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20 septembre 2013 5 20 /09 /septembre /2013 21:08

La mort du socialisme

 

 


Parfois, au cœur de la nuit, je me dis que tout cela n'est qu'une vaste fumisterie, que nous sommes tous morts, si nous avons jamais été vivants, et que c'est exactement ça l'enfer : un endroit de merde où tout marche sur la tête.


Cela fait un bail que je ne crois plus aux manifestations, mais ça n'en reste pas moins quelque chose d'autrement plus concret que les foutues pétitions en ligne, tout aussi inefficaces, mais qui flattent l'égo des fainéants individualistes et productivistes en leur donnant l'illusion de continuer à participer aux affaires du monde en un clic, le cul dans leur fauteuil de bureau à vérin hydraulique.

 

SUITE...

 

http://blog.monolecte.fr/post/2013/09/20/La-mort-du-socialisme

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10 septembre 2013 2 10 /09 /septembre /2013 11:28

Les dangers de l'accord de commerce

Union européenne - Etats-Unis /

Aurélie Trouvé

 


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21 août 2013 3 21 /08 /août /2013 15:29

 

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16 avril 2013 2 16 /04 /avril /2013 12:14

 

 

SEMANTIQUE EN DANGER


 


 

 

Patrick MIGNARD

 

 


 

Imaginez un instant que l’on décide d’appeler la République Française, « République Populaire et Démocratique de France ». A quelles réactions pouvons-nous nous attendre ? Probablement un tollé général ! Pourquoi donc ? On va nous accuser de vouloir faire ressembler la France, au Congo, à la Corée du Nord, à la Chine, voire à l’ancienne République Démocratique Allemande !

 

SUITE...

 

http://fedetlib.overblog.com/semantique-en-danger

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17 décembre 2012 1 17 /12 /décembre /2012 14:39
  • Une grande partie des commentaires d'Etienne
  • Etienne Chouard PS (début, 1/3):

    À titre d'information complémentaire, pour illustrer que je ne suis pas le seul à critiquer l'escroquerie parlementaire, je voudrais citer ici l'analyse ultra-rigoureuse formulée par l'un de nos plus grands professeurs de droit public, Raymond Carré de Malberg, dans la conclusion d'un livre remarquable intitulé
    "La Loi, expression de la volonté générale"(1931) :
    http://etienne.chouard.free.fr/Europe/Carre_de_Malberg_La_loi_expression_de_la_volonte_generale_Conclusion.pdf

    Carré de Malberg : LA LOI, expression de la volonté générale (1931). Conclusion :

    Au début de cet ouvrage, nous nous sommes défendu de vouloir faire œuvre de discussion critique. Mais, au terme de notre étude, il semble que la critique surgisse et s'impose d'elle-même, tant est manifeste la contradiction qui s'établit entre l'idée première d'où procède la théorie de la loi expression de la volonté générale et les résultats positifs auxquels cette théorie a finalement abouti. Ces résultats peuvent se résumer d'un mot : l'idée de souveraineté de la volonté générale a été exploitée en vue de fonder la puissance souveraine du Parlement lui-même. Une telle contradiction paraîtra difficilement acceptable à tout homme qui n'est pas résigné à se payer de mots. Comment admettre que, dans notre droit public, les décisions émanées du Parlement aient pu être présentées comme des productions de la volonté populaire, alors que la Constitution tient systématiquement les citoyens à l'écart de leur formation ?

    Il n'y a eu, en France, qu'une seule Constitution qui ait échappé à cette contradiction. C'est celle de 1793, qui, ne se contentant pas de poser en principe, dans l'article 4 de sa Déclaration des Droits, que « la loi est l'expression libre et solennelle de la volonté générale », avait organisé un régime législatif dans lequel la confection de la loi dépendait, en dernier lieu, de son adoption par les assemblées primaires comprenant la totalité des citoyens. Sur ce point, les conventionnels de 1793 ont eu, tout au moins, le mérite de mettre leur œuvre constitutionnelle en accord logique avec leurs principes. On ne saurait en dire autant des constituants de 1789-91. De même que Louis XIV avait fondé son absolutisme sur sa prétention d'incarner l'État en sa personne royale, de même l'Assemblée nationale de 1789, pour parvenir à son but qui était de commuer la souveraineté de la nation en souveraineté parlementaire, affirme que le collège des députés élus résume en lui l'intégralité du peuple, et elle va même jusqu'à présenter ce collège comme une formation par l'intermédiaire de laquelle tous les citoyens se trouvent mis en état de concourir à l'adoption des décisions souveraines. Cette fiction, qui a servi originairement de base au régime représentatif, est l'une de celles à propos desquelles on a parlé du mysticisme révolutionnaire : ne serait-il pas plus exact ici de parler de mystification ? Il faudrait être bien crédule pour se laisser persuader que les volontés énoncées par une oligarchie sont l'expression de la volonté générale de la communauté, alors surtout que les soi-disant représentés sont exclus de la possibilité d'opposer une volonté contraire à celle qui passe pour représenter la leur.

    Certes, il ne peut être question de contester ni l'influence que par le choix de ses députés le corps électoral est capable d'exercer indirectement sur l'orientation générale de la politique nationale, ni davantage celle que les électeurs possèdent, d'une façon plus directe, sur la personne et l'activité de leurs élus : cette dernière, en particulier, n'a fait que s'accroître depuis l'introduction du suffrage universel. On est donc fondé politiquement à qualifier le Parlement de représentant, si par là on veut marquer simplement qu'il est, notamment sous la Constitution de 1875, celle des autorités constituées dont les décisions apparaissent normalement comme correspondant le plus sensiblement aux aspirations de la communauté populaire et, par conséquent aussi, comme étant le plus proches de celles que pourrait prendre cette communauté elle-même, à supposer qu'elle fût admise à statuer par ses propres moyens. Et cette sorte de légitimation politique de la notion de représentation est même de nature à engendrer des conséquences d'ordre juridique : on comprend, par exemple, qu'en raison des attaches spéciales qui relient le Parlement au corps populaire, la règle adoptée par les Chambres prenne, sous le nom de loi, une force tout autre que celle édictée par un décret de l'Exécutif. Toutefois, et quelque complaisance que l'on veuille mettre à accepter ou à accentuer l'idée d'interdépendance, de solidarité et d'union, entre les électeurs et les élus, il vient toujours un moment où la thèse de l'identification entre la volonté parlementaire et la volonté générale se heurte à une objection insurmontable : l'objection, c'est que le régime représentatif a été créé tout exprès — Sieyès le précisait devant l'Assemblée nationale, dans la séance du 7 septembre 1789, avec une crudité qui dépasse encore celle de Montesquieu — pour limiter l'influence populaire au pouvoir de choisir les personnes qui statueront représentativement et pour interdire au peuple toute participation effective à la puissance même de statuer. Dans ces conditions, le mot représentation, appliqué au Parlement, ne possède, même en son sens politique, que la valeur d'une image plus ou moins vague, ou d'une approximation plus ou moins lointaine ; il demeure, en tout cas, impossible de parler de représentation au sens juridique du terme, et surtout au sens d'une identité entre la volonté du peuple et celle du Parlement, attendu que cette identité, même si elle devait être tenue pour habituelle, n'est point constante et qu'au surplus sa constance n'est nullement assurée par le droit en vigueur.

    On voit par là quelle doit être la conclusion de cette étude. De deux choses l'une :

    Ou bien l'on entend maintenir le concept, venu de Rousseau et transmis par la Révolution, suivant lequel la loi a pour fondement la volonté générale et pour objet la manifestation de cette volonté. En ce cas, il n'est plus possible de se contenter de l'argument qui consiste à prétendre que tous les citoyens sont présents dans le Parlement à l'instant de la création de la loi : car un tel argument est emprunté à un genre de vision mystique qui manque manifestement de toute base réelle. Si donc on veut que la loi soit vraiment une expression de volonté générale, et si c'est aussi à sa qualité de volonté générale que l'on fait remonter sa vertu obligatoire, il faut inévitablement en venir à conférer au corps populaire un certain rôle actif dans l'œuvre de la législation. L'on est ainsi conduit à revendiquer, comme minimum de facultés législatives populaires, le droit pour les citoyens d'élever une réclamation contre la loi adoptée par les Chambres et, au cas où cette réclamation réunit un nombre suffisant d'opposants, le droit pour ceux-ci de provoquer, sur la loi ainsi frappée d'opposition, une votation populaire qui en prononcera définitivement l'adoption ou le rejet. De même, il est pleinement logique, dans un concept qui fonde la notion de loi sur la suprématie de la volonté générale, que L'INITIATIVE LÉGISLATIVE, au sens démocratique du terme, soit reconnue au peuple : car la suprématie de la volonté générale demeurerait incomplète, si le peuple ne possédait pas, de son côté et en dehors de la Législature, le moyen d'introduire dans la législation les réformes ou les nouveautés à l'adoption desquelles le Parlement se refuse et qui sont voulues cependant par la majorité des citoyens.
    (à suivre)
  • Etienne Chouard PS (suite, 2/3):

    Ce n'est pas tout encore : le concept démocratique de la loi expression de la volonté générale implique que cette volonté est la plus haute dans l'État et qu'elle possède de ce chef le caractère souverain ; cette souveraineté de la puissance populaire ne produira pas seulement ses effets dans le domaine de la législation; les mêmes raisons qui font du peuple l'organe législatif suprême, appellent sa suprématie dans l'ordre de l'action GOUVERNEMENTALE. Une Constitution démocratique qui ne réunit pas le gouvernement et la législation dans les attributions du Parlement et qui institue, en face de celui-ci, un Exécutif pourvu de quelque indépendance, sera donc amenée, pour la réglementation des rapports entre les deux autorités, à placer au-dessus d'elles, comme supérieur commun, le souverain populaire : de là, des institutions démocratiques telles que l'élection du chef de l'Exécutif par le peuple et le pouvoir pour chacune des deux autorités, parlementaire et gouvernementale, de faire appel au peuple en cas de désaccord entre elles.

    Tout ceci fait, il sera superflu, du moins en ce qui concerne les satisfactions à donner à la souveraineté de la volonté générale, de maintenir une distinction rigide entre la Constitution et les lois ordinaires : car, en tant que cette distinction ne viserait qu'à sauvegarder les droits inhérents à la suprématie populaire, son inutilité ressortirait du fait que les droits supérieurs du peuple se trouvent déjà assurés par les pouvoirs dont il dispose à titre législatif. Sans doute, il est particulièrement utile et désirable, dans une démocratie, que le statut juridique individuel des citoyens soit garanti par des dispositions constitutionnelles contre la toute puissance législative propre à la volonté générale. Mais il est à remarquer que la distinction entre règles constitutionnelles et règles législatives, ainsi motivée, ne se fonde plus sur une exigence découlant de la souveraineté de la volonté générale : elle répond uniquement à la préoccupation de protéger la liberté individuelle.

    Telles seraient les conséquences que devrait nécessairement produire le concept qui définit la puissance de l'État, et notamment sa puissance législative, par les droits appartenant à la volonté générale. Que si ces conséquences démocratiques sont répudiées par la Constitution en vigueur, soit parce que celle-ci ne se fie pas suffisamment à l'éducation politique du peuple, soit par des raisons de sécurité nationale tirées de la position plus ou moins difficile dans laquelle le pays peut se trouver placé au regard de l'étranger, soit pour tout autre motif quelconque, en ce cas il n'est plus permis de parler d'expression ni de représentation de la volonté générale à l'effet de fonder la maîtrise du Parlement. Car il serait incompréhensible qu'après avoir dénié au peuple le droit de faire entendre la volonté générale, l'on prétende invoquer la suprématie de cette volonté populaire pour accroître les pouvoirs du Parlement, sous prétexte qu'il la représente.

    La vérité est donc que, dans une Constitution qui n'admet point les institutions d'intervention directe populaire, les pouvoirs reconnus au Parlement ne sont susceptibles d'être justifiés que par un concept d'AUTORITARISME, c'est-à-dire par L'IDÉE QUE LE PARLEMENT EST INVESTI D'UNE PUISSANCE QUI NE CONSISTE PLUS SEULEMENT À ÉNONCER LA VOLONTÉ DU PEUPLE, MAIS QUI LUI PERMET D'IMPOSER AU PEUPLE SA PROPRE VOLONTÉ : en sorte que, pour les lois en particulier, on ne peut plus dire qu'elles sont simplement délibérées par le Parlement, mais il faut dire qu'elles sont décrétées par lui. Ce concept autoritaire est, il est vrai, tempéré par le régime des élections et réélections périodiques, qui conditionne le recrutement du personnel parlementaire : toutefois, sous les Constitutions qui n'accordent aux citoyens QUE LE DROIT D'ÉLIRE, l'élection ne peut posséder que la signification d'un procédé de désignation, et la volonté générale ne garde la possibilité de faire sentir sa puissance que dans la mesure partielle où ce procédé de désignation lui permet d'influer médiatement sur les directions politiques que prendra l'activité des élus.

    Dès lors, et par cela seul que le Parlement ne tire plus ses pouvoirs d'une représentation effective du souverain, il apparaît que ceux-ci ne peuvent avoir d'autre source que l'octroi qui lui en a été fait par la Constitution : ils ne s'analysent plus en une puissance de souveraineté, mais seulement en une compétence constitutionnelle. Et par suite, la puissance parlementaire perd instantanément l'aptitude à s'ériger en une maîtrise absolue : car, même si le Parlement est, d'après la Constitution, la plus haute des autorités constituées, la puissance dont il dispose, comme autorité de cette sorte, ne peut être, à la différence de celle du souverain, qu'une puissance DÉRIVÉE et, par conséquent, essentiellement SUJETTE À LIMITATION.
    (à suivre)
  • Etienne Chouard PS (suite et fin, 3/3):

    On en arrive ainsi à une série de conséquences inverses de celles qu'a engendrées la théorie de la représentation par le Parlement de la volonté générale. Une première limitation fondamentale découle de ce que la puissance parlementaire, étant une création de la Constitution, ne saurait être maîtresse, à elle seule, du sort de la loi constitutionnelle en vigueur. Déjà, il est difficile d'admettre que l'ouverture de la révision dépende exclusivement de la permission de l'une quelconque des autorités constituées, fût-ce le Parlement : car l'établissement d'un tel monopole revient à rendre la Constitution incommutable au regard de cette autorité, qui cependant n'existe que par elle; et notamment, il équivaut, en faveur de cette autorité, à une intangibilité de ses pouvoirs, qui ne peut se concevoir que chez le souverain et qui est inconciliable avec la notion de pouvoir constitué. Mais surtout, on n'aperçoit pas comment l'accomplissement de la révision et sa perfection même pourraient être laissés à la libre puissance du Parlement; celui-ci, procédant de la Constitution, ne peut pas posséder sur elle des pouvoirs qui impliqueraient que c'est elle qui procède de lui. Ainsi, dès que la Constitution ne consacre pas effectivement les droits souverains de la volonté générale, en faisant du peuple lui-même l'organe suprême, aussi bien dans l'ordre constituant que dans l'ordre législatif, la distinction des lois constitutionnelles et des lois ordinaires, ainsi que la séparation organique des deux pouvoirs constituant et législatif, s'impose en vertu d'une nécessité qui provient de l'impossibilité de concilier dans le même organe les qualités antinomiques de fondateur de la Constitution et d'autorité fondée par elle. En ce qui concerne le Parlement, ces principes ont pour effet, en le maintenant au rang d'autorité constituée, d'exclure, entre sa puissance et celle des autres autorités établies par la Constitution, la différence radicale qui est née chez nous de l'idée qu'en lui seul réside le droit d'émettre la volonté générale. Parlement, Exécutif et autorité juridictionnelle, sont de même essence, en ce sens tout au moins que ces trois autorités sont égales devant la Constitution qui est la source commune de leurs pouvoirs. De cette égale subordination à la Constitution découlent alors deux nouvelles sortes de limitations susceptibles d'être apportées à la puissance parlementaire.

    D'une part, lorsque la Constitution s'est affranchie du dogme de la représentation par le Parlement de la volonté générale, il lui devient possible d'atténuer les supériorités qui appartiennent aux assemblées parlementaires vis-à-vis de l'Exécutif. Assurément, il y a pour le Parlement une cause de primauté qui subsistera toujours : c'est celle qu'il tire de son pouvoir de faire les lois et, par là, de créer l'ordre juridique à l'observation duquel l'Exécutif est soumis. D'ailleurs, il demeure inévitable que, parmi les autorités constituées, il y en ait une qui soit pourvue d'une prépondérance grâce à laquelle puisse se trouver assurée, d'une façon constante, l'unité de puissance et d'action nécessaire à l'État ; or, il a déjà été noté (p. 202), comme une chose évidente, qu'une Constitution telle que celle de 1875 ne pouvait pas songer à placer cette prépondérance ailleurs que dans le Parlement. Mais la légitimité de la primauté parlementaire ne signifie pas que l'Exécutif doive être réduit à une condition de vassalité complète envers les Chambres. Dans un régime organique qui ne serait plus fondé sur la confusion du Parlement avec le souverain, il serait fort concevable que, tout en maintenant la supériorité du Parlement, la Constitution ait réservé à l'Exécutif une certaine part d'indépendance, celle-là même dont il a besoin pour remplir utilement ses fonctions agissantes. Et par exemple, on comprendrait que la Constitution ait pris soin de dicter elle-même au Parlement, par des dispositions formelles, ces restrictions et ces ménagements envers l'autorité gouvernementale que maints auteurs ou hommes politiques exhortent présentement nos Chambres à s'imposer volontairement dans leurs rapports avec cette autorité.

    D'autre part, une fois écartée l'identification de la loi avec la volonté générale, il n'existe plus de raison qui mette obstacle à l'établissement d'un contrôle juridictionnel s'exerçant sur les lois en vue de vérifier leur conformité à la Constitution ; mais il y a, au contraire, de fortes raisons qui appellent la consécration par la Constitution de ce contrôle destiné à empêcher la toute puissance législative du Parlement. Parmi ces raisons, la première de toutes, c'est la subordination du Parlement à l'ordre constitutionnel en vigueur, subordination qui, comme on vient de le voir, entraîne à sa suite la distinction entre lois constitutionnelles et lois ordinaires, ou plus exactement qui réclame l'introduction dans la Constitution des moyens propres à assurer cette distinction. Or, le moyen par excellence de maintenir le législateur dans le respect par lui dû aux règles contenues dans la Constitution, c'est l'ouverture d'une voie de recours contre les lois inconstitutionnelles. On peut hésiter sur les conditions dans lesquelles ce recours doit être organisé. Nous ne serions guère porté, pour notre part, à souhaiter l'adoption du système qui irait jusqu'à permettre à tout tribunal saisi d'un litige de commencer par discuter la validité de la loi applicable à l'espèce avant que d'en faire application. La gravité d'une question contentieuse de cette sorte exige que l'examen en soit réservé à une instance d'une qualité très haute, et surtout à une instance unique qui statuerait erga omnes [à l'égard de tous]. Du moins, si les lois cessaient d'être couvertes du masque de la volonté générale, il deviendrait indispensable que la question de leur constitutionnalité trouvât, lorsqu'elle est soulevée par une partie intéressée, une instance juridictionnelle devant laquelle elle pût être portée.

    Toutes ces réflexions se résument dans l'alternative qui a été posée plus haut. Ou bien la puissance parlementaire se réclame de la souveraineté de la volonté générale : et alors, celle-ci devrait être admise à exercer démocratiquement ses droits souverains au-dessus de toutes autorités, Parlement y compris. Ou, au contraire, les conditions dans lesquelles la Constitution a conféré au Parlement le pouvoir de créer par lui-même et sous sa libre appréciation la volonté nationale, excluent l'idée démocratique d'une souveraineté de la volonté générale et d'une représentation parlementaire de cette volonté : mais alors, le Parlement ne peut plus se réclamer des droits de la volonté générale pour prétendre à une puissance absolue. D'une façon comme de l'autre, on constate qu'il est de l'essence de la puissance parlementaire de comporter des limitations. Cette puissance est nécessairement limitée par celle du peuple, si elle est fondée sur la représentation de la volonté populaire. Elle est essentiellement susceptible d'être limitée, si le Parlement la détient comme puissance propre, qui lui vient de l'organisation constitutionnelle : car la Constitution doit indubitablement être maîtresse de régler originairement, et aussi de modifier éventuellement, l'étendue des pouvoirs de toute autorité qui, constituée par elle, ne tient que d'elle ses compétences.

    Source :
    Bertrand Carré de Malberg :
    LA LOI, expression de la volonté générale (1931) (Conclusion du livre).
    http://www.amazon.fr/loi-expression-volont%C3%A9-g%C3%A9n%C3%A9rale/dp/2717808116
    www.amazon.fr
    La loi, expression de la volonté générale: Amazon.fr: Raymond Carre De Malberg: Livres
  • 2 octobre 2011, 19:37
Etienne Chouard Jacques Billon :
Je ne vois pas du tout la prétendue contradiction que vous prétendez dénoncer : je connais NDA, effectivement, *et figurez-vous que j'en connais encore bien d'autres, de tous les bords*, et avec qui il faudra vous faire à l'idée que je me considère LIBRE d'assister aux conférences (et de serrer la main ou de discuter) sans avoir à vous consulter au préalable.
Ce soir-là (21 novembre 2010), je me souviens de deux bonnes conférences de Jacques Sapir et d'Edwy Plenel (à qui j'ai aussi serré la main, en souriant, et à qui j'ai parlé, *sans votre accord* Aïe ! comment allez-vous le prendre ?).
Je vous informe que je suis aussi allé voir —et j'ai serré la main de, et que j'ai même discuté avec (horresco referens)— François Asselineau, José Bové, Raoul Marc Jennar, et des dizaines d'autres, naturellement : est-ce que votre police de la pensée va me faire un mauvais procès pour chaque conférence visitée ?
N'avez-vous pas mieux à faire, pour le bien commun, que de surveiller les allées et venue du père Chouard ?
Vos reproches sont des commérages.

26 janvier, 01:26 ·

Etienne Chouard Jacques Billon,
Vous prétendez que "je me fais filmer" là où je ne suis que "filmé", je ne suis pas responsable des montages produits ici ou là par les militants des partis à la gloire de leur chef, j'ignore tout de ceux qui ont fait le film qui vous rend si suspicieux, vous voyez le mal là où vous voulez le voir, peut-être de la façon dont vous auriez procédé vous-même, je ne sais pas.

Je ne suis pas si calculateur : je connais NDA (je crois être de ceux qui l'ont, les premiers, sensibilisé à l'enjeu de la création monétaire et au travail de Maurice Allais), je profite donc cette fois-là d'un voyage à Paris pour le retrouver là où il est ; je fais ça avec toutes les personnalités que je souhaite rencontrer, habitant moi-même loin de Paris. Cette fois, c'est à un meeting, bon : il n'est pas interdit de se rendre à un meeting, que je sache, n'est-ce pas ? Et tous les spectateurs ne sont pas des acteurs du spectacle : ils peuvent n'être QUE SPECTATEURS (c'est peut-être cette possibilité qui vous échappe).

NDA est un des responsables de petit parti qui, me semble-t-il, PEUVENT ouvrir leur pensée (et leurs discours) au tirage au sort et à (au moins quelques essais de) la vraie démocratie. Je sais que je rêve un peu, mais pourtant, c'est ça que je dis — je vous le promets et vous n'êtes pas obligé de me croire, mais que puis-je faire de plus que vous expliquer ma démarche ? — c'est ça que je dis, donc, à tous les politiciens de métiers que j'estime "pas-complètement-corrompus-par-le-système-du-gouvernement-représentatif" : je leur demande de se hisser au niveau d'un Robespierre exhortant les Constituants de 1791, pour prouver au peuple leur désintéressement et leur dévouement, à se déclarer eux-mêmes inéligibles aux fonctions qu'ils étaient en train d'instituer.

Donc je veux dire cela à Nicolas Dupont-Aignan, entre autres, et pour le lui dire, il faut bien le rencontrer et entretenir avec lui des relations cordiales, d'autant que je suis largement d'accord, par ailleurs, avec sa résistance à la tyrannie européenne.

Jacques, entendez-moi : je tâche de le dire AUSSI À BIEN D'AUTRES professionnels de la politique qui me semblent CAPABLES de se transformer intérieurement comme je le souhaite, et je rencontre donc ces gens, je vais à leurs meetings, je leur serre la main et je leur parle : j'ai ainsi rencontré José Bové, Arnaud Montebourg, Jacques Cheminade, Nicolas Dupont-Aignan, Jacques Généreux, j'aimerais rencontrer Mélenchon, et j'en passe.

D'après vous, il faudrait que je me cache pour les rencontrer ?

C'est ça, votre injonction ? Soumis à un parti et un seul ou bien clandestin ? Oubliez ça pour moi : il n'en est pas question.

Mes rencontres et mes sorties en ville ne retirent rien à mon indépendance et à ma liberté, elles ne sont pas contradictoires avec ma profonde conviction que les partis nous empêchent de fraterniser et que nous aurions tous besoin d'un système de désignation des représentants moins corrupteur que l'élection, ce faux suffrage universel qui nous prive tous du pouvoir d'écrire et de voter nous-mêmes nos lois.

Maintenant, si vous tenez à cette vision de commère de la politique, libre à vous.

Étienne.

26 janvier, 12:17 ·

Etienne Chouard Ceci dit, vous avez raison de vous méfier : il faut se méfier (au moins un peu) de tous ceux qui parlent, OK ; c'est une hygiène tout à fait démocratique pour un citoyen de base. Et il n'y a pas de raison que j'échappe moi-même à cette suspicion systématique.
Méfiez-vous donc tout votre saoul. Mais ne vous fermez pas quand même, s'il vous plaît : se méfier des discours et des hommes, par principe, et devenir fermé à toute idée autre que les siennes en voyant le mal partout en dehors de son propre parti, ce n'est pas la même chose. Il ne vous à pas échappé que, en dehors de cette "très importante" et "tout à fait décisive" scène que vous montez en épingle pour je ne sais quelle raison, je produis quelques idées originales qui pourraient peut-être servir les vôtres, vous aussi, si vous arriviez à vous déprendre d'une vision partisane de la politique.
Ce qui n'est pas facile, j'en conviens.
Si, comme je le crois, vous cherchez le bien commun, nous serions bien bêtes de ne pas arriver à nous entendre, finalement.
Étienne.

26 janvier, 12:27 ·

Etienne Chouard Je ne connais pas à fond les programmes de NDA et FA, mais il me semble que vous avez raison : NDA se bat plus sur la sortie de l'euro que sur la sortie de l'UE, ce qui est, à mon sens, tout à fait insuffisant.

Pour le dire tout net — je l'ai déjà dit, mais je veux bien le répéter —, celui qui défend — actuellement — la meilleure ligne pour nous sortir du piège à rats de l'Union européenne, c'est François Asselineau, et de loin. J'aimerais que Mélenchon et Généreux le rejoignent sur cette ligne mais ce n'est pas encore le cas.

Le problème est que ce résistant passionnant n'aura sans doute pas les signatures pour même se présenter, ce qui est un véritable SCANDALE, un révélateur (un de plus) de la nature mafieuse de nos institutions. Plus ça va, plus je suis en révolte contre cette prétendue constitution (celle de 1958) qui n'est est pas une, puisqu'une constitution digne de ce nom PROTÈGE le peuple qui la reconnaît, alors que celle-là nous ASSERVIT.

Nous n'avons pas de Constitution.

Mais c'est NOTRE FAUTE, puisque nous dispersons stupidement nos forces sur les CONSÉQUENCES de ce drame, au lieu de nous en prendre à sa CAUSE première : la mauvaise qualité du processus constituant, toujours corrompu par les pires conflits d'intérêts.

J'insiste : c'est à nous, NOUS TOUS — y compris Jacques Billon —, de nous transformer en formateurs de formateurs, à la base, entre nous, pour devenir des millions à tomber d'accord pour faire de la qualité du processus constituant la priorité des priorités.

26 janvier, 13:42 ·

  • Etienne Chouard Jacques-Henri Diouf,

    - Pardon pour l'impression de "faire la morale" : je parlais à Jacques Billon (qui signalait qu'il se méfiait de moi — saine posture, selon moi).

    - Le mot "gouvernance" me hérisse : j'ai de plus en plus l'impression que c'est le mot de passe entre les salauds, le code pour se reconnaître entre eux (les salauds qui sont en train d'imposer en douce le projet le plus antidémocratique qui ait jamais été institué). Je me trompe peut-être, mais c'est ce que m'inspire le mot, compte tenu de l'usage qui en est fait et de ses usagers.

    - Le tirage au sort, malgré l'espoir solide (rationnel) qu'il fait naître dès qu'on y réfléchit bien, devra sans doute être testé, apprivoisé, et amélioré à petite échelle d'abord (sauf pour son premier usage : pour l'Assemblée Constituante, on peut y aller franchement, à n'importe quelle échelle). Pas question, donc, d'organiser d'emblée un gouvernement mondial, pas même avec le tirage au sort (et ses contrôles permanents) au centre, sans avoir la certitude PRÉALABLE qu'une majorité d'électeurs se sont enfin métamorphosés en citoyens, conscients que l'élection est un piège antidémocratique et PRÊTS À DÉFENDRE personnellement les piliers d'une vraie démocratie (iségoria, isonomia, tirage au sort, reddition des comptes et contrôles drastiques, mise en scène des conflits, etc.). En effet, il me semble qu'une démocratie digne de ce nom ne peut vivre QUE PROTÉGÉE quotidiennement par un grand nombre de citoyens, actifs et armés, un peu comme des GLOBULES BLANCS qui défendent leur organisme.

    - Est-ce qu'on risque de se faire enfumer par les escrocs professionnels ? À coup sûr, OUI. Mais ce n'est pas parce que des affreux détournent, récupèrent ou déforment le projet démocratique qu'il faut y renoncer, bien sûr : il faut bien découvrir et connaître ce qui compte le plus, défendre mordicus ce cœur nucléaire, et nous passer le mot à toute vitesse entre fourmis, et à grande échelle, autant que nous le pouvons.
    Pas sûr que ça marche (il est si tard), mais que peut-on faire de mieux ?

    L'élection de professionnels est une IMPASSE pour tous les autres, par construction.

    Amicalement.
    Étienne.
  • Etienne Chouard Jacques Billon,
    vous présentez votre défiance comme une menace, mais vous vous trompez : je ne cherche pas votre confiance, je ne vous demande rien: je ne suis pas candidat.

    Votre défiance ne me fait donc pas peur du tout.

    Je ne cherche pas votre confiance : je cherche votre intelligence. Votre intelligence critique pour m'aider à imaginer un système original et robuste contre les abus de pouvoir, TOUS les abus de pouvoir.

    Je ne cherche pas à avoir raison, ni à prouver que vous avez tort : je cherche une forme de vérité ou de justice, celle qui, par construction, nous protègera tous des "TROP-RICHES" du moment, ceux qui n'ont pas de vergogne et qui menacent le bonheur de la Cité.

    Au lieu de vous méfier de moi, vous feriez mieux d'examiner mes idées, de me signaler ce qui cloche, et de proposer vos propres améliorations astucieuses : et si elles me permettent de progresser, je vous embrasserai !

    Il est tout à fait incongru de m'évaluer sur une échelle politicienne, et à l'aune d'une (misérable) élection : je ne suis candidat à rien, je ne veux ni Dieu ni Maître, et je ne veux gouverner personne.

    On va bien finir par se comprendre.

    Étienne.

    PS : j'ai regardé à nouveau cette vidéo et je comprends que vous ayez l'impression que tout ça est monté d'avance, même si ce n'est absolument pas le cas ; les monteurs ont bien bossé, c'est une forme de récupération, c'est sûr. Mais en même temps, comme je ne suis pas (du tout) hostile à NDA, je n'en veux à personne : c'est dans l'ordre des choses, voilà tout : ils ont besoin de soutiens, ils prennent tout ce qu'ils peuvent. Ce n'est pas si grave. Est-ce que j'y perds quelques chose ? Je ne crois pas. De toutes façons, qu'est-ce que j'ai à perdre, puisque je ne suis candidat à rien ? Je vous jure que je n'ai pas échangé un mot avec l'équipe qui a tourné et monté ce truc, voilà. Bien sûr, j'ai vu ce jour-là qu'il y avait des caméras, j'ai compris que peut-être j'allais apparaître sur une vidéo (une fois de plus) ; mais je n'y ai vu aucun mal parce que, objectivement, il n'y avait aucun mal, je crois. J'ai l'habitude des caméras, c'est banal.
    Tout ça, c'est du temps perdu avec des couillonnades : je vous rappelle que nous allons perdre cette élection, comme d'habitude, comme prévu, comme nous les avons toutes perdues depuis deux cents ans. Alors inutile de se prendre au sérieux de ce point de vue, me semble-t-il.

 

Etienne Chouard Jacques,
Ce sont de beaux messages que vous m'envoyez là. Merci Je suis d'accord avec de très nombreux points, et je suis conscient que je me trompe peut-être en cherchant à rester libre de toute contrainte partisane. Mais c'est ainsi, je ne vais pas répéter mon raisonnement.
Je ne suis pas sûr que vous me lisiez correctement : avez-vous noté que je répète partout que le meilleur résistant, pour nous sortir de ce piège à rats, c'est Asselineau ? Ça ne vous suffit pas ? Il vous faut une totale allégeance ?!
Alors là, si je peux me permettre, cette position est complètement sectaire (elle pousse les gens à se couper complètement des autres et à suivre aveuglément "le chef" et seulement lui)... Sans vous en rendre compte, sans doute, vous effrayez ainsi, probablement, des tas de gens intéressés par FA mais *pas exclusivement* ; vous me faites penser à certains jeunes fougueux militants de Solidarité et progrès qui en font des tonnes avec les passants, qui les forcent trop à adhérer tout de suite, et qui - sacré paradoxe et grand échec - font passer le parti de Cheminade pour une secte. Pourtant, ils sont très gentils, très dévoués, très honnêtes, et d'un certain point de vue, ils ont raison de bousculer un peu les électeurs pantouflard passifs et complices de leur propre oppression. Mais c'est ainsi : on ne force pas les gens à changer d'avis, il faut être plus patient : si vous avez raison (et François a raison, je crois -- sauf sur le tirage au sort ), les gens se rallieront à vous, progressivement, à leur rythme. Ça ne sert à rien de tirer sur l'herbe pour qu'elle pousse plus vite ; ça l'arrache au contraire.
Laissez-moi ma liberté de penser, s'il vous plaît, et considérez que je m'engage politiquement- ô combien- même hors parti, et sans gêner FA, au contraire : si ça se trouve, je l'aide plus que vous
Maintenant, ce serait bien que vous arriviez à parler d'autre chose, parce qu'on a passé trop de temps à se bagarrer dans notre chambre
Etienne.

27 janvier, 10:29

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Published by turandot - dans politique
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17 décembre 2012 1 17 /12 /décembre /2012 13:50

Je me permets ce copié-collé (origine : facebook)...ce serait dommage de rater ce billet : J'espère qu'Etienne ne m'en voudra pas ?!

par Etienne Chouard, dimanche 2 octobre 2011, 19:26 ·

OBJECTIONS (2) AU TIRAGE AU SORT EN POLITIQUE,

ET PROPOSITIONS (2) DE RÉFUTATIONS RATIONNELLES

 

Rappel des épisodes précédents : une intéressante controverse a commencé quand Monsieur Asselineau a publié (http://www.facebook.com/upr.francoisasselineau/posts/10150332561152612) une première série de reproches à l'idée d'utiliser le tirage au sort en politique pour fonder et protéger une démocratie digne de ce nom.

 

Rapidement, j'ai répondu point par point à cet argumentaire : http://www.facebook.com/notes/etienne-chouard/objections-au-tirage-au-sort-en-politique-et-propositions-de-r%C3%A9futations-rationn/10150398358067317

 

Hier, François Asselineau a réagi à son tour en étudiant point par point mes réponses : http://fr-fr.facebook.com/upr.francoisasselineau/posts/254132797957858

 

C'est à ce dernier message public que je réponds à mon tour, en glissant dans le texte de François Asselineau mes propres objections, entre crochets et en italiques comme précédemment. 

 

-----

 

[ÉC : DEUXIÈME SÉRIE DE RÉPONSES D'ÉTIENNE CHOUARD, en italiques et entre crochets, AUX RÉACTIONS DE FRANÇOIS ASSELINEAU à propos de l'utilisation du tirage au sort en politique (http://fr-fr.facebook.com/upr.francoisasselineau/posts/254132797957858) :

ÉC.]

 

J'ai hésité à répondre aux arguments avancés par une tierce personne en lieu et place de M. Chouard sur Agoravox car je n'ai pas envie de donner du relief à cette idée de tirage au sort.

 

[ÉC :  Avant de répondre point par point à François Asselineau —dont je respecte le travail admirable de dénonciation méticuleuse et puissante du projet de domination européen, et la présente controverse ne changera rien à ce respect—, je voudrais formuler quelques remarques préliminaires :

 

• D'abord, un inconvénient des controverses est que nous sommes parfois conduits à radicaliser nos positions par le jeu même des arguments adverses, et nous pouvons souvent — l'un et l'autre — être conduits insensiblement à défendre (temporairement) des positions plus radicales que celles qui sont profondément les nôtres.

 

Ainsi, après avoir travaillé six ans à amender (sans penser les abolir !) les institutions du gouvernement représentatif (voir notamment mon forum : http://etienne.chouard.free.fr/forum ), les récentes discussions (passionnées) sur la démocratie athénienne m'ont progressivement conduit à me faire le défenseur opiniâtre de cette démocratie directe antique dont les germes essentiels me semblent effectivement très intéressants pour nous autres, modernes, et au sujet de laquelle les calomnies (souvent d'origine parlementaire), ressassées ad  nauseam depuis deux cents ans, me semblent parfaitement injustes et infondées.

 

Et me voici donc devenu, par le jeu des polémiques successives (passionnantes au demeurant), le défenseur apparemment inconditionnel de la seule démocratie directe à l'athénienne, comme si je n'avais pas d'autres projets, plus modérés et plus raisonnables : je rappelle donc que l'essentiel de mon travail depuis six ans consiste à améliorer la représentation du peuple dans le cadre du gouvernement représentatif.

 

Je rappelle que ce gros travail me permet d'affirmer qu'il y a au moins un tirage au sort qui est absolument NON NÉGOCIABLE, et c'est LE TIRAGE AU SORT DE L'ASSEMBLÉE CONSTITUANTE, sans lequel aucune démocratie digne de ce nom, ni gouvernement représentatif respectable, ne sera jamais instituée. Je ne développe pas ici, j'en parle partout.

 

Au-delà de cet usage minimum (à mon avis, incontournable) du tirage au sort, toutes les réflexions sont intéressantes, mais plus optionnelles : démocratie directe sous forme de fédération de communes libres ; ou gouvernement représentatif profondément amélioré, par des CONTRÔLES des élus et des organes (législatifs, exécutifs, judiciaires, médiatiques et monétaires) à tous les étages, par la puissance autonome reconnue aux INITIATIVES POPULAIRES, par une chambre tirée au sort en complément de celle élue, etc.

 

• Ensuite, il semble que les authentiques démocrates soient appelés à se faire salir par ceux qui appellent "démocratie" son strict contraire : les noms d'oiseau 'fasciste' ou 'd'extrême droite' ou 'totalitaire' volent bas, ces temps-ci.

 

Il me semble donc utile de souligner ce qu'est, à mon sens, la différence entre la droite et la gauche : historiquement (et à juste raison pour la défense de l'intérêt général), le mot DROITE désignait pendant la Révolution française la position dans l'hémicycle des défenseurs des PRIVILÉGIÉS de l'Ancien régime. Cette ligne de clivage me paraît parfaitement pertinente et adaptée à l'époque moderne, époque où la multitude des (relativement) pauvres a toujours beaucoup à craindre des intrigues et des abus de pouvoir des grands privilégiés du moment.

 

LE VRAI MARQUEUR GAUCHE/DROITE, À MON SENS,

C'EST : "POUR OU CONTRE LES PRIVILÈGES ET LES PRIVILÉGIÉS".

 

Or, il se trouve que, depuis que les socialistes ont eu le pouvoir en 1981, et plus précisément depuis le début, en 1983, de leurs honteuses et interminables trahisons, une certaine "gauche" (celle qui est en fait devenue d'extrême droite sans l'avouer, c'est-à-dire au service servile des privilégiés, de façon littéralement scandaleuse), comme pour faire oublier ses félonies, s'est forgée une vertu factice en défendant (d'une façon presque hystérique, sans doute à la mesure des mensonges que nous sommes priés de passer par pertes et profits) de nouvelles "valeurs de gauche" (à mon avis totalement étrangères aux vraies causes des multiples injustices sociales) comme l'interdiction de la peine de mort, l'autorisation de l'avortement, la lutte contre le racisme et l'antisémitisme (comme s'ils n'étaient pas une seule et même plaie), la lutte contre les discriminations (accompagnée du communautarisme afférent, profondément antirépublicain), la lutte contre le 'nationalisme' et contre le 'souverainisme' dénoncés comme source des guerres entre les peuples (alors que la vraie cause des causes des guerres, ce sont bien plutôt les cartels et les banques, c'est-à-dire les grands privilégiés, qui instrumentalisent le nationalisme et le racisme), etc. Toutes sortes de sujets de sociétés IMPORTANTS MAIS SECONDAIRES, toutes CONSÉQUENCES ET PAS CAUSES de nos maux, par rapport aux vrais méfaits du capitalisme déboutonné : libre-échange, déréglementation financière, délocalisations, paradis fiscaux, réduction des impôts des riches, Union européenne structurellement antidémocratique et antisociale, démantèlement des services publics, privatisations, recul des protections sociales, corruption des pouvoirs, etc.

 

Je recommande à ce sujet l'excellent live de Jean-Luc Mélenchon, "En quête de gauche", qui dresse un récapitulatif planétaire de toutes les trahisons des partis socio-démocrates du monde : une interminable litanie de saloperies, qui évoquent évidemment celles de notre PS national, véritable catastrophe antisociale.

 

C'est bien la trahison des élus de gauche qui nous conduit tous à l'absence d'alternative et à la catastrophe actuelle, depuis 1983, et qui nous y enferme encore.

 

La lutte contre les méfaits de la CLASSE DES GRANDS PRIVILÉGIÉS ayant donc disparu des objectifs de la soi-disant "gauche socialiste", nous autres (citoyens ravalés à la condition humiliante d'électeurs) sommes donc condamnés par le régime du soi-disant "gouvernement représentatif" (qui ose s'autoproclamer "démocratie", il y en a qui ne manquent pas d'air), CONDAMNÉS À SUBIR LES MALTRAITANCES DE DEUX PARTIS DE DROITE : L'UMP et le PS, qui sont de droite en ceci qu'ils défendent tous les deux, à toute force, les intérêts des grands privilégiés ; ceux qui ne le voient pas en ce moment ne verront jamais rien.

 

Pour ma part, jusqu'à nouvel ordre, je classe donc Monsieur Asselineau à gauche, parce qu'il résiste vaillamment aux projets de domination totale des grands privilégiés, et le PS à l'extrême droite, parce qu'il organise et nous impose depuis trente ans le piège antidémocratique et antisocial de l'Union européenne et parce qu'il défend toujours servilement les intérêts des ultras riches en France.

 

• Dernier point : j'observe que ma proposition médiane — un régime mixte où voteraient les lois deux chambres, une chambre de professionnels élus et une chambre d'amateurs tirés au sort — n'a pas été commentée par Monsieur Asselineau. C'est dommage, car c'est une idée qui permettrait à un élu, soucieux d'associer les gouvernés à son action, de partager avec le peuple un peu du pouvoir qu'il brigue : je n'arrive pas à croire que Monsieur Asselineau tienne absolument à garder le peuple totalement à l'écart de toute action politique une fois qu'on lui aura donné le pouvoir en l'élisant.

 

ÉC]

 

Mais ce fil de discussion [http://fr-fr.facebook.com/upr.francoisasselineau/posts/254132797957858] me pousse quand même à réagir.

 

-----

 

Comme le dit très justement Aarav at Vaji, les réponses de M. Chouard à mes objections à son idée de tirage au sort, telles qu'elles sont apparues sur Agoravox, n'étaient pas sérieuses. Elles étaient même parfois assez inquiétantes. Elles reposaient surtout sur un art de l'esquive et sur des affirmations péremptoires et extrêmement discutables.

 

[ÉC : Ces premières affirmations reviendront peut-être comme un boomerang, chacun jugera sur pièces. Venons-en aux arguments.

ÉC]

 

Tout cela est assez inattendu de la part de quelqu'un qui entend d'aller au fond des choses.

 

[ÉC : Même remarque.

ÉC]

 

J'en prendrais pour preuve 3 exemples parmi mes 10 objections :

 

=====================================

 

1) - mon objection n°1 était que le tirage au sort proposé par M. Chouard consiste tout bonnement à supprimer les urnes, les scrutins, le suffrage universel et les partis politiques, le tout sous couvert de démocratie.

 

[ÉC : Vous n'insistez que sur la suppression (d'un mensonge politique — ce n'est pas un détail) sans voir ce qui est proposé à la place (le vrai demos cratos, honnêtement). Pour ne pas la laisser déformer, je vais reconstituer ci-dessous l'intégralité de l'idée que je défends :

 

• Je propose effectivement de supprimer les URNES (où les électeurs sont invités à se contenter de déposer le nom d'un MAÎTRE politique qui décidera de tout à leur place pendant cinq ans), et de les remplacer par le VOTE DIRECT sur chaque loi de tous les citoyens (qui le désirent) à l'Assemblée.

 

C'est-à-dire que je propose UN SYSTÈME QUI CESSE D'EXCLURE les citoyens de l'action politique (parce que l'exclusion du peuple de tout pouvoir au quotidien est bien le résultat évident de l'élection, il n'y a que les élus pour ne pas le voir), et qui associe au contraire pleinement tous ceux qui le souhaitent à cette action politique, quotidiennement.

 

• En d'autres termes (parce que c'est la même chose dit autrement), je propose effectivement de SUPPRIMER LE FAUX "suffrage universel" (imposé par les élus et qui consiste à seulement choisir son maître politique et à renoncer à toute puissance politique) et LE REMPLACER PAR LE VRAI suffrage universel qui est le vrai vote de vraies lois par de vrais citoyens dans une vraie assemblée démocratique au service du vrai intérêt général.

 

Si vous ne retenez que le premier terme du paragraphe précédent, et en retirant le mot FAUX par surcroît, vous avez suffisamment déformé ma pensée pour la réfuter facilement. Mais cette réfutation serait sans doute plus difficile en la respectant.

 

• Et enfin, comme une conséquence logique de la disparition des élections de nos maîtres, effectivement, je prévois la disparition des partis, puisqu'ils ne servaient qu'à gagner les élections.

 

Nota : tout cela n'est pas présenté "sous couvert de" démocratie : tout cela est "la substance même" de toute démocratie digne de ce nom.

 

Mais il est vrai que cela n'apparaît qu'à ceux qui ne croient plus aux bobards parlementaires :

 

DEMOS CRATOS,  CE N'EST  PAS  PARLEMENTAROS CRATOS…

 

ÉC]

 

J'estime qu'une écrasante majorité de Français rejetterait cette idée (et j'estime aussi qu'ils auraient raison de la rejeter).

 

Objection à laquelle M. Chouard a répondu en substance trois choses :

 

1.1.)- tout pourrait changer très vite

-------------------------------------------

Je suis désolé mais ce n'est pas une réponse, c'est une simple affirmation, une pétition de principe. M. Chouard n'a aucune preuve, aucun indice de ce qu'il affirme, il n'explique nullement comment il va faire pour convaincre les Français d'abandonner le suffrage universel, qui est l'une des plus grandes conquêtes de la République [ÉC : Je le conteste. ÉC] et qui est le seul moment où ils ont un rôle actif [ÉC : JE NE VOUS LE FAIS PAS DIRE !  ÉC] ; il n'explique pas davantage comment il va parvenir concrètement à modifier la Constitution française sur ce point (car il le faudrait).

 

[ÉC : Là encore, je ne vous le fais pas dire : cette situation véritablement scandaleuse, où seuls les parlementaires, à l'initiative du gouvernement, peuvent MODIFIER EUX-MÊMES LA CONSTITUTION QU'ILS DEVRAIENT CRAINDRE ET QUI DEVRAIT LEUR ÊTRE PARFAITEMENT INACCESSIBLE, cette situation profondément antidémocratique est un piège politique conçu et imposé par… les élus eux-mêmes. Je vous prie de noter ce fait.

 

Depuis la nuit des temps, les pouvoirs ont une tendance naturelle et puissante à S'AUTONOMISER, c'est-à-dire à s'affranchir progressivement de tous les contrôles.

 

Et le fait que nous soyons effectivement enfermés dans un piège institutionnel ne doit pas nous interdire de le critiquer et de réfléchir aux moyens réalistes d'en sortir. C'est pourquoi j'invite mes concitoyens (ceux qui ne briguent aucun pouvoir — mais qui redoutent naturellement les abus de pouvoir) à se réapproprier le processus constituant :

 

LA MAUVAISE QUALITÉ DU PROCESSUS CONSTITUANT EST, SELON MOI, LA CAUSE DES CAUSES DE TOUTES LES INJUSTICES SOCIALES.

 

Il est absolument essentiel, pour toute société organisée autour d'un état de droit, que les membres de l'Assemblée constituante (et ceux du Conseil constitutionnel) soient DÉSINTÉRESSÉS, c'est-à-dire qu'ils n'écrivent pas des règles pour eux-mêmes.

 

Et nous ne sortirons évidemment pas du piège parlementaire en demandant la permission aux parlementaires ou aux divers professionnels de la politique. 

 

ÉC]

 

--

 

1.2.)- de toute façon les élections auraient toujours été sans effet et leurs résultats trahis.

------------------------

 

Je suis désolé mais cette affirmation de M. Chouard est une énormité d'un point de vue historique !

 

[ÉC : L'énormité est peut-être du côté du fait de monter en épingle quelques succès (effectifs, mais relatifs) pour masquer la foultitude des échecs, des trahisons et des reculs.

 

Je renouvelle mon invitation à lire le récapitulatif passionnant (et révoltant) de toutes les trahisons des élus socio-démocrates, pourtant "de gauche", à travers le monde (Jean-Luc Mélenchon, "En quête de gauche", 2007). 

 

ÉC]

 

Sans remonter avant 1914, les élections législatives du Cartel des Gauches de 1924, plus encore du Front Populaire de 1936, celles de 1945, 1946, 1958, 1962, 1968, 1981, 1986 ou 1993 provoquèrent des changements politiques significatifs, parfois majeurs et même historiques.

 

[ÉC :

 

- Vous les trouvez "significatifs", "majeurs" et "historiques" ;

 

- Je les trouve "dérisoires" au regard de l'injustice sociale généralisée et du cynisme triomphant de notre époque.

 

C'est clairement une divergence d'appréciation.

On ne peut pas être d'accord sur tout ;-)

 

Par ailleurs, je rappelle que les avancées du front populaire ne doivent rien à l'élection de candidats "de gauche" (qui avaient, comme les autres, PROMIS EN COULISSE au patronat et aux banques de ne pas monter les salaires !), mais bien à la mobilisation massive et déterminée (des millions de personnes dans les rues).

 

Ne pas mettre au crédit de l'élection ce qu'elle ne mérite pas.

 

Quant à 1981, je n'oublie pas que cette élection a rendu possible (après quelques mois de changements effectivement enthousiasmants) la pire régression antisociale et antidémocratique qui soit.

 

ÉC]

 

Si les élections en France ne produisent plus, DE NOS JOURS, de changements politiques et trahissent toutes les promesses faites aux électeurs, [ÉC : Eh bien vous voyez que nous sommes d'accord… :-) ÉC] ce n'est donc pas parce que le principe même de l'élection est vicié ; c'est parce que tous les pouvoirs essentiels ont été volés aux Français et transférés à Washington, Bruxelles et Francfort !

 

[ÉC : Ah oui ? Et volés par qui, s'il vous plaît, si ce n'est pas par les ÉLUS ?

 

ÉC]

 

Cela fait d'ailleurs 4 ans et demi que je parcours les routes de France pour en informer mes concitoyens.

 

[ÉC : Et je vous en félicite, sincèrement.

 

ÉC]

 

De fait, le traité de Maastricht de 1992 a produit ses effets mortels pour la démocratie puisque les dernières élections législatives ayant eu un impact réel sur la situation sont sans doute celles de mars 1993. Toutes les autres ont été suivies de nul effet puisque les députés n'ont plus de pouvoir réel autre que la transposition obligatoire "du droit communautaire".

 

[ÉC : Effectivement : la souveraineté nationale a été sabotée par… nos ÉLUS. 

Le traité de Maastricht ne tombe pas du ciel, et la trahison de nos élus a une cause première, structurelle : tout le monde voit bien (à part les élus, peut-être) que C'EST LA DETTE DES ÉLUS ENVERS CEUX QUI LES ONT FAIT (ET QUI LES FERONT) ÉLIRE QUI EST LE VICE CENTRAL PERMANENT DE TOUTES LES ÉLECTIONS À GRANDE ÉCHELLE.

 

ÉC]

 

--

 

1.3.)- on pourrait très bien "faire de la politique sans parti politique" et ceux-ci seraient en gros inutiles, sinon nuisibles.

 

------------------------------------------------------------

 

Je suis désolé mais cette position de M. Chouard, qui veut donc supprimer les élections, le suffrage universel et les partis politiques, ressemble comme deux gouttes d'eau à tous les régimes totalitaires qui ont ensanglanté l'époque contemporaine et qui ont tous prétendu fonder leur pouvoir sur le peuple, contre les corps intermédiaires.

 

[ÉC : Dites-moi : est-ce que les régimes totalitaires en question ne pratiquaient pas, comme nous,… l'élection ?

 

Ah bon ?

 

Et si vous trouvez que ces régimes —effectivement sanglants— ressemblent "comme deux gouttes d'eau" à la démocratie athénienne, il faut changer de lunettes :

 

- dans un cas, le peuple asservi par des maîtres (professionnels de la politique désignés par des élections truquées, comme chez nous) travaille comme un bœuf, doit souffrir en silence et ne compte pour rien en politique ;

 

- dans l'autre, le peuple défend victorieusement son droit de parole publique et son droit de vote personnel sur toutes les lois (en ne déléguant que très peu de pouvoir, et par tirage au sort pour imposer à tout prix un amateurisme politique fondamental) pendant deux cents ans contre les oligarques et aspirants-chefs de tout poil.

 

"Comme deux gouttes d'eau"… Vous me faites rire.

 

ÉC]

 

Je ne sais pas très bien si M. Chouard se rend compte des conséquences ultimes de ce qu'il propose. Son utopie n'est réalisable que dans le cadre d'une humanité mythique, peuplée d'êtres humains tous vertueux et pénétrés du bien public.

 

[ÉC : C'est justement le contraire :

 

- le gouvernement représentatif est précisément bâti sur le mythe de la compétence et des vertus supposées des élus, comme si l'élection suffisait à garantir la vertu des élus (on croirait entendre une blague…),

 

- alors que la démocratie PREND ACTE des IMPERFECTIONS de TOUS les citoyens et ne leur donne que très peu de pouvoir (et surtout pas celui de voter les lois !), et qu'elle assortit donc logiquement le tirage au sort d'innombrables CONTRÔLES qui POUSSENT RÉELLEMENT les représentants à la vertu. 

 

Où sont les contrôles (populaires) dans notre gouvernement représentatif ?

Répondez-moi, s'il vous plaît, éclairez-moi.

Alors ?

Qui est utopique ? Qui est réaliste ?

 

ÉC]

 

Dans la pratique, ce n'est pas du tout comme ça que les choses se passent. Et toute l'Histoire universelle nous a prouvé la justesse de ce proverbe français qui dit que "Qui veut faire l'ange fait la Bête".

 

[ÉC : Désolé, je ne comprends pas.

 

ÉC]

 

Toute l'Histoire a en effet montré que la suppression des élections, du suffrage universel et des partis politiques entraînent des conséquences qui échappent à la volonté des hommes et qu'au lieu de produire la concorde et l'harmonie, elles se sont révélées dramatiques et criminelles, PARTOUT et TOUJOURS.

 

[ÉC : Si c'est "partout et toujours", vous n'aurez donc aucun mal à me donner UN exemple : donnez-moi un exemple —un seul me suffira— où une démocratie réelle ait été instituée sur terre et qui nous permettrait d'en évaluer les résultats.

 

Alors ?

 

Quelles sont donc ces expériences démocratiques où les partis auraient disparu ? Dans tous les régimes totalitaires qui me viennent à l'esprit, je vois au contraire UN PARTI UNIQUE (soit franchement unique, soit fallacieusement dual avec deux grands partis qui poursuivent en fait un seul et même projet de domination) écraser littéralement les humains hors parti.

 

Vous pouvez prendre "toute l'histoire" à témoin, il n'y a PAS, à ce jour, d'autre expérience démocratique DIGNE DE CE NOM que celle d'Athènes.

 

 ÉC]

 

C'est pourquoi je pense que M. Chouard serait bien avisé de méditer cette célèbre parole de Churchill : "la démocratie est le pire des systèmes... excepté tous les autres". Et lorsque Churchill parlait de démocratie, il parlait bien de démocratie parlementaire, avec des élections et des partis politiques.

 

[ÉC : Pour ma part, je ne prends pas pour parole d'évangile les blagues de salon d'un homme capable de bombarder sciemment des centaines de milliers de civils. Je trouve ce jeu de mot (rabâché comme un mantra par les privilégiés) privé de toute pertinence démonstrative. Qu'a-t-on PROUVÉ avec une telle assertion ? Rien du tout. C'est une pétition de principe : "circulez, y a rien à voir (du côté de la démocratie)", nous assène l'oligarque.

 

Churchill n'est pas, pour moi, une référence démocratique.

 

ÉC]

 

=====================================

 

2°) Une autre de mes objections était que la fiabilité du résultat du tirage au sort serait impossible à prouver et que cela provoquerait énormément de rumeurs et pourrait créer des troubles à l'ordre public.

 

Objection à laquelle M. Chouard a répondu en affirmant que les élections étaient souvent truquées aussi et qu'il se faisait fort d'assurer la sincérité du tirage au sort (en égrenant quelques mots grecs pour donner dans le jargon technique).

 

[ÉC : Les détails pratiques du tirage au sort quotidien à Athènes, et le souci permanent de contrôle des Athéniens, sont bien décrits par Yves Sintomer dans son livre (enthousiasmant) : "Le pouvoir au peuple. Jurys citoyens, tirage au sort et démocratie participative" (La Découverte, 2007). Je vous invite à les découvrir, vous verrez que, effectivement, la triche était particulièrement difficile avec ces machines, très simples.

 

Voyez http://etienne.chouard.free.fr/Europe/Ressources_UPCPA/UP_d_Aix_sur_le_tirage_au_sort_kleroterion_Sintomer_Montesquieu_Tocqueville.pdf

 

Par ailleurs et surtout, je souligne qu'IL Y AVAIT MILLE FOIS MOINS DE RAISONS DE TRICHER QU'AUJOURD'HUI : si nos élus se battent aujourd'hui au point de parfois tricher, c'est parce que le poste d'élu est devenu "un fromage", une rente très confortable, et parfaitement à l'abri de tous les contrôles citoyens : c'est donc une véritable aubaine. Alors que les représentants tirés au sort à Athènes prenaient une charge, une vraie, avec plus de devoirs que de droits, et le risque redoutable de la reddition des comptes et de la punition sévère toujours possible.

 

L'absence de mobiles pour tricher ne doit pas être perdue de vue, notamment dans les réflexions qui suivent, où vous transposez le tirage au sort tout seul dans nos institutions actuelles, ce qui donne des résultats aberrants, bien sûr, mais ce qui n'est absolument pas le projet démocratique : pour réfuter correctement la pensée de l'autre, il faut la respecter, la comprendre ; si on est obligé de la déformer, c'est que les arguments pour la réfuter ne sont pas si forts.

 

ÉC]

 

Je suis désolé mais cette réponse est non seulement une pirouette, mais elle est surtout factuellement extrêmement fausse.

 

[ÉC : C'est joli, les pirouettes, et vous n'êtes pas maladroit non plus ;-)

ÉC]

 

Il suffit de réfléchir un instant :

 

== 2-A == dans le système d'élections, un nombre très important d'électeurs doit faire son choix entre un tout petit nombre de bulletins de vote : en général moins de 10 bulletins au 1er tour de chaque élection, et en général 2 bulletins (parfois 3 ou 4 exceptionnellement) au second tour de scrutin.

 

Pourquoi les élections procurent-elles un sentiment de grande fiabilité aux électeurs ?

 

[ÉC : Vous faites bien de parler de "sentiment", car il repose sur une réalité bien fragile. ÉC]

 

Pour 3 raisons essentielles :

 

1- CHAQUE ÉLECTEUR EST UN ACTEUR DU SCRUTIN

Il se déplace, il prend les bulletins en main lui-même, il va dans l'isoloir, puis il vote dans l'urne.

 

[ÉC : Un acteur ? On se fiche de qui ?

Vous pensez vraiment ce que vous dites ?

 

70 % des citoyens qui se méfient de TOUS les partis politiques dans les sondages répétés ont compris l'arnaque qui consiste à monter en épingle (toujours le même talent de camelot qui sait vendre du vent à prix d'or) le faux choix qui est imposé par les élus aux électeurs.

 

Figurez-vous, vous qui êtes candidat, qu'il existe de nombreux humains, aussi respectables que les autres, qui aspirent à une puissance politique supérieure aux (faux) choix de TUTEURS qui sont la substance véritable du prétendu "suffrage universel" du prétendu "gouvernement représentatif".

 

Avez-vous bien compris que, dans l'alternative démocratique que je défends, chacun des ÉLECTEURS —que vous appelez "acteur" au seul motif qu'il consent à faire de vous son maître et puis c'est tout—, chacun de ces électeurs devient (en vraie démocratie) un CITOYEN, c'est-à-dire un humain qui va VOTER LUI-MÊME CHACUNE DES LOIS auxquelles il sera soumis.

 

Ça, Monsieur, c'est un acteur.

 

C'est toute la différence entre un électeur et un citoyen.

 

C'est toute la différence entre une fausse "démocratie" et la vraie démocratie.

 

La différence entre un faux "suffrage universel" et le vrai suffrage universel.

 

LES ÉLUS NOUS FONT PRENDRE DES VESSIES POUR DES LANTERNES.

 

ÉC]

 

 

2- CHAQUE ÉLECTEUR PEUT VÉRIFIER DE BOUT EN BOUT LA FIABILITÉ DU SCRUTIN

Il peut lui suffire de bien voir que son bulletin tombe dans l'urne transparente. Mais les plus méfiants peuvent rester à regarder l'urne (c'est notamment l'un des rôles des assesseurs pendant tout le vote) pour voir que personne n'introduit de bulletin frauduleusement. Ils peuvent assister à l'ouverture de l'urne et participer personnellement aux opérations de dépouillement (il peut ouvrir les enveloppes, compter les bulletins, les énoncer à haute voix, le public est là pour vérifier, etc.)

 

[ÉC : Quelle importance cela a-t-il, finalement, de vérifier la fiabilité d'un faux choix, qui aboutit, de toutes façons, à notre servitude politique absolue ?

 

Par ailleurs, le contrôle du Klérotérion —ça va ? ce n'est pas trop technique, mon jargon ? ;-) — était facile et efficace.

 

ÉC]

 

 

3- UNE FRAUDE PONCTUELLE NE PEUT PRESQUE JAMAIS MODIFIER LE SENS DU SCRUTIN

 

Contrairement à ce qu'affirme M. Chouard, les contentieux électoraux en France sont très peu nombreux en pourcentage. Et les cas où une élection est annulée, même si ils font la Une des médias, restent extrêmement marginaux en nombre.

Pourquoi ?

Tout simplement parce que la fraude est très difficile matériellement et statistiquement.

 

[ÉC : Chacun appréciera cette phrase à sa juste valeur dans les jours qui viennent, quand les ordinateurs de vote vont déferler en 2012.

 

Rendez-vous dans quelques mois et on réexaminera ensemble cette assertion.

 

Mais en tout état de cause, même en prouvant la fiabilité des scrutins des faux choix du gouvernement représentatif, vous ne prouvez nullement la non fiabilité des scrutins des tirages au sort démocratiques.

 

ÉC]

 

Prenons un exemple extrême, celui du second tour de l'élection présidentielle de 2007. Il y avait 44 472 733 électeurs inscrits, il y a eu 37 342 004 votants, dont 35 773 578 exprimés. M. Sarkozy a été élu avec 18 983 138 voix, et a battu Mme Royal de 1 096 349 suffrages.

 

Imaginons que des partisans de Mme Royal aient voulu truquer les élections, donc la faire élire. Il eût fallu qu'ils s'arrangent pour introduire frauduleusement au moins 1 200 000 faux bulletins de vote sur toute la France !

 

Une telle fraude est impossible à réaliser matériellement, et cela d'autant qu'une fraude électorale ne peut avoir des chances de succès sans être démasquée que si elle est faite par un nombre extrêmement réduit de personnes et dans un nombre extrêmement faible d'endroits.

Même dans une élection législative, le nombre de bulletins reste encore très important (il se compte en dizaines, voire centaines de milliers) et c'est cela qui garantit une inertie statistique. Ce n'est pas parce qu'il y a eu un paquet de 100 faux bulletins ajoutés dans un bureau de vote que cela entraîne obligatoirement la nullité du scrutin : le Conseil Constitutionnel, seul juge en la matière, examine toujours si le nombre des bulletins contestés a pu ou non changer le résultat final de l'élection.

 

[ÉC : Et alors ?

 

Ça ne transforme pas un faux choix en vrai choix, digne de ce nom.

 

ÉC]

 

== 2-B == Dans le système du tirage au sort, les trois avantages décisifs que je viens d'analyser n'existent plus !

 

1)- IL N'Y A PLUS D'ÉLECTEUR, DONC PLUS AUCUN CITOYEN N'EST ACTEUR DU CHOIX. TOUT LE MONDE DEVIENT PASSIF ET ATTEND QUE LES RÉSULTATS SOIENT ANNONCÉS.

 

[ÉC : C'est un profond malentendu, vous n'avez pas compris l'organisation d'une vraie démocratie (c'est moi qui ai dû mal m'exprimer) :

 

Le tirage au sort ne distribue que de petites parcelles de pouvoir POUR LAISSER AUX CITOYENS TOUT LE POUVOIR DE VOTER EUX-MÊMES, OU PAS, TOUTES LES LOIS.

 

Ce que vous n'avez pas (encore) compris, c'est qu'EN DÉMOCRATIE, CE NE SONT PAS LES REPRÉSENTANTS QUI VOTENT LES LOIS, CE SONT LES CITOYENS EUX-MÊMES (ceux qui le désirent), réunis en corps à l'Assemblée (communale).

 

Ah ! Vous qui me reprochiez à l'instant de rendre les citoyens passifs (avec le tirage au sort), et qui vous vantiez de les rendre plus actifs (avec le faux "suffrage universel"), je suis sûr que vous allez être content de ce que je vous apprends là, n'est-ce pas ? Car c'est bien clair : si les citoyens peuvent voter eux-mêmes toutes les lois (au cours d'un vrai suffrage universel), ils ne seront plus passifs du tout, et c'est bien ce que vous vouliez, n'est-ce pas ?

 

:-)

 

ÉC]

 

2)- ABSOLUMENT PERSONNE NE PEUT VÉRIFIER DE BOUT EN BOUT LA FIABILITÉ DU TIRAGE AU SORT.

M. Chouard assure du contraire mais son assurance ne vaut rien. Car dans le tirage au sort, la situation change du tout au tout par rapport au cas précédent (ce que ne semble pas voir M. Chouard) :

 

[ÉC : Vous avez bien raison : mon assurance ne vaut rien du tout, pas plus que celle de quiconque, d'ailleurs ; nous devons tous recouper nos infos et exercer notre jugement critique, je vous l'accorde.

 

Quand à la vérification du klérotérion, je vous renvoie aux livres de Sintomer et de Hansen : il est assez facile pour chacun de se faire une idée personnelle.

 

(Et n'oubliez pas qu'il n'y a presque plus de MOBILE pour tricher dans une vraie démocratie.)

 

ÉC]

 

- dans l'élection, un nombre très important d'électeurs doit faire son choix entre un tout petit nombre de bulletins de vote : en général moins de 10 bulletins au 1er tour de chaque élection, et en général 2 bulletins au second tour.

 

- dans le tirage au sort, c'est exactement l'inverse : c'est un tout petit nombre de personnes (une seule, ou quelques personnes, ou plus sûrement un ordinateur) qui doit faire son choix entre.... 44 472 733 électeurs !!

 

[ÉC : Pas du tout : le tirage au sort n'est pas effectué au niveau national, mais au niveau local, évidemment, et parmi les seules "boules" des volontaires.

 

C'est simple, peu coûteux et facile à vérifier.

 

Vous plaquez le tirage au sort sur nos institutions sans réfléchir, comme si vous aviez envie qu'il ne soit pas possible… ;-)

 

ÉC]

 

Dans ces conditions, je mets au défi M. Chouard de trouver un système de tirage au sort qui donne à chacun le même sentiment de fiabilité et d'honnêteté que celui procuré par une élection.

 

[ÉC : Ce défi m'intéresse. C'est tout mon travail actuel.

 

Et je progresse vite.

 

ÉC]

 

En effet peut-on imaginer une urne avec 44 millions de bulletins différents ?

 

[ÉC : On n'est pas obligé de faire les choses bêtement…  On a le droit de réfléchir et d'organiser la vie politique autour de PETITES cellules politiques de base (les COMMUNES) et d'organiser le travail commun en utilisant les rouages bien connus de la FÉDÉRATION.

 

Pourquoi faudrait-il toujours tout organiser de haut en bas ?

 

ÉC]

 

Même si l'on divisait le tirage au sort en 577 tirages, un dans chacune des circonscriptions, il faudrait encore une urne qui contienne 77.076 bulletins différents en moyenne (un par électeur). Ce n'est pas gérable. C'est d'autant moins gérable que nul ne pourrait avoir la certitude que son nom figure bien dans l'urne (c'est-à-dire que personne ne l'a retiré sciemment ou oublié involontairement).

 

[ÉC : Ce qui vous rend la compréhension difficile, c'est que vous essayez de remplacer l'élection par le tirage au sort dans nos institutions (qui sont profondément antidémocratiques), ce qui n'a aucun sens, effectivement.

 

Pour comprendre l'alternative prometteuse que constitue une vraie démocratie, il faut quand même y mettre un peu de bonne volonté ;-)

 

ÉC]

 

3- UNE FRAUDE PONCTUELLE MODIFIE TOTALEMENT LE SENS DU TIRAGE AU SORT

 

[ÉC : Vous continuez à faire comme s'il y avait encore des mobiles de tricher quand les charges des représentants deviennent, en démocratie, des devoirs risqués, au lieu d'être des rentes confortables comme le sont celles de nos élus.

 

ÉC]

 

 

À la différence de l'élection, le tirage au sort ne bénéficie pas de l'inertie statistique des grands nombres.

=>Truquer une élection est très difficile, je l'ai dit.

=> Mais truquer un tirage au sort est un jeu d'enfant puisque le tirage se fait en un coup.

 

Pour illustrer mon analyse, il suffit de rependre l'exemple du 2ème tour de 2007.

 

[ÉC : Ce qui suit n'a pas de sens : personne n'a parlé de tirer au sort le Président de la cinquième République, évidemment…

 

C'est un dialogue de sourd.

 

ÉC]

 

Comme je l'ai dit, le système de l'élection contraignait les partisans de Mme Royal à introduire frauduleusement au moins 1 200 000 faux bulletins de vote sur toute la France pour qu'elle soit élue.

 

Mais en revanche, avec un simple tirage au sort entre M. Sarkozy et Mme Royal, les partisans de Mme Royal n'auraient eu qu'une seule chose à faire : tirer le bon bulletin une seule fois.

 

Il leur aurait donc suffi, soit d'acheter la personne tirée au sort, soit de mettre 2 bulletins Royal dans l'urne en subtilisant le bulletin Sarkozy, soit tout simplement de truquer le logiciels informatique.

 

Cette comparaison entre la fiabilité intrinsèque de l'élection au suffrage universel et l'extrême facilité de trucage du tirage au sort suffit à mon sens à ruiner l'idée de M. Chouard.

 

[ÉC : Ruine virtuelle d'une idée qui n'existe pas : personne n'a défendu l'idée que vous avez ruinée…

 

ÉC]

 

Cette différence essentielle de fiabilité - due aux différences de procédure - explique d'ailleurs pourquoi les Français croient dans les résultats des élections mais ne croient plus dans les résultats des sondages.

 

[ÉC : Les sondages d'opinion sont aux mains d'instituts privés dont l'honnêteté est plus que douteuse : ce sont des outils de manipulation de l'opinion qui VONT AVEC l'élection et qui rendent le faux "suffrage universel" du gouvernement prétendument représentatif plus faux que jamais.

 

Rien à voir avec la démocratie.

 

ÉC]

 

Elle explique aussi l'émoi suscité par la suppression des urnes et leur remplacement par des machines à voter électroniques.

 

=====================================

 

3°) Une autre encore de mes objections consistait à faire valoir qu'un tirage au sort sur l'ensemble des électeurs n'était simplement pas possible.

 

Je citais les malades, les malades mentaux, les personnes disparues, les personnes incarcérées et le très grand nombre de personnes qui ne seraient pas intéressées par remplir des fonctions politiques (le tout représentant au bas mot 30 à 40% de la population).

 

Du coup, je faisais valoir qu'il faudrait dresser des listes de personnes pouvant faire l'objet de ce tirage au sort, et je soulignais que l'établissement de telles listes posait aussitôt des problèmes insolubles :

 

- qui déciderait ou non d'inscrire un électeur sur cette liste ?

[ÉC : un jury de citoyens tiré au sort ? ÉC]

 

- qui paierait le travail colossal ainsi occasionné ?

[ÉC : L’État, sans difficulté.

"Colossal"… vous êtes amusant. ÉC]

 

- en vertu de quels critères ?

[ÉC : Les citoyens adultes aimeraient peut-être bien en discuter, justement, au lieu de se voir jeter la difficulté à la figure comme si c'était une aporie. Ce n'est évidemment pas si compliqué à décider. ÉC]

 

- comment la tiendrait-on à jour ?

[ÉC : Est-ce si difficile ? ÉC]

 

- comment pourrait-on être sûr que cette liste ne comporte pas un biais méthodologique et politique ??

[ÉC : Ce n'est pas parce que rien n'est parfait (et ceci est indubitable) qu'il faut renoncer à changer quoi que ce soit. ÉC]

 

- etc.

 

À cette objection très puissante [ÉC : hum… ÉC], M. Chouard a répondu en substance qu'il fallait faire... des listes d'aptitude !

 

Cette réponse n'en est justement pas une car elle élude tout bonnement l'objection. M. Chouard ne répond ni au problème du coût, ni à celui de l'objectivité des critères, ni à celle des sélectionneurs, ni à la tenue à jour, ni surtout à l'argument central du biais introduit quant à la représentativité de cette liste par rapport à l'état d'esprit de l'ensemble des citoyens.

 

======================================

 

CONCLUSION

----------------

 

Je pourrais ainsi répondre sans difficultés aux autres "réponses" de M. Chouard à mes autres objections.

 

[ÉC : Je vous en prie.

 

ÉC]

 

Je confirme donc pleinement mes objections et j'estime - je ne suis pas le seul - que M. Chouard n'a pas su ni pu y répondre, malgré son habileté dialectique et ses affirmations non étayées.

 

[ÉC : Chacun jugera, idée par idée.

 

ÉC]

 

Même si j'ai bien conscience que certains de nos sympathisants sont déçus par mes analyses qui les rappellent à la réalité, je persiste donc à trouver cette idée de tirage au sort à la fois :

 

a)- erronée, utopique, et extrêmement dangereuse dans le principe,

 

[ÉC : L'idée du tirage au sort en politique est dangereuse pour les élus, pour les candidats et pour ceux qui les font élire, ça c'est sûr.

 

Mais PAS dangereuse pour les ÉLECTEURS qui aspirent à devenir des CITOYENS.

 

ÉC]

 

b)- absolument impraticable matériellement,

 

[ÉC : Deux cents ans de pratique quotidienne prouvent le contraire.

 

ÉC]

 

c)- et très inopportune politiquement, car elle distrait l'attention des citoyens sur ce que doit être le combat essentiel.

 

[ÉC : Je suis vraiment navré de distraire l'attention de vos électeurs pendant votre travail de conquête du pouvoir, mais, pour moi qui n'aspire à rigoureusement aucun pouvoir, c'est bien ma liberté de penser la plus élémentaire que d'analyser l'escroquerie parlementaire et de concevoir des alternatives, non ?

 

ÉC]

 

À ce propos, j'aimerais que les lecteurs s'interrogent en conscience sur ce qu'il aurait fallu penser de quelqu'un qui aurait dit à Charles de Gaulle, le 19 juin 1940 : "Votre appel d'hier était très bien ; mais je ne m'y joindrai pas car, plutôt que de se rassembler dans la Résistance, je suggère que nous ouvrions un grand débat sur le tirage au sort des parlementaires. En effet, s'ils avaient été tirés au sort plutôt que d'être élus, la situation serait réglée et nous n'aurions pas connu la débâcle et la IIIe République serait encore là".

 

[ÉC : Le combat politique des uns n'est pas forcément incompatible avec le combat politique des autres : le problème des partis, c'est qu'ils nous forcent à nous opposer, ils nous jettent les uns contre les autres, en bloc. Vous et moi ne devrions pas nous opposer puisque nous résistons (par des voies différentes) au même projet de domination antirépublicain.

 

Par ailleurs, vous devriez considérer ce que je soulignais en introduction : je ne défends PAS QUE la démocratie athénienne : l'autre idée, d'un BICAMÉRALISME ASTUCIEUX, partageant le pouvoir législatif entre des professionnels de la politique et des amateurs, devrait vous paraître compatible avec vos projets d'émancipation populaire.

 

 ÉC]

 

[ce qui, soit dit en passant, est faux compte tenu de ce qu'était l'état de l'opinion en 1939-1940]

 

Si De Gaulle avait écouté semblable conseil et s'était mis à colloquer sur cette idée saugrenue plutôt que de rassembler les Français dans un objectif immédiat de libération nationale, cela n'aurait servi qu'à une chose : distraire l'effort de la Résistance dans des débats académiques et vains, et cela pour le plus grand profit des Allemands d'un côté, des Américains et des Britanniques de l'autre.

 

[ÉC : "Débats académiques et vains", on n'est pas plus aimable. Les yeux qui pétillent dans mes conférences me font penser le contraire.

Mais je ne vous en veux pas : il faut un peu de temps pour passer la première phase d'incompréhension. Je pense que vous êtes homme à savoir changer d'avis si la raison le suggère, finalement.

 

ÉC]

 

Je ne me compare certes pas à de Gaulle. Mais je note que M. Chouard n'a pas adhéré à l'UPR. Il juge donc plus urgent de distraire les Français sur son idée de tirage au sort dont tout le monde sait bien, au fond, qu'elle ne verra jamais le jour, plutôt que de les rassembler pour sortir de l'UE.

 

[ÉC : Ah, c'est donc ça qui fait mal : je n'ai pas adhéré au parti…

Je n'adhère à AUCUN parti, et ça ne devrait pas suffire à faire de moi un ennemi.

Je trouve attristante la tournure caricaturale que donnent les partis à notre liberté de penser : l'esprit de parti est une des formes de L'ESPRIT D'ORTHODOXIE, bien analysé par Jean Grenier (Essai sur l'esprit d'orthodoxie : http://etienne.chouard.free.fr/Europe/Jean_Grenier_Essai_sur_l_esprit_d_orthodoxie.pdf ) et Simone Weil (Note sur la suppression générale des partis politiques : http://etienne.chouard.free.fr/Europe/Simone_Weil_Note_sur_la_suppression_generale_des_partis_politiques.pdf ).

 

Je cherche à rester libre de mes pensées, libre de mes paroles, libre de vous lire et de lire aussi ceux que vous considérez comme vos ennemis ; et cette liberté me permet d'apprécier votre travail de résistance et de le relayer un peu partout malgré le fait qu'on vous étiquette souvent "à droite" et qu'on m'étiquette souvent "à gauche". Hors parti et candidat à rien, je fais ce que je veux, jugeant à ma manière l'intérêt général.

 

Donc, je ne suis pas un bon soldat pour un parti, c'est vrai, mais je peux quand même —peut-être— servir un peu le bien commun.

 

ÉC]

 

On me permettra de trouver cela dommage et contre-productif.

 

[ÉC : Ça dépend pour qui.

ÉC]

 

François Asselineau

 

[ÉC : Étienne Chouard

ÉC]

 

=============

 

 

[ÉC :

 

PS : À titre d'information complémentaire, pour illustrer que je ne suis pas le seul à critiquer l'escroquerie parlementaire, je voudrais citer ici l'analyse ultra-rigoureuse formulée par l'un de nos plus grands professeurs de droit public, Raymond Carré de Malberg, dans la conclusion d'un livre remarquable intitulé "La Loi, expression de la volonté générale"(1931) : http://etienne.chouard.free.fr/Europe/Carre_de_Malberg_La_loi_expression_de_la_volonte_generale_Conclusion.pdf

 

 

 

 

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17 décembre 2012 1 17 /12 /décembre /2012 10:27

16/12/2012

 

 

Charybde, Scylla, P”S”, UMP, etc…

 

Par SupeNo

 

 

7 mois après la victoire de Hollandréou, il est inutile d’attendre la confirmation : ce quinquennat sera un échec retentissant. Un de plus. Le président normal, après une entame timide, a rapidement pris la voie de droite et accumule depuis lors tous les travers du genre.
Dans Sine Hebdo, le taulier cite son ami Gus Massiah : “Ce gouvernement réussit à nous décevoir alors qu’on n’attendait rien de lui !

 

 

SUITE...

 

 

 

http://www.superno.com/blog/2012/12/charybde-scylla-ps-ump-etc/comment-page-1/#comment-28043

 

 

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16 décembre 2012 7 16 /12 /décembre /2012 13:00

LES MASQUES TOMBENT !

 

 


 

Le spectacle que nous donne depuis deux mois l’UMP, principal parti de la droite française est riche d’enseignements. Il vaut largement tous les discours sur la réalité de la politique et sur ce qu’est la classe politique dans son ensemble.

 

Pour une fois que s’expriment clairement les mécanismes qui animent les partis politiques, on ferait bien d’observer cela à la loupe et d’en tirer les conclusions qui s’imposent.

 

UN DERAPAGE ?... PAS DU TOUT

 

Ce serait un peu facile de s’en tenir à cette hypothèse, celle du dérapage, du dysfonctionnement, de l’erreur d’organisation.

 

Les politiciens qui composent les partis sont des professionnels, des techniciens de l’organisation, ils ont de l’expérience, les moyens, ils savent quelles sont les conséquences de leurs actes, des décisions qu’ils prennent, ou ne prennent pas, ce que sont les jeux d’alliance et par dessus tout, comment sauvegarder leurs intérêts. Ce sont des personnes qui n’ont aucun scrupule,… il suffit de voir certains parler d’équité et d’honnête à la télévision sans la moindre honte (des noms ?)…. alors qu’un certain nombre – pour ne pas dire un nombre certain - sont pris dans des procédures judiciaires.

 

Qui peut déceler dans ce conflit d’appareil un quelconque débat idéologique ? Et si c’était véritablement une question de divergence idéologique on en verrai tout de suite les tenants et les aboutissants,… or  les personnes, les clans concernés reconnaissent publiquement qu’il n’y a pas à proprement parler – si j’ose dire – de divergences idéologiques. Il s’agit donc bien d’un conflit d’intérêts, d’une lutte de clans.

 

Le spectacle est-il affligeant ? Pas du tout, il correspond tout à fait à la réalité de ce qu’est la politique et la classe politique. Ce spectacle dévoile les véritables mécanismes qui président au fonctionnement des partis politiques.

 

Ce qui est par contre affligeant c’est que les citoyens, devant une telle évidence continuent à faire confiance à cette engeance qui les prend pour des imbéciles et continuent à lui donner du crédit en participant aux élections qui servent d’alibis « démocratique » à cette mascarade.

 

Par contre, quand la gauche trouve « préoccupant et affligeant » le spectacle donné par l’UMP, il y a une partie de sincérité dans le propos,… En effet, et la représentante du Gouvernement le dit bien : ce spectacle « jette le discrédit sur l’ensemble de la classe politique »… et elle a tout à fait raison. D’une certaine manière elle reconnaît le bien fondé de ce discrédit qui touche aujourd’hui l’ensemble des acteurs politiques de ce que l’on appelle les « grandes démocraties ».

 

 

UNE CASTE  CENTREE SUR ELLE-MEME

 

L’UMP donne en effet un spectacle dont elle n’a pas le monopole. Tous les partis sont concernés par ce fonctionnement.

 

Normalement – si j’ose dire – tout se passe sans vague, sans bruit, à l’écart des militants et des médias. La caste dirigeante des partis fait ses petites et grandes affaires à l’abri des regards. Les postes sont distribués – voire achetés -  au prorata des luttes d’influences, des courants, des prétentions, des capacités de nuisances (des noms ?),… et ce en dehors des militants naïfs, manipulés, enfumés, qui croient avoir le pouvoir.

 

Un congrès de parti politique c’est d’abord un partage des pouvoirs entre les chefs de files, de tendances, de clans, de courants. On ne vote pas pour une ligne politique – qui ne change pas des autres – mais pour celle ou celui « qui présente bien », « qui a des chance d’être élu à la Présidence de la République », « qui a le plus d’autorité », « qui est le mieux apprécié des Français »,…

 

Le dosage pour la constitution de la direction du parti est fonction  de l’aura des chefs, des prétendants, bref de la manière dont ils ont su séduire les militants, de la ténacité de leurs « lieutenants » et de leur prestance dans les médias.

 

Tout cela se discute en petit comité, tout au long de longues nuits de congrès (parfois genre « nuit des longs couteaux », du moins symboliquement) où le moins fatigué à des chances de l’emporter. Les décisions finales se prennent généralement entre responsables et sont présentées, bien sûr, comme une « grande victoire du fonctionnement démocratique du parti ». Rien ne fuite, tout est sous contrôle. Le Parti Socialiste est passé maître dans ce genre d’exercice.

 

La paix dans le parti est affaire de savants dosages… Si cette délicate alchimie échoue,… alors c’est l’explosion qui réveille tout le monde. C’est ce qui c’est passé avec l’UMP, mais aussi avec la scission du FN en 1998.

 

A ce propos l’extrême droite, le FN, est mal venue de se gausser du spectacle offert par l’UMP. La scission de Mégret est l’aboutissement d’un combat de chefs pas plus ragoûtant que le combat Copé –Fillon. Quant à l’arrivée à la présidence de Marine Le Pen, elle est l’aboutissement d’une manoeuvre familiale menée par le « guide » afin que le parti reste à la famille de celui-ci.

 

L’objectif final pour tous : atteindre les plus hautes marches du pouvoir, distribuer les postes aux copains et gérer, le plus longtemps possible, le système en place.

 

ET LES MILITANTS DANS TOUT CA ?

 

Tout se fait en leur nom,… « on ne pense, évidemment, qu’à eux », … on leur dit – sans rire – que le parti c’est eux, et uniquement eux !... Et ils le croient ! Ils vivent intensément la course qui se joue devant leurs yeux,… un peu comme le turfiste, les yeux rivés sur son favori.

 

Les idées ? Ils n’en ont que faire,… ou si peu. De toute manière ils font confiance à leur champion, c’est lui qui « saura le mieux exprimer ce qu’ils pensent » !...

 

Les luttes de clans au sein du parti ? Euh !... c’est pas bien, mais point trop n’en faut. Si ça ne dépasse pas les bornes – autrement dit si ça ne fait pas de vagues dans les médias – alors on accepte. On accepte d’autant mieux que les bureaucrates expliquent  - sans rire – que « c’est le jeu normal de la démocratie »… Alors que demander d’autre si c’est ça la démocratie ?...

 

Quant aux citoyens Lamba, adhérents à aucun parti, ils ne sont que du matériel d’élections,… ce ne sont que des électeurs auprès desquels on fera la danse du ventre pour les séduire le moment venu… Et comme ils n’auront pas le choix  - à moins de s’abstenir et de passer pour de « mauvais citoyens » – ils choisiront les « produits politiques » faisandés qui leur seront présentés. Il faut dire qu’un effort sera fait question emballage.

 

 

 

 

Ainsi vont les « grandes démocraties ». Ainsi va un système qui est capable de produire une classe politique parasite, complètement déconnectée de la réalité sociale. Une classe dont le seul pouvoir consiste à assurer la pérennité de ses privilèges et de gérer un système sur lequel elle n’a quasiment plus d’influence (voir son impuissance par rapport aux marchés et firmes transnationales) et qui conduit celles et ceux qui ont l’inconscience de voter pour elle à la catastrophe.

 

L’avenir n’est plus – s’il y a un jour été - entre les main de cette caste, il est entre celles de celles et ceux qui sont réduits aujourd’hui à l’état de caution démocratique, les citoyens qui n’en ont plus que le nom.

 

Décembre 2012                                                     Patrick MIGNARD

 

 

 

Voir aussi :

 

« PEUT-ON AVOIR CONFIANCE DANS LES HOMMES/FEMMES POLITIQUES ? »

 

« LA FAUSSE DEMOCRATIE DES PARTI POLITIQUES »

 

« LA « DEMOCRATIE » CONTRE LA DEMOCRATIE »

 

« LES BAS-FONDS DE LA POLITIQUE »

 

« MISERE DE LA CONDITION MILITANTE »

 

« USAGE ET CONTRE USAGE ET DU « TOUS POURRIS » »

 

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29 novembre 2012 4 29 /11 /novembre /2012 00:02

Les partis sont des machines de guerre politique condamnées à la discorde

Par Étienne,

 

mercredi 28 novembre 2012 à 17:39 -

Une ITV pour TerraEco.net :

http://www.terraeco.net/elections-PS-UMP-partis-democratie,47130.html


Étienne Chouard est enseignant en économie et en droit. Blogueur, il s’est fait connaître en 2005 en menant une campagne contre [l'anti-]Constitution européenne

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Terra eco : Au regard de la guerre interne à l’UMP, la confiance s’érode. Et vous, pensez-vous que les partis sont toujours utiles ?

Étienne Chouard : La discussion sur les partis politiques est secondaire. Avant, il faut tomber d’accord sur ce qu’on appelle la démocratie. Si l’on accepte — ce qui est pour moi une erreur centrale et majeure — d’appeler démocratie un faux "suffrage universel" qui [se limite] à désigner des maîtres qui décideront de tout à notre place et qui resteront en place même s’ils nous trahissent au cours de leur mandat, on ne peut pas se plaindre d’avoir des partis (qui naissent précisément des élections). Des structures qui sont de véritables machines de guerre.

 

 

SUITE...

 

http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2012%2F11%2F28%2F281-les-partis-sont-des-machines-de-guerre-politique-condamnees-a-la-discorde

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25 novembre 2012 7 25 /11 /novembre /2012 15:40

EAU

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Published by turandot - dans politique
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