école, dans la police, dans la santé,
la culture ou chez les

salariés. (développé dans des extraits ci-après)

· La déstructuration des sociétés,
symptomatique dans les dernières

manifestations des violences urbaines
en France , et aux USA coincés entre

les cartels de la drogue Mexicains, la tentation
sécessionnistes en Arizona

et les tensions contre le gouvernement fédéral:
lien pour comprendre le

climat de la montée aux extrêmes aux
USA<http://automatesintelligent.blog.
lemonde.fr/2010/07/25/la-
dangereuse-tentation-de-la-montee-aux-
extremes/>


· L’affaiblissement des démocraties,
la réduction des droits

collectifs au profit du droit individuel (L’esprit
de Philadelphie sur la le

site de la lettre volée
<http://www.lalettrevolee.net/article
-l-esprit-de-philadelphie-la-justice-
sociale-face-au-marche-total-alain-supiot-
53053685.html>

), l’écart qui s’accroit entre le droit et la
justice déjà souligné par le

Yéti <http://yetiblog.org/index.php?post
/l%C3%A9galite-justice-et-morale>


· La déprédation et la corruption de toutes
les valeurs issues des

lumières (laïcité, indépendance des pouvoirs
et contre-pouvoirs, droits de

l’homme, anti-racisme, égalité, progrès, raison)

Eh bien, je vous propose de les relier entre eux
comme le fait Le

Yéti<http://yetiblog.org/index.php?post/
Un-%C3%A9t%C3%A9
-%22%C3%A9patant%22>,

à propos de 3 évènements qu'il juge particulièrement
significatifs en

Juillet: *" Pourquoi relier ces trois évènements
“épatants” (en ce sens

qu’ils sidèrent par leur incongruité et leur ampleur)

mais n’ayant en

apparence aucun point commun ? Parce qu’ils participent
tous les trois de cette

même Grande Crise qui, depuis bientôt trois ans,
voit tout un système

dominant pourrir de l’intérieur sans pouvoir endiguer
la propagation des

métastases*."

*Nous sommes en effet dans une crise qu'il convient
de considérer

globalement* et je trouve que le passage suivant
extrait de l’article

“L’engagement
objectif, nécessité de la résistance” sur le site
dedefensa.org.<http://www.dedefensa.org/article-l
_engagement_objectif
_necessite_de_la_resistance_le_cas_engelhardt_24
_07_2010.html>

, résume très bien la problématique qui s’offre à
nous:

*“**C’est, aujourd’hui, le signe même de cette
“vision globale”, qui est si

nécessaire parce qu’elle seule permet d’embrasser
la totalité de la crise,

c’est-à-dire de se situer intuitivement et comme par
nature contre l’“ennemi

principal”, qui ne peut être que le système lui-même.
Il est alors inutile,

et même nuisible d’affirmer ses propres “engagements
partisans”, – si l’on

veut accepter cette tautologie qui est plus qu’un
pléonasme ; l’“engagement”

contre le système nous paraît aujourd’hui une
attitude vitale, qui ne relève

pas d’un choix partisan même s’il est fait par


une personne partisane,

évidemment partisane pourrait-on dire ; y ajouter
d’une façon explicite son

choix partisan (droite ou gauche, ou n’importe
quoi d’autre) ne peut que

réduire l’engagement en divisant le front naturel
de la résistance à

l’“ennemi principal”. **En un sens, parvenir à
avoir une “vision globale” du

système tel qu’il est implique quasi nécessairement,
presque biologiquement

dirions-nous, et certainement psychologiquement,
un engagement antisystème :

on ne peut percevoir justement et globalement
une telle structure de mort

sans être engagé contre elle, puisque le seul fait
de cette description

globale est une dénonciation**.”*



Cette vision globale n'est d'ailleurs pas incompatible
avec une analyse

point par point de chacune des manifestations de
cette crise et ce type

d'analyse explose si j'en crois le foisonnement
d'articles et de billet qui

s'attachent à décrypter tel ou tel aspect de
cette crise globale:




A titre d'exemple, j'ai retenu 2 thèmes plus
originaux que la crise

économique ou écologique pour illustrer
cette tendance:




Le premier concerne le délitement du droit
collectif exposé dans l'ouvrage

d'Alain Soupiot : "L'esprit de Philadelphie,
La justice sociale face au

marché total" qui fait l'objet d'un résumé

très instructif sur le site: La

lettre volée<http://www.lalettrevolee.net
/article-l-esprit-de-philadelphie
-la-justice-sociale-face-au-marche-total
-alain-supiot-53053685.html>

,* *dont je privilégie l'extrait suivant
parce qu'il éclaire *bien la

manière dont le droit collectif se voit
déconstruire en droits individuels :

*

*"***

· *le droit du logement devient droit
opposable (par un individu) au

logement ;*

· *les prélèvements obligatoires,
au profit d'un collectif public

sont intolérables mais les prélèvements
privés au titre de la protection

intellectuelle sont devenus sacrés ;*

· *le travail du dimanche et le travail
de nuit des femmes cassent

la vie familiale mais les parents deviennent
individuellement responsables

de leurs enfants, à peine de suppression des
allocations ;*


· *le travail se précarise à grande vitesse
mais les lois protégeant

la discrimination se multiplient : ce qui touche
l'ensemble des individus,

même pour le pire, est légitime, mais pas ce
qui risquerait de

singulariser/stigmatiser le moindre des individus.*

* *

*Dans le même temps, les institutions considérées
autrefois comme

égalitaires sont privatisées au profit des élites
(les hôpitaux publics

ferment dans les campagnes mais Paris conserve
ses grands hôpitaux publics

de prestige ; même chose pour les lycées)"*



Le second parce qu'il révèle les mécanismes
pervers qui alimentent cette

gigantesque machine à exclure au service
d'une idéologie globale, totale et

totalitaire:

Nous le voyons à l'oeuvre pour la sélection
à l'école dans ce billet sur le

blog de Paul Jorion
<http://www.pauljorion.com/blog/
?p=14294#more-14294>,dont voici un

extrait:

*"La symbolique de l’ascenseur social
a été récupérée par le discours

néolibéral et s’accorde très bien aux
représentations idéologiques du nouvel

ordre social. Elle conforte la compétition
entre les individus, en

particulier entre les enfants à l’école, grâce
au concept sous-jacent

d’« égalité des chances » (c’est-à-dire la
mise en œuvre, dans le cadre

scolaire, du principe de la concurrence libre
et non faussée). Elle invite à

considérer la société comme un agrégat
d’individus hétérogènes destinés à

être en permanence différenciés, classés,
hiérarchisés, etc., en fonction de

leurs « mérites » propres – au détriment
des représentations en termes de

destin collectif ou de solidarité de classe.
Elle justifie une prolifération

des critères de comparaison, d’évaluation,
d’étalonnage, etc., dans la vie

sociale – une sorte d’hypertrophie totalitaire
de la mensuration –, censée

garantir la scientificité de la sélection et
s’appliquant à tous les aspects

de la personne (sa personnalité, ses valeurs,
son passé, etc.). Elle

s’avère in fine compatible avec un accroissement
des inégalités réelles : si

l’ascenseur social fonctionne pour moins de
personnes qu’auparavant, c’est

qu’il fonctionne mieux, ne convoyant désormais
que ceux qui le méritent

vraiment et s’étant débarrassé des passagers
clandestins qui l’encombraient

jadis."*



Nous le voyons également à l'oeuvre pour
la sélection dans le monde de la

culture nous-sommes-tous-des-intermittents
sur le site de

Mediapart<http://www.mediapart.fr/club/
edition/les-invites-de-mediapart/
article/150710/nous-sommes-tous-des-
intermittents>


*"En réalité, l'art est le dernier des soucis
des défenseurs de l'excellence

culturelle au pouvoir actuellement. L'art,
on ne sait pas ce que c'est, et

cette incertitude est le cauchemar à ciel
ouvert des pouvoirs. Leur modèle

est économique. Pour eux, le rôle de l'État
n'est pas d'insuffler quoi que

ce soit, il est de réguler par la concurrence
les acteurs d'un système

économique. Pour sanctionner le mérite des
producteurs culturels, le plus

simple (et le plus juste, nous expliquera-t-on)
est d'utiliser des critères

quantifiables : nombre de spectateurs,
taux de remplissage, nombre de

représentations, coût par fauteuil,
pourcentage d'aide publique, etc."*




Il est temps pour moi de vous quitter pour
prendre mes quartiers d'été et de

vous souhaitez de passer
de bonnes vacances dans le monde d'avant!


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18 mars 2010 4 18 /03 /mars /2010 20:34

Alors que l’abstention record au 1er tour des régionales signifie le désaveu de toute la classe politique bien au-delà du seul Sarkozy, j’ai décidé de manifester le mien en boudant tout simplement le sujet, pour consacrer pleinement ce billet, à cet immense malaise américain qui s’égrène, devant nous, dans le plus grand silence, au grès des brèves et à l’ombre des Unes de presse.  Pour tenter de cerner ce malaise profond dont la crise est manifestement un déclencheur, je crois qu’il faut plonger jusqu’aux racines de la mentalité américaine. Mais comment comprendre cette Amérique, à la fois si proche et si loin de nous? Cette proximité et cette distance que l’on perçoit de temps en temps, en regardant par exemple un film de Clint Eastwood ?
L’Amérique et ses 52 étoiles seraient-elles prisonnières d’un drapeau désormais terni par la crise ? 52 états, comme autant d’atomes entrelacés au cœur d’une molécule si instable qu’il suffirait d’un rien… Peut-être !

Et oui, donc, ces derniers temps, l’Amérique a le blues, et même plutôt sévère ! Etonnant, non ? Parce qu’on échappe totalement à cette impression en écoutant distraitement la radio, ou en lisant gentiment nos gazettes préférées !

  • Fin Janvier, n’apprenions nous pas que son PIB avait bondi de 5.7, au quatrième trimestre 2009, concrétisant les jeunes pousses annoncées à grand renfort de tambour et trompette au printemps dernier ?
  • Sur la même lignée et selon un article du Monde, paru ce Week End ; les bourses se refusent au pessimisme, et renoncent à écouter plus longtemps le discours des Cassandres tel que Mr Roubini. « Il est toujours très négatif. Ce n'est une surprise pour personne. Il n'a peut-être pas tort, tout ne va pas bien, mais pour le moment, nous, on parie sur la reprise, »…« Pour le marché, il n'y a pas de raison d'être"bear" (pessimistes) car les signes de reprise s'accumulent au sein de la première économie mondiale. Le chômage commence à se tasser et les ménages américains dépensent à nouveau. » 

 Pourtant, en parcourant les brèves compilées par ContreInfo, ou encore la revue de Jovanovic, ce n’est pas du tout la même ! Voyez plutôt, comme le tableau s’assombrit avec ces quelques échantillons, tous prélevés sur les mois de Février/Mars :

  • L’Illinois est en faillite, avec 13 mds de déficit sur un budget de 28 mds USD, un bus sur cinq est supprimé, les bibliothèques sont fermées un jour par semaine, les écoles se préparant à licencier les enseignants, les véhicules de police sont saisis par les créanciers…
  • Plusieurs états licencient en masse, principalement des enseignants. Au Kansas on ferme la moitie des écoles publiques et dans d’autres états, on envisage de supprimer la classe de terminale,
  • La Californie, en faillite, est moins solvable que le kazakhstan  . Certaines villes ont même décidé de facturer … les appels aux urgences médicales !
  • Le chômage réel atteint au moins 16,8% contre 9,8 officiellement, et pourtant 72% des salariés âgés de plus de 60 ans ne peuvent arrêter de travailler faute d’une retraite suffisante.
  • A voir aussi sur cette carte des USA,   les 26 Etats qui ont vidé leurs allocations chômage, qui n'ont plus un centime, et sont devenus insolvables. C'est la Fed qui leur fait des prêts...pour continuer »
  • L'emploi aux US est soi-disant en voie d'amélioration mais le nombre de travailleurs découragés (Traduit de la Novlangue : Sortis des statistiques officielles du chômage) augmente tous les mois :  
  • A Detroit, un tiers de la ville est inoccupé ou à l’abandon,
    Ajouter à cela, qu’un quart des emprunts immobiliers (11 millions de ménages) sont d’un montant supérieur au prix du bien financé, et que la situation de
    l’immobilier commercial continue de se dégrader

Comment les chiffres et les faits peuvent-ils s’opposer à ce point ? On a beau avoir le cœur bien accroché à l’American dream, admettez qu’il y a de quoi fiche le bourdon ! Il y en a d’ailleurs, qui commencent à craquer :

  • Voir encore chez  Jovanovic, Un américain suicidé explique son geste désespéré (Il a pris un avion de tourisme et s’est jeté sur une tour du Trésor), Un autre a décidé de détruire sa maison au Bulldozer avant que celle-ci ne soit saisie, tandis qu’à l’Université de Berkeley, des manifestations d’étudiants écœurés virent à l’émeute après une hausse de 35% des droits d’inscriptions.
  • Outre ces quelques faits divers, Jovanovic nous signale aussi d’autres faits remarquables: les magazines sur les armes à feu sont les seuls à avoir progressés sur un an (environ 10%), pendant que le reste de la presse s’effondrait jusqu’à -30% et l'Express, constate parallèlement une pénurie de munitions.
Des tendances encore bien plus préoccupantes sont révélées dans un rapport du SPLC : le nombre de milices patriotes a littéralement explosé en 2 ans, sur tout le territoire Américain comme on peut le voir sur cette carte. De 149 "groupes patriotes activistes" en 2008, on est passé à 512 dont 127 milices paramilitaires en 2009, soit une augmentation de 244 % »
  •  Le Monde caractérise ainsi cette irrésistible expansion de" l'Amérique de la haine" :« La "droite radicale américaine" peut être, c'est selon, homophobe, ségrégationniste, "pro-life", antigouvernementale, judéophobe, arabophone, sinophobe, latinophile, xénophobe, conspirationniste, antisocialiste, néo-nazie, une combinaison de certaines de ces phobies ou de toutes à la fois. Surfant, via une rhétorique populiste, sur la colère grandissant dans certains segments de la population américaine en raison des bouleversements politiques, démographiques et économiques récents, les activistes patriotes reviennent sur le devant de la scène. »
  • Mais L'analyse de Dedefensa me semble beaucoup plus subtile : «  Il n’y a rien de plus logique dans cet enchaînement, aux USA aujourd’hui, dans le cadre d’une crise massive du système … et d’un courant populiste d’une ampleur sans aucun précédent. La constitution de “milices”, le développement de groupes agressifs, le surarmement, sont des phénomènes qui s’inscrivent évidemment dans la dynamique actuelle, selon les traditions américaines les plus tenaces. On peut même dire que ces nouvelles complètent parfaitement la mise en place d’un paysage nouveau aux USA, où les événements s’ouvrent sur de graves possibilités de désordres, d’affrontements et de ruptures politiques divers. »

 Ce sentiment d’instabilité d’un système au bord de la rupture est partagé par d’autres auteurs comme Niall Ferguson traduit sur ContreInfo

 

  • «  Les grandes puissances sont des systèmes complexes, formés d’un nombre très important de composants en interaction, organisés de manière asymétrique. Ce qui signifie que leur assemblage s’apparente plus à une termitière qu’à une pyramide égyptienne. Ces composants opèrent quelque part entre l’ordre et le désordre. De tels systèmes peuvent paraître fonctionner de manière relativement stable pendant un certain temps, semblant être en équilibre, alors qu’en fait ils s’adaptent constamment. Mais vient un moment où les systèmes complexes atteignent un état « critique ». Un évènement déclencheur mineur peut provoquer une « transition de phase » faisant passer d’un équilibre d’apparence inoffensive à une crise - un seul grain de sable peut provoquer l’effondrement d’un tas entier. »

 

Dans un autre article, dedefensa propose une analyse plus générale de la situation qui se noue ou se joue autour de ces mouvements contestataires et des multiples contradictions spécifiquement Américaines qui montrent que  « le système est à bout de souffle » :

  • « Cette spécificité américaine originelle … exprimée notamment aujourd’hui dans le localisme paradoxal des libertariens (à la fois ennemis absolus de l’interventionnisme de l’Etat et adeptes du libre-échange complet, mais aussi adversaires farouches de la globalisation, de l’expansionnisme, etc.), tient aux origines de l’Amérique, à sa perception d’être exceptionnelle, à sa position géographique isolée perçue comme une rupture du monde ancien. »
  • « Aujourd’hui, l’Amérique flotte dans un éther étrange, déchirée entre des extrêmes extraordinaires. Il y a d’une part un dispositif impérial, de dimension mondiale, qui littéralement pompe l’argent de la République comme une sangsue suce le sang, tout en essuyant échec sur échec. Il y a d’autre part une situation intérieure catastrophique, tant conjoncturelle (économie, chômage) que structurelle (infrastructure, cohésion civique). Il y a une élite à la fois totalement corrompue et, surtout, totalement impuissante, qui se discrédite elle-même et qui se met elle-même en accusation pour se justifier aux yeux du public.
    Il y a enfin la montée des diverses réactions publiques propres à un système contractuel, c’est-à-dire moins marquées par la violence de la recherche d’une rupture comme dans un Etat régalien contesté, que par la diffusion de mouvements locaux ou populistes qui réclament par une pression grandissante
    le respect des termes du contrat originel, notamment contre la représentation la plus spectaculaire de son viol qui est le déficit monstrueux du gouvernement pour des entreprises qui n’ont rien à voir avec le contrat. Si le “centre” ne réagit pas dans le sens réclamé, il y a aura rupture unilatérale du contrat par les contestataires, – et, dans ce cas précis,
    la rupture sera brutale s’il le faut (hypothèses de fractionnement des USA, de sécession, etc.).
    …Mais le “centre” ne peut pas réagir parce qu’il ne peut plus réagir à rien; parce que, comme l’on dit, y compris une Clinton ou un Biden, Washington est brisé, – “the system is broken”… »

Il ne faudrait pas oublier que cette rupture contractuelle est inscrite dans la déclaration d’indépendance comme nous le rappelle Howard Zinn, dans son livre  "la mentalité américaine" (Suivre le lien pour lire le résumé du Yéti)  :

 

  • « les gouvernements sont établis par le peuple, dont ils sont la création, et existent en vue de l’accomplissement de certaines fins, dont le droit pour tous à la vie, à la liberté et à la recherche du bonheur. La déclaration d’indépendance stipule que : «  Toutes les fois qu’une forme de gouvernement devient destructive de ce but, le peuple a le droit de la changer ou de l’abolir et d’établir un nouveau gouvernement. »

Mais l’auteur précise aussi que c’est bien plus grâce aux luttes pour la justice et non au patriotisme de pacotille que la liberté fut établie et préservée aux Etats-Unis.

 

 @ Bientôt

 

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5 mars 2010 5 05 /03 /mars /2010 21:56

Mars, s'est annoncé très fort avec son casque de guerre, et nous a laissé tous médusés après le souffle mortel de Xynthia. Il parait que le premier d'entre nous réclame maintenant des explications à corps et à cris: mais, aurait-il perdu la mémoire? Auquel cas, on devrait s'interroger sur son bulletin de santé car ce n'est apparemment pas la première fois que ça lui arrive. A ne pas manquer, cette occasion de vous bidonner avec Superno, en regardant les 2 vidéos (inondations et subprimes) de notre prince de l'énergie sombre en action, j'ai nommé le sieur Sarko 1er,   c'est ici . Il faut être décidément bien phallocrate pour ne pas reconnaître que le bonhomme est au moins aussi cruche que Dame Ségo!

 

Dans un autre genre, mais tout aussi fun, il ne fallait pas manquer la prestation de Nigel Farage au parlement Européen. J'avoue que je n'ai pas boudé mon plaisir, certes primaire en entendant, le député européen s'en prendre à Von Ronpouy -dont le nom sonne, oh, comble de l'humour britannique, "Von Rampouille" avec ce délicieux accent BBC- : "vous avez le charisme d'une serpillière humide et l'aspect d'un petit guichetier de banque!" lui a t'il déclaré. Edgar du blog: la lettre volée, a sans doute raison de nous admonester, en qualifiant Nigel Farage de "Georges Frêche à la dimension européenne." et de nous ramener sur les questions de fond ouvertes dans le reste de son discours.

Ce n'est pas la première fois que Farage s'illustre dans ce parlement qui n'a pas l'air très fréquenté si j'en juge par le nombre de sièges vides. Apparemment, il n'y a pas que Rachida qui s'y ennuie, sauf que les absents ne risquent pas d'amendes (presque 3000€ pour NF) et pour cause! Bien que l'image d'un Soviet Suprem Européen me saute aux yeux chaque fois que je vois ce genre de reportage, ce n'est pas encore le Goulag me direz vous! Je suis bien d'accord, preuve en est que mon antisoviétisme épidermique et primaire ne s'arrête pas aux horreurs d'un Staline, mais qu'il englobe également  tout système bureaucratique.
Vous trouverez aussi toute la saga des interventions de Nigel Farage sur le blog de Jovanovic  dont la mise en page et l'autopromotion qui y est faite sur ses drôles de bouquins ne m'avaient pas beaucoup inspiré à l'époque. Voilà pourquoi, je juge  préférable d'écouter sa revue de presse "économique" du mercredi: ici . En effet, malgré un décryptage plutôt catastrophiste de la crise financière, cette revue reste drôle, non secte étrange comme je le craignais a priori, non conspi, et plutôt bien documentée sur ses sources. Un vrai travail d'investigation journalistique mais qui, à la différence d'un Paul Jorion, ne propose pas de pistes pour enrayer "l'Apocalypse financière".

 

Au rayon humour noir, après la débâcle de Copenhague, la palme revient aux OGM, tout d'abord avec les déclarations d'un repenti de la firme Monsanto qui "affirme que l’entreprise « avait l’habitude de falsifier les données scientifiques » transmises aux organismes gouvernementaux afin d’obtenir les autorisations de commercialisation pour ses produits": Voir sur Contre-info  et dans la foulée, le coup de la patate OGM: Baroso ayant réussi à en faire leur promotion sans plus d'égard aux opinions publiques et Bruxelle a dit chiche, même pas peur pour les frites! Ici . Sacré Baroso, ex mao reconverti en ultra-libéral, tout comme le regretté Jacques Marseille (paix à son âme). Faut reconnaître, que c'est quand même bien pratique, dans l'univers de confusion qui est le notre; ces gens là sont de vrais sentinelles parce qu'ils sont constants dans l'erreur et toujours les 1ers à épouser les dogmes, heureusement pour nous qu'il en reste! Ca peut permettre d'éviter les faux pas idéologiques!

 

Au rayon "café phylo", plus drôle que BHL et Botul, il y a l'unanimité de la presse "Pravda" pour se plaindre de son triste sort ... dans les médias: épinglé par Acrimed . Alors, quel est le seul média visé, selon vous par cette presse dithyrambique et pleine d'empathie pour le philosophe ? Le Web naturellement ! Evidemment que la toile se fend la poire, avec cette affaire! Evidemment, puisqu'on va surtout chercher sur le Web ce qu'on trouve plus difficilement dans la presse, et sur les autres médias: Nul doute que BHL trouverait plus de défenseurs sur la toile s'il en avait moins dans la presse Pravda. Il n'y a qu'à voir les gens qui soutiennent Allègre et ses thèses climato sceptiques sur le NET, alors que  Le Monde, souligne le-cent-fautes-de-claude-allegre   

 

Sinon, j'ai déniché 2 perles, pour sourire encore, mais cette fois-ci dans le prolongement des déboires Greco-Européens. La première et c'est ici , il parait que 2 députés Allemands suggèrent à la Grèce de vendre ses îles pour combler sa dette.   La seconde par là,  , et ça ne s'invente pas: figurez vous que c'est une Antigone qui s'est occupé de maquiller les comptes grecs et qu'elle vient d'être plus ou moins remplacée par un certain ... Kafka . C'est réellement ce que j'ai trouvé de plus poilant sur le sujet, parce que le reste n'est pas vraiment rigolo, surtout pour les salariés et les futurs retraités. Par contre, pour vous remonter le moral si vous appréhendez l'entrée dans le 4ème age, j'ai relevé l'expérience   des babayagas sur Basta , qui relate un projet de maison de retraite autogérée, citoyenne, écologique, pour « changer l’imaginaire social de la représentation des vieux ».

 

La science n'est pas en reste, en cette fin d'hiver, puisque drôle, ça veux aussi dire bizarre: j'ai appris 2 choses sur les séismes, premièrement sur Libé  qu'ils influent systématiquement sur la durée de notre journée (à la baisse dans le cas du CHILI) et deuxièmement, sur LMOUS  qu'ils sont annoncés par d'étranges phénomènes lumineux. Ces derniers ne sont pas encore réellement expliqués, mais ils sont constatés de très longues dates et ne proviennent nullement d'expériences secrètes, comme le prétendaient certains sites conspi, style  "projet HAARP",et autres projets de fabrication de nouvelles générations d'armements à technologie "micro-onde" qui permettraient de déclencher à volonté séismes, changement climatique et tout y quanti.  Laissons plutôt triompher la science fiction optimiste, par exemple  avec la mise au point de la bloom-box à base de pile à combustible, peut-être chez nous dans 10 ans, d'après futura sciences . Si cela vous intéresse, vous trouverez également la dernière revue scientifique de Jean Zin .

 

Voilà, j'en ai terminé et le plus drôle, vous savez quoi? C'est que je n'ai rien trouvé d'un tant soit peu rigolo, vibrant, intéressant, consistant sur ... les très prochaines élections régionales!

Bon WE


 

 

 

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